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jeux vidéo Encore des opportu nités
La Vie Financière N°2833 / Samedi 25 Septembre 1999 / Catégorie :

Dans un secteur pourtant bien valorisé, désormais plus important que le cinéma, la plupart des valeurs françaises de jeux vidéo n'ont pas dit leur dernier mot.
 
VALEURS FRANÇAISES
 
ui l'eût cru ? Lara Croft, héroïne du jeu vidéo Tomb Raider, a détrôné les stars du grand écran. Avec un chiffre d'affaires de près de 20 milliards de dollars - dont 15 pour les logiciels et 5 pour les consoles -, l'industrie des jeux vidéo devance désormais celle du cinéma. Ainsi, en 1998, les ventes de jeux interactifs se sont envolées à 40 milliards de francs aux Etats-Unis et ont atteint 10 milliards en Europe. Selon une récente étude de BNP Equities, la croissance du secteur devrait être de l'ordre de 15 % en 1999 ; elle pourrait s'établir autour de 8 % de 2000 à 2002 en raison d'un ralentissement dû à l'arrivée en fin de carrière des consoles actuelles, et repartir de 25 % en 2003.  Pour rester dans la course, la plupart des entreprises se sont métamorphosées, passant du simple studio de création à une structure intégrant l'ensemble de la chaîne de production (développement, édition, distribution). Avec, à la clé, l'amorce d'un vaste mouvement de restructuration. En attestent les deux dernières opérations majeures : le rachat de The Learning Company par le marchand de jouets Mattel et l'acquisition de Cendant par Vivendi. Sans parler des spéculations sur le rachat de l'éditeur britannique Eidos - créateur de Lara Croft - qui ont fait grimper le cours de 20 % la première semaine de septembre.  Pour les cinq éditeurs français, le premier défi à relever est le respect des délais dans le lancement des nouveaux produits. Car, dans ce métier, tout retard entraîne des sanctions brutales. En septembre 1998, le report de plusieurs mois de Superman, nouveau jeu de Titus, avait fait plonger le cours de l'action de près de 150 euros à 75 euros en une semaine ! Autre critère à surveiller : la maîtrise des coûts. Sachant que 15 à 20 milliards de francs sont aujourd'hui nécessaires pour développer et commercialiser un jeu (contre 8 à 10 milliards il y a à peine deux ans), mieux vaut miser sur le bon cheval dès le départ ! Les analystes sont donc de plus en plus vigilants sur la capacité des groupes à produire des titres qui dépassent les 2 millions d'exemplaires. Un bon contrôle de la diffusion est alors indispensable car, pour amortir les investissements, le succès doit être international.  Infogrames l'a bien compris. Le leader européen, qui dispose d'un catalogue de plus de 1 000 titres, dont des succès mondiaux comme V Rally, vendu à près de 5 millions d'exemplaires, ou Mission impossible, ne cesse d'étendre son réseau de distribution en Asie et aux Etats-Unis. Ses produits sont aujourd'hui distribués dans plus de 48 000 points de vente répartis dans plus de 57 pays. Cette visibilité à l'international a d'ailleurs été renforcée en début d'année par les rachats successifs de l'éditeur britannique Gremlin et de l'américain Accolade. Infogrames est désormais en bonne voie pour faire partie des cinq ténors mondiaux. Avec un chiffre d'affaires pour 1998-1999 de plus de 2 milliards de francs (en hausse de 37 %), il dispute désormais la place de major européen à Eidos (2,2 milliards de francs de chiffre d'affaires en 1998-1999), en attendant de croiser le fer avec le numéro un mondial, Electronic Arts. Son prochain objectif : un chiffre d'affaires de 3 milliards de francs pour l'exercice prochain, dont 30 % réalisés aux Etats-Unis. Cette valeur reste de loin la préférée des analystes sur le marché français.  