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| équipementiers télécoms Le pari réussi des groupes nord-américains |
| La Vie Financière N°2826 / Samedi 07 Aout 1999 / Catégorie : |
Alors que les investisseurs privilégient Ericsson au détriment de Nokia, la croissance des groupes américains s'accélère. La récente chute du cours des actions offre nombre d'opportunités sur ce secteur. |
VALEURS ÉTRANGERES |
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Pas de pause estivale pour les équipementiers de télécoms. Après la publication des résultats semestriels des grands groupes internationaux, la donne semble, une fois encore, avoir changé de mains. La meilleure illustration en est la bataille entre Nokia et Ericsson, qui a tourné à l'avantage du groupe suédois, du moins sur le plan boursier. A regarder les chiffres, Nokia s'en tire plutôt bien : avec des ventes semestrielles en hausse de 72,5 %, le finlandais a renforcé sa place de premier fabricant mondial de téléphones portables. Simultanément, son bénéfice net a bondi de 55 %, à 1,086 milliard d'euros (7,12 milliards de francs). Pourtant, l'action a reculé de 5,7 % à la Bourse de Paris. Il est vrai que la « magie » Nokia a disparu, avec des résultats conformes aux attentes moyennes des analystes. D'un trimestre à l'autre, la marge opérationnelle de Nokia s'est effritée dans les terminaux mobiles et elle a poursuivi son érosion dans les infrastructures de réseaux. L'évolution de ce ratio sera minutieusement examinée au troisième trimestre, alors que les nouveaux téléphones portables de Motorola rencontrent un succès grandissant outre-Atlantique et que les appareils d' Ericsson seront bientôt mis en vente. Si son potentiel de croissance paraît limité à court terme, le groupe finlandais pourrait se diversifier en acquérant un spécialiste des logiciels de télécommunications ou une société de réseaux de données. Avec une trésorerie de 3 milliards d'euros, Nokia a de la réserve... Ericsson a vu son bénéfice net chuter de 44 % au premier semestre, mais son titre grimper de 9,7 % en une journée ! Les investisseurs ont été rassurés par le dynamisme des ventes d'infrastructures pour réseaux mobiles - dont la croissance devrait dépasser 30 % cette année -, alors que l'amélioration de sa marge opérationnelle se poursuit. Un mois après le limogeage du PDG, la direction a évoqué pour l'an 2000 un spectaculaire redressement, grâce à l'accélération de la restructuration. Ce qui pourrait faire rebondir le bénéfice net de 57 % entre 1999 et 2000, estiment les analystes de Goldman Sachs. Mais Ericsson a encore plusieurs défis importants à relever : la réorganisation de ses activités de commutation publique et la reprise des parts de marché perdues dans les téléphones mobiles ainsi que la désignation d'un nouveau patron. Incontestablement, les grands gagnants sont les deux géants nord-américains. Les bénéfices record de Nortel Networks s'expliquent par l'intégration de Bay Networks, un spécialiste des réseaux de données acquis il y a treize mois, une forte hausse des ventes d'équipements pour réseaux optiques et un rebond des livraisons d'infrastructures cellulaires. On retrouve ces mêmes tendances positives pour ce qui concerne le leader mondial, Lucent Technologies, dont la croissance du bénéfice net devrait flirter avec les 20 % durant les trois à cinq prochaines années, selon Merrill Lynch. Malgré sa taille réduite, Qualcomm profite de l'accélération des ventes de téléphones portables à la norme numérique CDMA. Inventeur de ce standard, la société californienne touche également des royalties versées par 70 sociétés ; un chiffre qui devrait s'accroître puisque le CDMA sera la base de la nouvelle génération de terminaux portables. Très volatil, le titre paraît cependant surévalué après un envol de 440 % depuis le début de l'année. De son côté, malgré la publi-cation d'excellents résultats semestriels (voir La VF du 24 juillet), l'action Motorola souffre des vicissitudes d'Iridium - premier opérateur de télécoms par satellite - qui est très proche de la faillite. Le groupe américain, qui en détient 18 %, pourrait passer une provision spéciale dans les comptes du troisième trimestre 1999. Le ciel pourrait bien lui tomber sur la tête. Tableau : L'américain lucent leader mondial |
Philippe Hufschmitt |
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