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kanbay incarne le futur modèle de notre secteur
La Vie Financière N°3221 / Vendredi 02 Mars 2007 / Catégorie : Bourse

Capgemini. A l'exception notoire du pôle infogérance, la société de services informatiques a retrouvé une rentabilité satisfaisante, appuyée par une croissance soutenue. De plus, la carte indienne rend la valeur « sexy ».
 
Nicolas Dufourcq, directeur général adjoint
 

Votre rentabilité s'est considérablement améliorée. Quel essor sous-tend une nouvelle progression de la marge en 2007 et en 2008 ?

N. D. Nous visons cette année une croissance de 8 %, qui doit nous permettre d'atteindre une marge opérationnelle de 7 %. Ce niveau de rentabilité supporte de petites variations autour de notre objectif de croissance du chiffre d'affaires car nous construisons un format d'entreprise résistant. Notre rentabilité opérationnelle se situait à 5,8 % en 2006, à 3,2 % en 2005, et nous visons 8,5 % en 2008.

Avec une ambition de 40 000 personnes en 2010, contre 5 000 fin 2005, votre offensive en Inde est impressionnante. Est-ce une condition nécessaire pour atteindre vos objectifs de résultats ?

Les recrutements en Inde s'ajoutent aux effectifs du groupe, ils ne les remplacent pas. Capgemini, qui emploie aujourd'hui près de 70 000 personnes, en comptera environ 100 000 en 2010. La réalisation de ce plan est une condition pour que le groupe dépasse 8,5 % de rentabilité opérationnelle. Point important à long terme : la stratégie que nous mettons en oeuvre en Inde, en Pologne et en Chine nous permettra de gagner des parts de marché significatives lorsque le cycle des services informatiques sera moins favorable. Les entreprises seront alors plus exigeantes en ce qui concerne les tarifs et nous serons parmi les mieux placés.

La France, qui représente près du quart de votre chiffre d'affaires, dégage une marge nulle, due aux pertes du pôle infogérance. Quel est son potentiel d'amélioration ?

Le pôle infogérance devrait être à l'équilibre opérationnel cette année, en dehors du contrat avec Schneider, qui explique l'essentiel de nos pertes en France.

L'infogérance pèse sur la rentabilité de Capgemini - ce n'est pas le cas dans toutes les SSII. Quelle rentabilité peut-on espérer ?

La rentabilité, nulle en 2005, s'établissait à 3,1 % l'an dernier. Tout dépend de la qualité des contrats d'infogérance en portefeuille. En ce qui nous concerne, elle s'améliore au fil du temps. Nous ne signons pas de nouveaux contrats dont les marges opérationnelles soient inférieures à 6,5 %.

Sogeti affiche la meilleure rentabilité opérationnelle du groupe. Quelles sont les activités de cette branche ?

Il s'agit d'activités très décentralisées, dirigées par des managers qui occupent le terrain à proximité de leurs clients. Ils travaillent sur de petits projets. Nos activités de test de logiciels y progressent de 30 à 40 % par an. En France, un quart de l'effectif est affecté à des prestations dites de haute technologie. Dans ces métiers, nous sommes concentrés sur l'aéronautique. Récemment, Sogeti s'est renforcé localement aux Etats-Unis en acquérant Software Architects, spécialisé dans les environnements Microsoft.

A ce jour, votre trésorerie nette s'élève à environ 750 millions d'euros. Les activités de recherche-développement externalisée et d'assistance technique sont moins cycliques que les services informatiques. Qu'attendez-vous pour vous y renforcer et, pourquoi pas, vous offrir Altran, premier « capital ingénieurs » en Europe ?

Nous préférons être fidèles à nos métiers historiques : l'intégration de systèmes, le conseil et l'outsourcing informatique. C'est le sens de l'acquisition de Kanbay, qui incarne à nos yeux le modèle futur de notre secteur. Kanbay, dont les effectifs se situent à plus de 80 % en Inde, progresse de 30 % par an. Ces entreprises sont rares en Europe.

L'opération Kanbay est audacieuse, mais comment justifier son prix, qui s'élève à 3 fois le chiffre d'affaires ?

Kanbay est un actif fondamental pour Capgemini. Non seulement l'opération accélère notre développement en Inde, mais elle renforce aussi nos compétences dans les services bancaires et l'assurance. Enfin, nous augmentons d'un quart notre présence américaine. Le prix d'acquisition représente un peu plus de 2 fois le chiffre d'affaires 2007, ce qui est acceptable pour un actif en progression de 30 % par an générant 15 % de marge opérationnelle. La vitesse de développement et la rentabilité, ça se paie ! Si nous n'avions pas agi rapidement, d'autres l'auraient fait. Cette année, nous nous attachons à ce que l'intégration de Kanbay porte ses fruits. Nombre de nos clients européens du secteur bancaire manifestent leur intérêt pour l'offre Kanbay. D'ailleurs, une centaine de personnes de Kanbay, en Inde, travaillent déjà pour des clients de Capgemini.

Comment se portent vos activités de conseil ?

Comme toutes nos branches, elles ont progressé de plus de 10 % en 2006. L'amélioration de leur rentabilité a été la plus forte du groupe. En France, nous sommes la première entreprise de conseil, avec 900 consultants, dont un quart travaillent sur des missions avec des informaticiens. Nous voulons par ailleurs renforcer notre présence aux Etats-Unis.

Certains estiment le moment venu pour les grandes SSII indiennes d'acquérir de grandes SSII occidentales. Qu'en pensez-vous ?

J'observe qu'elles ont déjà mené une multitude de petites opérations en Occident. Le mouvement va se poursuivre, mais, pour une opération d'envergure, on peut légitimement se demander si les actionnaires accepteraient d'être payés en actions cotées en Inde.

La zone Asie-Pacifique représente 1 % de votre chiffre d'affaires. Est-ce normal ?

La Chine offre des opportunités considérables, mais la valeur ajoutée des services informatiques n'est pas toujours reconnue. Les tarifs sont sous pression. Cela dit, nos effectifs devraient tripler cette année, à 650 ou 700 collaborateurs travaillant pour des entreprises chinoises


Offshore à fond

La SSII joue pleinement la stratégie de la délocalisation, sans que les effectifs en Occident ne se réduisent par ailleurs. Ce choix majeur devrait lui permettre de soutenir une croissance durablement supérieure à celle du marché des services informatiques. Le profil du groupe est assez risqué, mais il a l'assentiment de la Bourse, qui mise sur sa réussite et anticipe la poursuite de l'amélioration de la rentabilité

Capgemini en chiffres

Effectif

100 000

C'est le nombre de collaborateurs visé pour 2010 (contre près de 70 000 fin 2006), dont 40 000 en Inde.

Trésorerie nette

750 MEuro(s)

Après le rachat de Kanbay à 1 milliard d'euros et l'augmentation de capital de 500 millions d'euros, la trésorerie nette de la SSII permettra de saisir de nouvelles opportunités.

Offshore

15 000

C'est le nombre de collaborateurs offshore de Capgemini fin 2006, soit un tiers des effectifs intégration de systèmes et infogérance, la proportion la plus élevée. parmi les entreprises occidentales d'informatique.

France

0 %

C'est la rentabilité des activités françaises, qui ont représenté 23 % du chiffre d'affaires en 2006. Le contrat géant avec Schneider reste un gros foyer de pertes.

Propos recueillis par Edouard Ballot
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%