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dÈs l' année 2010, Internet sera le troisième média
La Vie Financière N°3212 / Vendredi 29 Décembre 2006 / Catégorie : Bourse

Publicis conjugue croissance et rentabilité. Une trajectoire enviable qui n'empêche pas le patron du numéro quatre mondial de la communication de fourbir ses armes pour profiter de l'inexorable essor du Web.
 
Maurice Lévy, président-directeur général
 

Pas de trève des confiseurs pour Publicis Groupe ! Vous venez de lancer une offre sur l'agence interactive Digitas. Internet est-il l'avenir des agences de communication ?

M. L. Les effets négatifs de l'explosion de la bulle ont masqué le véritable changement de société auquel le Web nous prépare. Ce phénomène touche forcément le marché publicitaire, car l'argent va où sont les audiences. La chevauchée fantastique d'Internet va donc se poursuivre, avec une croissance de l'ordre de 26 à 28 % l'an prochain au niveau mondial. C'est pour profiter de cet essor que nous avons lancé une offre amicale sur l'agence interactive américaine Digitas. L'acquisition de ce spécialiste de la communication sur Internet et du marketing direct aura un impact positif sur le bénéfice net par action de Publicis Groupe dès 2008. Désormais, Internet fait partie de la vie naturelle des agences : dès 2010, ce sera le troisième média, et il devrait représenter 15 % des 600 milliards de dollars du marché mondial de la communication au milieu de la prochaine décennie.

Digitas marque-t-il le retour aux grandes manoeuvres ? Malgré vos démentis, le marché vous presse pour racheter votre concurrent américain Interpublic...

Il est vrai qu'aujourd'hui, notre bilan autorise un bel effet de levier. Mais, répétons-le, nous n'avons aucune négociation, aucun contact avec Interpublic. Nos objectifs en matière de croissance externe restent inchangés : nous voulons nous renforcer dans les services marketing -ce qui inclut les agences interactives - et dans les pays émergents.

Comment se comportera le marché publicitaire en 2007 ?

Hormis Internet, on assiste à des ajustements dans les pays émergents : la croissance chinoise reste forte, mais plus modérée, l'Inde remonte, la Russie accélère. J'anticipe pour 2007 une progression du marché publicitaire mondial de 4,5 à 5 % en données brutes, soit une augmentation de 2,8 à 3 % du revenu des agences.

Après le trou d'air du troisième trimestre, la situation est-elle rétablie aux Etats-Unis ?

Nous y avons retrouvé un rythme de croissance plus normal, ce qui me permet de confirmer que la croissance interne de Publicis Groupe en 2006 sera au moins de 5 %. Notre marge d'exploitation ne devrait pas souffrir de cet accident de parcours, notre activité étant bien équilibrée entre les Etats-Unis et l'Europe.

Vous avez nommé Jean-Yves Naouri au poste de directeur général adjoint de Publicis Groupe. Doit-on le considérer comme le numéro deux ?

Il n'y a pas de numéro deux à Publicis. Les nombreuses nominations annoncées en 2006 ont renforcé le pouvoir d'une nouvelle génération de dirigeants : l'équipe de direction fonctionne de mieux en mieux, avec des gens conquérants, et dans un esprit de respect mutuel. Il y a maintenant une meilleure définition de la responsabilité de chacun, et j'ai nommé deux directeurs généraux adjoints. Quant à savoir si tout cela a un rapport avec la préparation de ma succession, la réponse est évidemment... oui.

Frédéric Raillard et Farid Mokart, à qui vous aviez confié la direction de votre nouvelle agence, Marcel, viennent de claquer la porte pour aller fonder leur propre structure. Que va devenir Marcel ?

J'ai l'habitude de voir les gens arriver et partir, mais pas d'une manière aussi brutale et peu professionnelle. Je garde de cette affaire un sentiment de tristesse. Nous avions deux solutions : soit tirer un trait sur cette entité, soit la conserver. J'ai été surpris par le nombre de créatifs, aussi talentueux que les partants, sinon plus, qui se sont présentés à nous. Marcel va donc continuer à exister, et une nouvelle équipe est d'ores et déjà en place avec Anne de Maupeou et Frédéric Temin. Parallèlement, nous avons rapatrié Orange au sein de Publicis Conseil, mieux à même de gérer un tel budget.

Après le niveau record de contrats engrangés en 2005, 2006 a été en demi-teinte...

Si 2005 fut une année exceptionnelle, 2006 n'a pas été très brillante. L'année a été bonne en matière de gain de nouveaux contrats (comme JCPenney, aux Etats-Unis), mais nous avons perdu des budgets existants, notamment avec Hewlett-Packard ou Sprint, même si nous avons, dans d'autres cas, réussi à défendre notre position, par exemple chez SABMiller. Mon évaluation est donc : « Peut mieux faire. »

Que pensez-vous du cours de Publicis ?

Il faut croire que je fais un très mauvais travail de communication sur Publicis ! Notre titre, sous-valorisé depuis longtemps, n'intègre pas nos performances. Nous avons les meilleures marges du secteur et, en 2006 encore, la deuxième plus forte croissance du marché. Nous avons prouvé notre capacité à intégrer les acquisitions d'envergure, comme celle de Bcom3, et nous nous sommes désendettés.

En tant que président de la commission sur l'économie de l'immatériel, pensez-vous que la dématérialisation liée à Internet conduise à un émiettement des médias traditionnels ?

Malgré l'émergence de Google, de Yahoo ! ou de MSN, la réponse est oui. Et ce sera encore plus vrai avec le téléphone portable. Les annonceurs ont besoin de groupes comme Publicis pour toucher des consommateurs de plus en plus individualistes et intelligents


De nouvelles ambitions

Le numéro quatre mondial de la publicité a connu une année boursière 2006 en dents de scie. Elle se termine bien, grâce à une annonce qui répond dans un sens favorable à deux questions majeures. Le groupe, largement désendetté, risquait-il de se lancer dans une opération de croissance externe stratégiquement contestable (Interpublic, par exemple) ? Réponse : non. Et, à l'inverse, allait-il enfin concrétiser de manière visible ses ambitions sur Internet, relais de croissance évident des groupes de communication ? Réponse : oui, avec l'acquisition de l'américain Digitas. L'annonce a enfin redonné du tonus au titre. Une revanche pour une valeur qui vient de se voir évincer du CAC 40 E. S.

Publicis en chiffres

Acquisition

1,3 Md$

C'est le montant de l'OPA lancée par Publicis sur la société américaine Digitas. Cette opération stratégique lui permet de combler son retard dans la communication numérique.

Rentabilité

16,7 %

C'est la marge opérationnelle attendue en 2008, soit 1 point de plus qu'en 2005. Publicis affiche la meilleure rentabilité de son secteur.

Croissance

4,5 %

C'est la croissance du marché publicitaire mondial attendue en 2007 par Maurice Lévy, au minimum.

Internet

15 %

Selon Publicis, c'est la part que représentera, au milieu de la prochaine décennie, Internet dans les 600 milliards de dollars du marché mondial de la communication.

Propos recueillis par Frédéric Cazenave et Emmanuel Schafroth
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%