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| fcpe : une offre complète et variée |
| La Vie Financière N°3178 / Vendredi 05 Mai 2006 / Catégorie : Dossier |
La diversité des FCPE proposés par les sociétés de gestion rend l'épargne salariale de plus en plus attrayante. Les performances sur un et trois ans
font la part belle aux fonds actions. |
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Sur les quelque 70 milliards d'euros d'encours de l'épargne salariale, près d'un quart est placé dans des FCPE (fonds communs de placement d'entreprise) gérés par les sociétés de gestion, banques et assurances. Cette offre de FCPE multientreprises (par opposition aux fonds dédiés, réservés de facto aux très grandes entreprises) se décline suivant des gammes plus ou moins larges, comprenant des fonds diversifiés et des fonds purs, exclusivement investis en actions, en obligations ou en produits monétaires... Les supports diversifiés sont généralement divisés en trois catégories (prudents, équilibrés, dynamiques) correspondant aux diverses attentes des épargnants en matière de risque. Ainsi, les profils de fonds se définissent en fonction d'un degré d'exposition standard aux actions ou aux marchés obligataires et monétaires. Schématiquement, les supports dynamiques sont investis pour 60 à 80 % de leurs encours sur les marchés boursiers, le solde se répartissant sur les produits de taux. La proportion est inversée pour les fonds prudents. Dans la mesure ou l'entreprise et les représentants du personnel ont opté pour une offre large, les salariés ont le choix et peuvent décider de l'orientation à donner à leur épargne en fonction de leur aversion vis-à-vis du risque et de leurs priorités. Par opposition à l'actionnariat salarié, qui permet à l'épargnant d'accompagner la destinée et les performances boursières de son entreprise en en devenant copropriétaire, cette formule permet, plus sûrement, à chacun de se constituer une épargne de sécurité en cas d'imprévu ou de préparer sa retraite. Ce sont ces deux finalités qui sont le plus fréquemment citées par les salariés pour évoquer le rôle dévolu à l'épargne salariale, si l'on en croit l'enquête publiée par l'observatoire Novacy. En somme, il s'agit d'un investissement comme un autre, à ajuster pour chaque salarié en fonction de son patrimoine et de son horizon de placement : c'est à chaque épargnant de choisir, en fonction de son propre profil, les supports d'investissement qui lui conviennent le mieux. Une épargne sur mesure Un jeune salarié détenant une épargne de précaution suffisante, pourra, dans une logique de long terme, privilégier les actions, la classe d'actifs la plus performante lorsque l'horizon de placement dépasse cinq, voire huit ans. « Les possibilités de déblocage anticipé doivent toutefois entrer en ligne de compte dans la définition de ce profil, précise Brenda Clarke, gérante des FCPE profilés chez Axa Investment Manager. Par exemple, un salarié qui prévoit d'acheter une maison dans les six mois a tout intérêt à placer son épargne sur un fonds monétaire. » Il en va naturellement de même des salariés qui, se rapprochant de la retraite, souhaitent sécuriser progressivement leur investissement en réduisant leur exposition aux actions. Les possibilités d'arbitrage entre les différents supports existent et permettent, en effet, aux salariés d'affiner leur allocation d'actifs selon l'évolution de leur situation ou en fonction des opportunités de marchés. « Mais dans les faits, une minorité de salariés utilisent réellement cette possibilité, précise cependant Brenda Clarke, la grande majorité se limitant à choisir un support au moment du versement de la participation ou de l'intéressement. » Bien qu'elle soit majoritairement investie pour une durée supérieure à cinq ans, l'épargne salariale demeure dominée par les supports réputés les plus prudents. Plus de la moitié des encours gérés dans les FCPE multientreprises sont, ainsi, placés sur des fonds obligataires ou monétaires. Si l'on ajoute les fonds profilés prudents et équilibrés, la proportion dépasse 70 %. Cette défiance à l'égard des actions se comprend facilement : « Historiquement, l'épargne salariale est surtout nourrie par l'apport de la participation et de l'intéressement qui sont perçus par leurs bénéficiaires comme un complément de rémunération différé, ce qui justifie la volonté de protéger ce capital », analyse Pierre Schereck, responsable marketing de l'épargne entreprise à Crédit Agricole Asset Management. De plus, il s'agit d'une épargne « imposée » à une clientèle qui n'a pas forcément une connaissance suffisante des produits financiers, ni même un intérêt pour ces produits. « Il nous faut être des pédagogues en même temps que des gérants », confirme Brenda Clarke. Et d'ajouter : « Par exemple, aujourd'hui, nous insistons sur le fait que les fonds obligataires ne sont pas des produits monétaires un peu plus dynamiques, mais qu'ils comportent un risque réel de perdre de l'argent. » Des gammes qui s'enrichissent de fonds spécialisés Pierre Schereck confirme l'importance de l'accompagnement pédagogique mais note, toutefois, une évolution encourageante des comportements : « L'horizon de placement implicite se rallonge, les salariés restent investis au-delà de la limite imposée par la loi. De plus, les versements volontaires se développent, preuve que les avantages de l'épargne salariale sont de mieux en mieux compris. » Conséquence de ce frémissement d'intérêt de la part des salariés : Crédit Agricole Asset Management envisage de compléter sa gamme, dans les prochains mois, par une palette de fonds experts permettant des diversifications géographiques, sectorielles et par style de gestion... Une nouvelle étape que Société Générale Asset Management a déjà franchie allègrement puisqu'elle propose avec sa gamme Arcancia une option clés en main comportant cinq fonds profilés ainsi que neuf FCPE spécialisés comprenant notamment des fonds midcaps, immobiliers, valeurs technologiques, multigérants ou à capital garanti... « Cette formule possède l'avantage de la simplicité avec les