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| La Vie Financière N°2817 / Samedi 05 Juin 1999 / Catégorie : |
Le prix d'émission de l'action devrait se situer dans une fourchette de 20 à 27 euros. Soit une décote de 20 à 40 % sur le cours actuel du CI dont les conditions d'échange devraient être défavorables pour les porteurs. |
VALEURS FRANÇAISES |
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Les porteurs de certificats d'investissement du Crédit lyonnais risquent de déchanter lorsqu'ils prendront connaissance des modalités financières de la privatisation de la banque. Selon nos informations, le prix d'émission de l'action devrait se situer dans une fourchette de 20 à 27 euros, soit un niveau bien inférieur (de 23 à 43 %) au cours du certificat d'investissement, lequel, bien que dépourvu de droit de vote, évoluait ces dernières semaines autour de 35 euros (après avoir gagné 6 % environ depuis le début de l'année, 102 % en 1998 et plus de 135 % en 1997 !). Une première estimation devrait être rendue publique le 14 juin prochain et le prix définitif le 28 juin. Les conditions de l'offre d'échange des certificats en actions risquent de réserver une autre mauvaise surprise. Les détenteurs de CI se verraient, en effet, offrir une action contre un certificat à condition de s'acquitter d'une soulte dont le montant pourrait atteindre 2 à 7 % de la valeur de l'action ! Cette soulte se justifierait à double titre : elle serait la contrepartie du droit de vote dont sont assorties les actions et le prix à payer pour bénéficier de la plus grande liquidité du marché des actions par rapport à celui du CI. Dans ces conditions, il sera difficile pour les pouvoirs publics d'échapper aux accusations de bradage qui ne manqueront pas de s'élever du côté tant des actionnaires actuels que des contribuables. On sait ces derniers particulièrement irrités par les 100 à 150 milliards de francs que leur aura coûté la remise à flot de la banque publique. En outre, le gouvernement peut s'attendre à une levée de boucliers des détenteurs de certificats d'investissement dont plus de la moitié se trouve entre les mains de gros investisseurs comme les AGF et les deux hedge funds anglo-saxons, Tiger et Global Asset Management. « La privatisation du Crédit lyonnais s'annonce comme un exercice périlleux pour les pouvoirs publics, qui risquent de devoir répondre à des attaques judiciaires de la part des actionnaires actuels, mécontents de la décote subie par leurs titres », souligne un proche du dossier. Pour les experts gouvernementaux, il semble pourtant hors de question de prendre comme référence la valeur actuelle du certificat d'investissement. « Le cours du CI n'est pas significatif. Il a été dopé ces derniers mois par une spéculation d'autant plus intense que le flottant est détenu par un nombre limité d'investisseurs », ré-torque un spécialiste à Bercy. Même mise en garde de la part de Dominique Strauss-Kahn : « L'évolution du cours du CI est assez atypique depuis quelques mois. Il a progressé de 40 % de plus que le cours moyen des autres banques », soulignait, la semaine dernière, le ministre de l'Economie et des Finances. Cet avis, longtemps minoritaire, est partagé par un nombre croissant d'analystes. Une majorité d'entre eux estiment, en effet, que la valeur du Crédit lyonnais devrait osciller autour de 50 milliards de francs (7,6 milliards d'euros) pour 100 % du capital, soit 27 euros par action. « La mise en vente du Crédit lyonnais devrait être effectuée au sein d'une fourchette de 48 à 55 milliards de francs, soit 25 à 30 euros par action », estime Philippe Leonnard, analyste chez Meeschaert-Rousselle. Il est vrai qu'autour de 38 euros le certificat d'investissement se paie près de 38 fois le bénéfice 1998 et 20 fois environ le bénéfice estimé pour 1999. Soit une valorisation bien plus élevée que celle enregistrée par les autres banques françaises (entre 14 et 18 fois les bénéfices estimés 1999), pourtant en meilleure santé que le Lyonnais et, pour certaines d'entre elles (BNP, Paribas, Société générale ou CCF), l'objet d'intenses spéculations... Malgré cela, les pouvoirs publics auront bien du mal à justifier une telle décote. « Leurs arguments seront d'autant plus délicats à faire passer que ces valorisations n'intègrent pas les apports du GAP (Groupement d'actionnaires partenaires) en termes de chiffre d'affaires, de profits ; en résumé, de valeur actionnariale », souligne un banquier d'affaires. A suivre.... Graphique : Cotation à Paris en euros depuis 1994 CA 98 : 6,7 Mds E (43,9 MdsF) BNPA 99/2000 (e) : 2,1/2,5 E (13,8/16,4 F) Résultat net 98 : 165 M E ( 1 MdF) PER 99/2000 (e) : 16,4/14 Capit. (au 2.6) : 986 M E (6 468,2 MF) Dividende 98 : 0 Capitalisation/Chiffre d'affaires 98 : 0,14 Rendement net : 0 Nombre de titres échangés : 43 346 par jour, en moyenne. Graphique : Un capital éclaté. La composition de GAP laisse présager la constitution future d'un pôle Crédit agricole-Crédit lyonnais Les détenteurs actuels de CI qui n'auraient pas suivi nos conseils de vente autour de 38 euros peuvent encore les céder aux cours actuels |
Jannick Alimi |
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