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| des bénéfices dopés par le rachat de Carrière |
| La Vie Financière N°3241 / Vendredi 20 Juillet 2007 / Catégorie : Bourse |
Bonduelle. Avec l'acquisition du leader canadien des légumes Aliments Carrière, l'inventeur du petits pois-carottes passe la vitesse supérieure. Ce rachat révèle des synergies importantes et promet un fort potentiel de développement. |
Christophe Bonduelle, président-directeur général |
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Vous venez d'acquérir la totalité du capital du leader canadien des légumes, Aliments Carrière. Pouvez-vous nous préciser les conditions financières de cette opération ? C. B. Nous sommes entrés dans le capital d'Aliments Carrière en juin 2006, en prenant dans un premier temps une participation de 23 %. Nous venons d'exercer une option d'achat, qui nous était offerte après un an, à un prix convenu au départ entre 14,50 et 16,25 dollars canadiens par action, en fonction du résultat obtenu pour l'exercice se terminant fin avril 2007. Nous venons donc de monter à 100 % dans le capital, en appliquant le plafond prévu compte tenu des bons résultats observés. Finalement, cette opération représente pour Bonduelle une mise de fonds totale de 118 millions d'euros, qui sera financée par endettement. En quoi ce rachat marque-t-il un tournant important pour Bonduelle ? C'est une belle porte d'entrée sur le marché du légume en Amérique du Nord. Carrière réalise 40 % de ses ventes dans les légumes en conserve au Canada et 60 % dans les légumes surgelés, pour une bonne part aux Etats-Unis et pour le reste dans son pays. Le groupe dispose de sept usines de transformation de légumes en parfait état et vend sa production sous sa propre marque, Arctic Gardens, et sous des marques de distributeurs, notamment dans la restauration professionnelle, segment qui nous intéresse particulièrement. Cette acquisition entraînera une vraie modification géographique de notre activité. Sur un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros avec Carrière, nous réaliserons un gros tiers de notre activité en France, un autre dans les pays de la zone euro et le dernier tiers, essentiellement en Amérique du Nord et en Europe centrale et orientale. Quel sera l'impact de cette opération sur les résultats à venir de Bonduelle ? Significativement relutif ! Carrière a réalisé, pour son exercice clos fin avril 2007, un chiffre d'affaires de 232 millions d'euros et sa marge d'exploitation est bien supérieure à celle de Bonduelle. Au cours de l'année que nous avons partagée avec Carrière, nous avons découvert beaucoup plus de synergies que nous ne le pensions à l'origine. Celles-ci participeront à l'amélioration des résultats dans le futur. Justement, avez-vous chiffré le montant de ces synergies potentielles et quels seront vos prochains axes de développement avec Carrière ? Il y a beaucoup de choses à faire en Amérique du Nord, où l'offre de légumes est actuellement très basique et reste très pauvre en produits à plus forte valeur ajoutée. En témoigne le succès de la gamme vapeur Steammm! que nous avons lancée en octobre 2006 sous la marque Arctic Gardens et qui arrive en tête des ventes au Canada après seulement six mois de présence. Nous partons du principe que si nous voulons remettre les légumes au goût du jour, il faut proposer des produits attrayants. Nous allons donc apporter notre savoir-faire à Carrière sur ce terrain. D'autres types de synergies sont apparues, notamment grâce au transfert de certains légumes comme le maïs l'an dernier, grâce à des taux de change favorables au dollar et à des coûts de logistique entre le Canada et certains pays d'Europe moindres que dans le sud-ouest de la France. Mais les synergies doivent aussi être considérées sur le plan humain. Carrière est une entreprise familiale et continuera à se développer sur ce modèle, ce qui est important pour l'entreprise et ses salariés. Seriez-vous intéressé par le rachat de Géant vert, comme l'évoquent certaines rumeurs ? Ce sont plutôt des spéculations, pour la simple et bonne raison que Bonduelle vient d'arriver sur le continent américain, terrain de prédilection de Géant vert, et que Carrière est le fournisseur exclusif de Géant vert Canada. Un contrat que nous venons d'ailleurs de renouveler pour cinq ans. Même si nous restons à l'affût d'acquisitions intéressantes partout dans le monde, aucune discussion avec Géant vert n'a été engagée dans ce sens. De quels moyens financiers disposez-vous pour mener à bien votre politique d'acquisitions ? Au moment de prendre la majorité de Carrière, nous avons émis 150 millions d'euros d'obligations. Après ce rachat, l'endettement net de Bonduelle rapporté aux fonds propres passera de 85 % à la fin de l'exercice clos le 30 juin 2007 à environ 120 % pour l'exercice en cours. Vu le bon niveau de notre cash-flow libre, ce ratio devrait vite revenir au-dessous de 100 %, sachant que la moitié de cet endettement est contractée en « crédits de campagne », servant à financer des stocks vendus dans l'année et que nos créanciers américains ne considèrent pas comme de l'endettement. Les conditions climatiques en France risquent-elles de perturber les récoltes, donc d'avoir une incidence sur les résultats ? Bonduelle n'a heureusement pas mis tous ses oeufs dans le même panier, et cette stratégie permet globalement de trouver un équilibre. Au Canada, la saison se présente bien, mais, en France, la récolte de petits pois et les semis de haricots verts ont pâti de mois de mai et de juin froids et pluvieux : la campagne s'annonce donc déficitaire. Cependant, nous pourrions faire jouer les synergies. Mais le plus gênant est que, pour la deuxième année consécutive, les mauvaises conditions climatiques touchent la filière et n'encouragent guère les agriculteurs à se lancer dans la culture des légumes, à l'heure de la forte hausse du prix des céréales. L'exercice qui s'est achevé le 30 juin s'est-il déroulé conformément à vos anticipations ? Bonduelle devrait annoncer des résultats conformes à ce qu'il avait indiqué en mars, lors de la publication des comptes semestriels. Nous anticipions alors une hausse du chiffre d'affaires et du résultat opérationnel de l'ordre de 5 % Bonduelle en chiffres Endettement 120 % C'est le montant estimé de l'endettement financier net rapporté aux fonds propres à la fin de l'exercice en cours, contre 85 % au 30 juin 2007. Rentabilité 6,2 % C'est le niveau escompté de la marge opérationnelle pour 2006-2007, belle amélioration par rapport aux 5,7 % de l'exercice précédent. Cultures 70 000 C'est le nombre d'hectares de cultures sous contrat dont dispose le groupe en Europe. 3 000 hectares sont cultivés en direct en Russie. Communication 60 MEuro(s) C'est le montant estimé du budget communication-médias, en hausse de 30 % depuis deux ans, selon les analystes. Un pied en Amérique du Nord En accédant au marché nord-américain, où tout reste à faire pour accélérer la consommation de légumes, Bonduelle aura toute latitude pour prouver son savoir-faire et sa capacité d'innovation. Depuis l'annonce du rachat de Carrière, il y a un an, le titre a pris 25 %, mais n'a pas épuisé tout son potentiel de hausse. A 13,6 fois les estimations de bénéfices pour 2007-2008 et compte tenu des perspectives prometteuses, on peut renforcer P. DF. |
Propos recueillis par Perrine Delfortrie |
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