Archives
| la croissance est partout au rendez-vous |
| La Vie Financière N°3178 / Vendredi 05 Mai 2006 / Catégorie : Bourse |
Axa. La Bourse attend une acquisition de l'assureur à qui la rumeur prête régulièrement des intentions sur Generali. Cela ne doit pas faire oublier que la priorité d'Axa reste la croissance interne et que son positionnement sur le marché de l'assurance vie à travers le monde lui promet un bel avenir. |
Henri de Castries, président du directoire |
|
Le président de Generali vient de déclarer qu'une offre d'Axa sur son groupe n'était pas impossible, mais qu'il ne pensait pas à une opération hostile. Qu'en pensez-vous ? H.C. Rien, si ce n'est qu'Axa est considéré par beaucoup comme un assureur au bilan extrêmement solide qui peut jouer un rôle dans la consolidation de son industrie. Avez-vous toujours des projets d'acquisition ? La croissance interne est notre priorité quotidienne, mais elle n'est pas exclusive d'opérations pragmatiques de croissance externe. Nous avons d'ailleurs conclu plusieurs acquisitions depuis 2005, que ce soit Framlington, en gestion d'actifs au Royaume-Uni, ou, plus récemment, l'activité d'assurance vie à Hongkong de la National Australian Bank. A chaque fois, il s'agissait de sociétés plus petites qu'Axa mais complémentaires en matière de gammes de produits ou de réseaux de distribution. Le processus de cession de la branche réassurance du groupe est engagé. Jusqu'à présent, vous évoquiez seulement le maintien du capital alloué à cette activité. Qu'est-ce qui a fait évoluer votre position ? Depuis 2001, nous nous refusions à accroître le capital alloué à la réassurance, mais cela ne signifiait pas que nous n'allions pas le réduire si l'occasion se présentait. Or il s'est révélé que le maintien de la réassurance dans le périmètre du groupe, dont le métier est la protection financière, n'était pas essentiel et que le niveau de fonds propres d'Axa Re allait devenir incompatible avec son développement. Il valait donc mieux qu'Axa Re trouve son destin à l'extérieur du groupe. Je tiens au passage à souligner que, grâce à la qualité du travail effectué par les équipes depuis 2001, nous allons vendre Axa Re pour un montant supérieur à la valeur de l'actif net transféré [120 millions, ndlr]. Depuis janvier, la collecte en assurance vie est dynamique en France. Les bancassureurs en sont les premiers bénéficiaires. Axa ne perd-il pas des parts de marché ? La seule chose qu'il est important de prendre en compte, c'est la collecte nette de rachats et non la collecte brute. Le marché a été notamment porté au premier trimestre par le fait que les bancassureurs ont converti un certain nombre de PEL anciens. Ils ont en quelque sorte fait passer d'un tiroir à un autre une partie de leurs actifs sous gestion. On peut donc affirmer que la part de marché des bancassureurs progresse en assurance vie, mais il ne s'agit pas d'un bon indicateur. Pour avoir une véritable idée de la croissance du marché, il faut observer l'évolution des actifs en gestion et les flux nets. Selon les premières indications du début d'année, Axa suit la même tendance que fin 2005 et continue à faire mieux que ses concurrents traditionnels, grâce au développement de son réseau et à l'augmentation de sa productivité. Si bien que nous sommes sereins quant à l'évolution de la part d'Axa sur le marché de l'épargne. Dans quelle partie du monde estimez-vous posséder les meilleurs leviers de croissance ? La protection financière est un secteur de croissance. La demande est forte partout à cause du vieillissement de la population et de son enrichissement. Cela étant, notre croissance est plus forte en Asie car nous accédons à de nouveaux marchés dans cette zone, avec des produits très compétitifs, et nous continuons à gagner des parts de marché au Japon. Sur les marchés occidentaux, la croissance est aussi au rendez-vous grâce à l'augmentation de la taille des réseaux, au lancement de nouveaux produits et à l'amélioration de la qualité de service. L'an dernier, les affaires nouvelles du groupe ont ainsi progressé de 11 % et, pour 2006, la croissance à deux chiffres devrait se poursuivre. Vous êtes absent de l'Amérique du Sud et d'un certain nombre de pays de l'Est. Pourquoi ? Nous préférons déployer nos forces là où nous pensons pouvoir faire la différence avec nos concurrents. Certains pays de l'Est ne présentent pas la taille critique suffisante ou n'offrent pas assez de garanties pour l'exercice de notre métier. Nous avons notamment besoin d'un cadre juridique stabilisé, d'un environnement de bonne qualité en matière de moralité et d'équipes de qualité. Il est clairement plus avantageux pour nous et moins risqué pour nos actionnaires de croître d'abord sur les marchés développés sur lesquels nous sommes déjà implantés. Regardez les Etats-Unis, un pays très riche et un secteur très développé, nous y enregistrons toujours de très bonnes performances, en partie grâce au succès de l'intégration de Mony, acquis en 2004. Cela étant, nos récents développements dans certains pays nouveaux tels que ceux d'Asie du Sud-Est ou l'Inde, dont l'activité va prochainement démarrer sont aussi très prometteurs. La Bourse se reprend, les taux d'intérêt remontent et la croissance est au rendez-vous : l'environnement n'est-il pas idéal ? La croissance mondiale n'a, effectivement, jamais été aussi forte, puisqu'on attend 5 % en 2006. Les marchés actions progressent raisonnablement et la hausse des rendements obligataires constitue une bonne nouvelle pour nous. La seule chose préoccupante est que cette croissance s'accompagne de dé- séquilibres profonds : le déséquilibre budgétaire de l'Europe continentale, le double déficit américain, le financement des retraites, le déséquilibre ville-campagne en Chine et les risques géopolitiques et d'environnement, pour n'en citer que quelques-uns Une belle visibilité L'environnement est idéal pour Axa. Les marchés financiers relèvent la tête et la demande en matière de protection financière n'a jamais été aussi forte. Du coup, le groupe surfe sur une vague de croissance qui lui permet d'entrevoir l'avenir avec sérénité. D'ailleurs, pour la première fois, le groupe s'est risqué à communiquer des objectifs à long terme dans un programme baptisé Ambition 2012 et grâce auquel il prévoit de tripler son résultat opérationnel en huit ans. Preuve de sa confiance, la direction a d'ailleurs décidé d'augmenter de 44 %, à 0,88 euro, le dividende 2005 qui sera versé le 12 mai Axa en chiffres Ambition pour 2012 7,9 MdsE C'est le bénéfice opérationnel que vise le groupe à l'horizon 2012, soit trois fois plus qu'en 2004. Marché porteur 5 % C'est la progression annuelle du marché mondial de l'assurance vie qu'anticipe le groupe à long terme. Une prévision que les analystes jugent prudente. Réassurance 572 ME C'est le coût des sinistres liés aux ouragans supportés en 2005 par la branche réassurance d'Axa. Une cession de cette activité permettrait de réduire la volatilité des bénéfices du groupe. Endettement 11 MdsE La dette nette à fin 2005 ne représentait que 38 % des fonds propres d'Axa, soit le niveau le plus bas depuis cinq ans. |
Propos recueillis par Nathalie Rambaud
et Jean-Jacques Avédissian |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