fonds profilés, mais elle permet également aux investisseurs avertis de gérer leur allocation de manière plus pointue », note Jean-Baptiste Segard, directeur de l'épargne salariale à Société Générale Asset Management. Il ajoute : « Pour l'heure, seule une minorité d'épargnants recourt à ces supports spécialisés, mais on note un intérêt assez fort pour cette offre, notamment dans les petites entreprises, dont les dirigeants peuvent ainsi profiter des avantages fiscaux de l'épargne salariale tout en ayant accès à des fonds spécialisés qui répondent à leurs attentes. » Un élargissement de gamme qui autorise une plus grande souplesse et pourrait inciter de plus en plus nettement les salariés à prendre en charge la gestion de leur épargne et à s'initier aux joies de l'allocation d'actifs. Les bonnes performances des fonds actions Pour l'heure, donc, c'est la méfiance à l'égard de la Bourse qui l'a emporté chez les épargnants. Dommage, car, si les fonds actions purs et les fonds profilés dynamiques représentent moins de 30 % des encours investis dans les FCPE, ce sont eux qui affichent largement les meilleures performances sur l'année écoulée. Au 31 mars, la progression annuelle s'élevait, en moyenne, à plus de 28 % sur les FCPE spécialisés en actions françaises. Une performance supérieure à celle du CAC 40. Sur douze mois, c'est Capital Actions France d'Axa IM qui remporte la palme dans la catégorie des actions françaises, avec un bond de plus de 38 %. Pour les FCPE actions internationales, c'est Epargne Indice Or de Legal and General Asset Management qui grimpe sur la première marche. Cette société de gestion propose une gamme de treize FCPE indiciels. Avec trois d'entre eux à plus de 30 % de hausse sur l'année (secteur or, actions allemandes et japonaises), son offre a de quoi séduire. Elle doit, toutefois, être réservée aux investisseurs parfaitement autonomes capables de gérer leur allocation d'actifs seuls, même quand les marchés font grise mine. Du côté des fonds profilés, ce sont tout naturellement les plus dynamiques, consacrant une large part aux actions, qui affichent les meilleures progressions : Arcancia Audace Euro 754, de Société Générale Asset Management, par exemple, progresse de 30,76 % sur un an. Sur trois ans, la performance des profilés dynamiques est tout aussi séduisante, avec des progressions s'échelonnant, pour les meilleurs, de 60 à 90 %. Sur cette période, les obligations affichent un bilan moins réjouissant avec, en moyenne, une modeste progression de 10 %. Et les hausses des taux pressenties au travers du discours des banques centrales ne devraient pas les favoriser dans les mois à venir. Sur les trois années passées, c'est l'audace qui a été récompensée. Pour autant, un coup d'oeil aux performances à cinq ans nous rappelle que le placement en actions n'est pas dénué de risque, les trois dernières années fastes ne compensant pas, pour la plupart des fonds, les contre-performances boursières de 2001 et 2002. Accorder plus de place aux actions Au moment de recevoir la participation et l'intéressement, la question se pose pour les salariés de savoir sur quel type de support il conviendra de placer cette nouvelle manne. Pour Brenda Clarke, les actions demeurent privilégiées dans tous les fonds, même si leur progression récente, associée au risque d'une hausse des taux plus forte que prévu, incite à la vigilance. « La part des actions dans Capital Vitalité a été ramenée de 84 % à la fin de 2005 à 78 % au 31 mars 2006. Nous demeurons confiants dans cette classe d'actifs dont les valorisations sont encore attrayantes et qui continuent de bénéficier d'un vaste mouvement de fusions-acquisitions. Mais la prudence s'impose », précise-t-elle. Pourtant, même si les placements offensifs semblent voués à un avenir moins radieux que dans les trois années écoulées, les salariés qui, à juste titre, voient en l'épargne salariale un bon moyen de compléter leur retraite ont tout intérêt à accorder une plus grande place aux actions. En tout cas, une place plus conforme à celle qu'elles devraient occuper dans l'optique d'un investissement à long terme Etaler ses versements
est le meilleur moyen
de limiter les risques Quelle est votre opinion sur les marchés pour les mois à venir ? Premièrement, nous demeurons sous-exposés sur les placements obligataires. Nous le sommes depuis longtemps et risquons de le rester encore, même si nous avons tendance à revenir modestement sur les taux. Quant aux actions, il est évident que leurs récentes performances ont réduit le potentiel de rattrapage lié à leur faible valorisation. De même, les hausses de taux décidées par les banques centrales devraient modérer leur progression. Cependant, nous conservons un optimisme prudent sur cette classe d'actifs. Les fusions-acquisitions pourraient, en effet, continuer de soutenir les marchés durablement. D'ailleurs, la confiance des investisseurs semble intacte. C'est, en tout cas, une impression qui est confirmée lors des contacts réguliers que nous entretenons avec les conseils de surveillance des FCPE. Quel conseil donnez-vous aux salariés qui vont investir les sommes perçues au titre de la participation et de l'intéressement ? Tout d'abord, et c'est là le point le plus important, il convient de définir son horizon d'investissement personnel. Quel que soit le degré de confiance qu'on peut accorder aux actions pour les mois à venir, il est inutile de miser sur cette classe d'actifs dans une optique de court terme. Dans une vision prudente, les actions doivent occuper 20 à 25 % d'un portefeuille pour un placement à un horizon de trois ans. Cette proportion peut être relevée à 50 ou 60 % dans la perspective d'une échéance à cinq ans. D'autre part, l'idéal est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier au même moment. Etaler ses versements dans le temps grâce à la formule de l'abondement mensuel me semble le meilleur moyen de limiter les risques en lissant les performances des investissements Propos recueillis par Jean-François Hennion |
Jean-François Hennion |
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