Plus risqué, Titus n'est pas non plus dénué d'intérêt. Il a racheté cette année le huitième éditeur américain Interplay (130 millions de dollars de chiffre d'affaires) pour 25 millions de dollars. Selon Hervé Caen, le PDG, cette opération pourrait propulser sa société au sixième rang aux Etats-Unis et au deuxième en France, devant Ubi Soft. Perspective séduisante, mais qui demandera à Titus un gros effort de restructuration. Interplay affichait, en effet, une perte de près de 18 millions de dollars en 1998.  De son côté, Ubi Soft reste un peu à la traîne. L'activité du premier trimestre 1999-2000, à 115 millions de francs (+ 1 % seulement), s'est révélée nettement moins bonne que pour les précédents, du fait des retards de production pour son jeu Rayman II. Immédiatement sanctionnés par la Bourse. L'action est redescendue à 119 euros alors qu'elle en cotait 142 en début d'année. Ce qui la rend d'autant plus attrayante.  Quant à Cryo et Kalisto, elles affichent de bonnes perspectives de croissance en dépit de leur taille modeste. En effet, les deux sociétés se sont positionnées sur des segments porteurs : les jeux on line pour la première et la création d'« univers » pour la seconde. « Fortement valorisées en Bourse, les deux actions conservent néanmoins un bon potentiel d'appréciation », souligne un analyste. Un pari à tenter pour les investisseurs qui cherchent à renforcer l'orientation technologique de leur portefeuille. Les valeurs de jeux vidéo se situent sur un marché en forte expansion, où les marges restent encore confortables comparées à la moyenne des autres sociétés du secteur  multimédia.  Un secteur à découvrir  Infogrammes Entertainment BNPA 99/2000 (e) 2,15/2,80 F PER 99/2000 (e) 34,3/26,3  Ubi Soft Entertainment BNPA 99/2000 (e) 4,20/5,48 F PER 99/2000 (e) 28,3/21,7  Titus Interactive BNPA 99/2000 (e) 4,55/6,64 F PER 99/2000 (e) 21,1/14,5  Cryo Interactive Entertainment BNPA 99/2000 (e) 0,63/0,95 F PER 99/2000 (e) 39,7/26,3  Kalisto Entertainment BNPA 99/2000 (e) 0,65/1,15 F PER 99/2000 (e) 43,1/24,3  Notre conseil  Infogrames : acheter sur repli vers 70 euros, objectif 85 euros  Ubi Soft : achat spéculatif  Titus : conserver avec un objectif de 130 euros  Cryo : après une prise de bénéfices vers 25 euros, acheter sur tout fort repli  Kalisto : achat spéculatif  Graphiques     Une solide concurrence anglo-saxonne et japonaise   Les cinq éditeurs de logiciels de loisirs cotés à Paris n'ont pas trop à craindre de la concurrence européenne. Hormis Eidos, coté à Londres (qui, avec ses 340 millions de chiffre d'affaires et une capitalisation boursière de plus de 900 millions d'euros, s'affiche certes comme un challenger de poids), il n'existe pas d'autres rivaux cotés en Europe.  Le leader mondial de l'édition de jeux vidéo est l'américain Electronic Arts (1,2 milliard de dollars de chiffre d'affaires et 74 millions de résultat net), qui capitalise plus de 4 milliards de dollars au Nasdaq ! Viennent ensuite, dans un mouchoir de poche, les américains GT Interactive, Acclaim, Activision et Midway et les japonais Konami, Square et Namco, dont les ventes sont comprises entre 300 et 600 millions de dollars pour l'année. Quant aux multiples de capitalisation, ils passent de 1 à 7 selon le pays. S'ils sont compris entre 10 et 15 fois les bénéfices estimés en 2000 pour les sociétés cotées au Nasdaq, ils varient entre 40 et 70 fois les bénéfices en 2000 pour les éditeurs japonais ! Le record de valorisation étant détenu par Sega, Nintendo et Sony. Qui capitalisent respectivement 2, 21 et... 52 milliards de dollars à la Bourse de Tokyo   Eidos BPA 99/2000 (e) : 144,8/159,7 p. PER 99/2000 (e) : 25,8/23,4 Electronic Arts BPA 99/2000 (e) : 1,17/1,76 $ PER 99/2000 (e) : 63,2/42 Notre conseil  Eidos : acheter sur repli vers 30 livres  Electronic Arts : acheter sur repli vers 65 dollars  Graphiques


Marie-josée Brette
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%