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distribution textile L'heure du réveil a sonné
La Vie Financière N°2815 / Samedi 22 Mai 1999 / Catégorie :

L'arrivée des grandes chaînes internationales a bousculé le marché français mais ne met pas hors jeu les valeurs françaises. De belles opportunités existent en Bourse où ces valeurs affichent un retard certain.
 
VALEURS FRANÇAISES
 
a-t-il encore un avenir pour les valeurs de l'habillement-textile cotées à la Bourse de Paris ? Ces sociétés présentent en effet deux défauts majeurs : une taille insuffisante (la capitalisation moyenne n'excède pas 270 millions d'euros) et une image boursière dégradée auprès des investisseurs. Les déconvenues observées par le passé dans la filière (dépôts de bilan, division par deux des performances) et le statut de valeurs à faibles perspectives de croissance attaché au textile ont largement participé à cet état de fait. L'an dernier, ces sociétés ont en outre, à l'instar du marché boursier, enregistré une correction de 25 % entre juillet et octobre (- 28,8 % pour le SBF 250). Depuis, elles ont rattrapé leur retard. Dans le même temps, l'indice SBF 250 a allègrement repris près de 50 %.  Faut-il pour autant se désintéresser des valeurs textiles ? Les récentes évolutions boursières montrent au contraire que le secteur recèle de belles opportunités de plus-values. La remontée des cours de Brice (+ 44,3 %), de Du Pareil au Même (DPAM, + 18 %) et d'Aigle (+ 10,5 %) durant avril l'atteste. Des valeurs qui profitent de la bonne orientation des achats. En 1998, selon le CTCOE (Centre textile de conjoncture et d'observation économique), la consommation d'habillement a augmenté de 2,8 % et une nouvelle progression est attendue cette année. 1999 démarre bien, surtout pour les chaînes spécialisées (+ 5,3 % des ventes au premier trimestre), alors que le multimarque reste à la traîne. Les chaînes tiennent d'ailleurs le haut du pavé avec une part de marché de 37 % (22 % seulement en 1990) devant les indépendants (24 %), la grande distribution (16 %), la vente par correspondance (9 %) et les grands magasins (6 %).  Selon les spécialistes, l'arrivée des espagnols Zara et Mango ou de l'américain Gap a contribué à tirer la demande vers le haut et la qualité. Elle a surtout poussé les chaînes nationales à à revoir leur logistique, leurs collections et l'agencement de leurs boutiques. Les nouveaux venus ont apporté une conception différente de la distribution fondée sur une équipe de stylistes dédiée, une réactualisation permanente de l'offre, une logistique autorisant un réassort quasi quotidien et un agencement haut de gamme des boutiques. Ils disposent d'importants moyens financiers leur permettant d'investir rapidement le marché. Si aujourd'hui ils en sont à la phase d'observation, de nombreuses ouvertures de boutiques H&M ou Springfield sont déjà prévues.  Ces nouveaux venus sont dans leur majorité cotés en Bourse et ils ont bénéficié d'une envolée de leur titre ces derniers temps. Ainsi, la hausse du cours de Gap a atteint  73 % en un an, celle du suédois H&M 85 %. Zara n'est pas coté mais envisage d'entrer en Bourse à la fin 1999. Ces groupes se traitent selon des multiples de capitalisation respectifs de 35 et 56 fois le bénéfice 1999 estimé. Des niveaux de valorisation élevés difficilement approchables par les groupes nationaux - le même ratio pour le secteur français n'excède pas 16 fois. Mais ils laissent une marge d'appréciation, notamment pour des sociétés qui ont prouvé la qualité de leur concept et de leurs résultats. Il en va ainsi d'Aigle ou de DPAM, la valeur préférée des analystes. Le spécialiste du vêtement pour enfants démontre depuis plusieurs années sa capacité à générer de la croissance, et pourtant son niveau de valorisation en Bourse n'en rend pas compte. Au cours actuel, DPAM se traite au même niveau que la moyenne du secteur alors qu'en trois ans les ventes ont progressé de 65 % (+ 14,5 % en 1998) et le bénéfice net de 64 % (+ 20,3 % en 1998). 