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la concentration en Europe se fera avec nous
La Vie Financière N°3196 / Vendredi 08 Septembre 2006 / Catégorie : Bourse

VINCI Les bons résultats semestriels reflètent le changement de profil du groupe de BTP et de concessions depuis l'acquisition d'ASF, mais aussi un environnement porteur. L'occasion pour le directeur général de dévoiler un nouveau plan stratégique à trois ans.
 
Xavier Huillard, directeur général
 

Vous venez de publier de bons résultats au premier semestre. Confirmez-vous vos objectifs de croissance pour l'exercice ?

X. H. Oui. Notre carnet de commandes a encore progressé de 19 % à fin juillet, à 18 milliards d'euros, et représente onze mois d'activité. De mémoire d'entrepreneur, c'est du jamais-vu. Nous dépasserons donc les 25 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006 malgré la sortie de l'activité de services aéroportuaires WFS de notre périmètre, qui représente une perte de chiffre d'affaires de plus de 500 millions d'euros. En ce qui concerne les résultats, ils seront de nouveau en progrès. Le conseil d'administration a décidé de verser un acompte sur dividende de 0,85 euro par action, le 21 décembre. Il est en progression de 21 %, alors que le nombre d'actions s'est fortement accru à la suite de l'augmentation de capital réalisée en avril 2006 pour refinancer l'acquisition d'ASF. Par ailleurs, notre objectif est d'améliorer le taux de distribution à 50 % dès 2006 et de le stabiliser à ce niveau, ce qui est cohérent avec notre nouveau profil après l'intégration d'ASF. L'année 2006 se présente bien, voire en avance sur notre plan stratégique à trois ans.

En quoi consiste ce nouveau plan ?

Il vise à mettre l'accent sur la croissance de façon plus volontariste. Notre objectif est de dépasser 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2009, avec un excédent brut d'exploitation de 5 milliards, dont 60 % proviendront des concessions. Dans nos métiers de travaux (construction, routes et énergies), hors acquisitions, nous visons une croissance moyenne annuelle de 7 %, avec au minimum un maintien des marges. Nous voulons accélérer notre développement à l'international, principalement en Europe. Dans les concessions autoroutières, nous prévoyons une progression moyenne de notre activité de 5 % par an et une marge brute d'exploitation proche de 70 % au-delà de 2009. Dans les parkings, nous visons une croissance de 6 % par an, avec un maintien de notre rentabilité. Par ailleurs, nous voulons investir 1 milliard d'euros par an dans de nouveaux projets en partenariat public-privé (PPP) ou sous forme de concessions. A la fin de ce plan, notre endettement net devrait s'élever à 17 milliards d'euros, soit environ 7 fois notre cash-flow libre.

Ne péchez-vous pas par optimisme ?

Nous avons le sentiment que notre croissance va se poursuivre. Nous fondons notre optimisme sur les nombreux projets d'équipement en cours ou attendus dans les prochaines années en France et en Europe dans les infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et de communication. Par ailleurs, l'extension de la culture du péage de par le monde ouvre des perspectives aux concessions. L'ensemble de nos métiers est donc sur une pente favorable, d'autant que tous ces projets vont pouvoir trouver un financement dans le cadre de contrats de PPP.

Le plan tient-il compte d'éventuelles opérations de croissance externe ?

Ces objectifs s'entendent à périmètre constant, mais nous ne laisserons pas passer les opportunités d'acquisition entrant dans notre stratégie. Nous pensons d'abord pouvoir jouer un rôle dans la concentration à venir des concessions en Europe. Nos actifs dans ce domaine, avec ASF et Vinci Park que nous détenons à 100 %, représentent une monnaie d'échange vis-à-vis de futurs partenaires. Nous pourrions ainsi grouper des actifs dans des structures communes, dans lesquelles nous resterions bien sûr majoritaires. Nous recherchons aussi des cibles significatives dans nos métiers de la construction. Enfin, nous souhaitons nous développer dans la gestion de plates-formes aéroportuaires régionales.

Le niveau de votre endettement et les perspectives de hausse des taux d'intérêt ne constituent-ils pas un risque ?

Notre endettement net était de 15,7 milliards d'euros à la fin de juin. Ma conviction est qu'il est au bon niveau, au regard en particulier de notre notation de crédit, qui reste très bonne. Il est surtout logé dans les concessions dont les revenus sont sécurisés. Nous ne sommes pas non plus inquiets concernant une éventuelle hausse des taux, puisqu'une large part de notre dette est à taux fixe et que les tarifs de nos concessions sont indexés sur l'inflation. Quant à la manière dont la Bourse apprécierait notre titre, c'est une autre histoire.

L'intégration d'ASF se passe-t-elle dans de bonnes conditions ?

Les équipes sont en place. Nous confirmons notre première estimation de 70 millions de synergies dès 2007. Et notre sentiment est qu'elles pourraient même être supérieures en 2008 et 2009.

Selon certaines rumeurs, des fonds d'investissement sembleraient intéressés par Vinci. Craignez-vous une telle perspective ?

Non. Une telle opération ne peut être qu'amicale, d'une part parce qu'on ne dirige pas un groupe de construction, dont le succès est avant tout managérial, contre ses dirigeants ; d'autre part, si un fonds voulait obtenir les 95 % du capital indispensables pour bénéficier de l'intégration fiscale, il lui faudrait l'adhésion des salariés de Vinci, qui détiennent près de 10 % du capital. Enfin, il faut avoir de l'appétit pour racheter une entreprise dont la valeur d'entreprise est supérieure à 35 milliards d'euros, d'autant qu'il faudrait payer une prime significative sur le montant de laquelle je ne me prononcerai pas. Je ne vois donc pas de candidat au rachat de Vinci, que ce soit du côté des fonds d'investissement ou de celui de nos grands concurrents en Europe


Valorisation modérée

En dix ans, l'action Vinci a décuplé ! C'est le résultat de sa stratégie de diversification dans les concessions. Vinci a changé de dimension en reprenant ASF début 2006. La bonne visibilité des métiers de concession et leurs marges élevées sont appréciées par les investisseurs. Le titre reste toutefois sous-évalué par rapport aux grands acteurs européens. De sorte que Vinci, dont le capital n'est pas contrôlé, reste une proie alléchante, bénéficiant d'un environnement porteur

X. D.

Vinci en chiffres

Résultat opérationnel

65 %

Telle est la part des concessions dans le résultat opérationnel avec l'intégration d'ASF.

Carnet de commandes

18 MdsEuro(s)

C'est le montant du carnet de commandes fin juillet. En progression de 19 % par rapport à l'an dernier, il représente onze mois d'activité dans la construction, la route et l'énergie.

Endettement net

15,7 MdsEuro(s)

C'est l'endettement net de Vinci fin juin après la reprise d'ASF et une augmentation de capital. Cela représente 170 % des fonds propres.

Capital

88 %

C'est la part détenue par les investisseurs institutionnels et les actionnaires individuels. Le capital n'est pas contrôlé.

Propos recueillis par Jean-Jacques Avédissian et Xavier Diaz
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%