1999 démarre bien avec une hausse de l'activité de 14 % pour le premier trimestre. Un développement qui passe par un nouveau concept de magasins (couplant vêtements d'enfants et de bébé) et un nouvel agencement de boutiques, ce que d'autres intervenants tels André ou Alain Manoukian ont déjà mis en oeuvre. Cette stratégie est coûteuse mais se révèle payante. Pour réussir sur un marché de plus en plus concurrentiel, trois éléments sont indispensables. Il faut savoir repenser son concept, disposer d'une large surface financière et gérer au mieux ses achats.  Brice, la meilleure rentabilité du secteur  Dans ce cadre, Etam, le groupe de prêt-à-porter féminin et de lingerie, doit faire ses preuves après la déception de 1998 (baisse de 50 % du bénéfice). Le groupe devra entre autres redresser la chaîne britannique Etam plc qui a dégagé plus de 100 millions de francs de perte l'an dernier et revoir l'offre de la marque Etam et le positionnement des magasins 1.2.3, en perte de vitesse. Car la stagnation des ventes en France, à magasins constants, observée depuis le début de l'année est inquiétante. En revanche, la hausse du taux de marge brute d'Etam plc est encourageante. La création d'un système d'achat commun au groupe et le recours plus massif aux importations portent leurs fruits. Mais les analystes s'accordent sur le manque de visibilité quant au redressement durable des résultats. La valeur reste donc spéculative.  A l'inverse, le risque boursier apparaît faible sur le titre Zannier, mais la valeur pâtit de ses déboires passés. Malgré l'amélioration des résultats l'an dernier (+ 35 % du bénéfice net), elle peine à retrouver l'intérêt des investisseurs. La valorisation est la plus faible du secteur, seulement 6 fois le résultat net attendu en 1999. Mais l'action devrait décoller, à condition que se confirme le succès du nouveau concept de magasins Z et que la filiale allemande en difficulté se redresse. L'achat du titre peut être envisagé dans une optique de long terme.  Le titre Brice a, quant à lui, déjà connu une belle performance depuis son introduction au second marché, il y a près d'un an. Il est vrai que le spécialiste du vêtement masculin a clos son exercice 1998-1999 sur une hausse de 37 % des ventes et de 72 % du bénéfice net. La marge d'exploitation a atteint 21 % et la marge nette plus de 11 % ! La gestion prudente et le potentiel d'ouvertures (plus de 100 en France en centre commercial) donnent une bonne visibilité sur les résultats, d'autant que Brice est peu concurrencé. Mais sa marge pourrait attiser des convoitises alors que les performances 1998 semblent difficilement égalables cette année. Aujourd'hui, le cours de Bourse prend en grande partie en compte les qualités du groupe. On peut acheter sur repli.  Nous préférons rester à l'écart de Naf Naf qui enregistre des contre-performances : au premier semestre 1998-1999, la société affiche une perte nette de 27 millions de francs pour des ventes en baisse de 8 %. Groupe André a pour sa part réussi à redorer l'image des chaînes Caroll et Kookaï. Les résultats du premier semestre (bénéfice : + 16 %) ont agréablement surpris le marché. Le point noir reste les magasins de chaussures de centre-ville, toujours à la traîne, mais le groupe semble avoir pris le bon virage. A plus de 20 fois le bénéfice estimé pour l'année, la valeur a toutefois atteint un trop haut niveau pour être achetée  Graphique : LE SECTEUR COMMENCE À RATTRAPER SON RETARD  Indice SBF 250 et indice des valeurs textiles depuis juin 1997 Graphique : Des nouveaux concurrents de poids   Menant une politique agressive d'expansion à l'international, les nouveaux entrants enregistrent de forts taux de croissance de leurs ventes. Une pression supplémentaire pour les groupes français. CA 1998 et variation en % de Gap, H&M, Inditex, Cirtefiel, Mango Tableau :  L'un des secteurs les moins chers de la cote


Annie Courty
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%