Archives
| coflexip stena offshore Règlement mensuel - code sicovam 13064 Des lendemains... |
| La Vie Financière N°2841 / Samedi 20 Novembre 1999 / Catégorie : |
Les résultats du troisième trimestre ont été bons. Mais la perspective d'un recul de 10 % de l'activité l'an prochain a fait l'effet d'une douche froide. |
VALEURS FRANÇAISES |
|
L'alerte a été chaude. Alors que l'action Coflexip a ouvert la séance mercredi 17 novembre sur un plongeon de 9,9 %, le recul s'est limité à 2,1 % à la clôture, à 79,50 euros. Cette valeur parapétrolière française a sans doute été partiellement « sauvée » en fin de séance par la forte hausse (+ 4 %) de ses homologues américains. Ce qui démontre la très forte volatilité de Coflexip, qui évolue entre 65 et 85 euros. Ainsi que sa sous-performance, puisque le titre a perdu en trois mois 11,2 %, alors que l'indice des valeurs parapétrolières américaines est resté stable. « L'activité de notre industrie en 2000 pourrait se situer en retrait d'environ 10 % par rapport à celle de 1999. » Même si cette première indication a été donnée par les dirigeants de Coflexip comme une tendance pour l'ensemble de l'industrie parapétrolière, elle a mis le feu aux poudres et poussé plusieurs bureaux (SG, Indosuez Cheuvreux, KBC) à dégrader la valeur. Auparavant, la majorité des analystes financiers anticipait une croissance de 10 à 15 % des bénéfices du leader mondial de l'offshore pétrolier et, au pis, une stabilité de ses ventes. L'activité devrait être particulièrement déprimée au cours du premier semestre 2000. Aucune grande commande de liaisons flexibles reliant les gisements d'hydrocarbures aux plates-formes pétrolières n'est attendue avant le printemps prochain. En outre, après être restés stables cette année, les investissements pour développer les champs pétroliers et gaziers devraient baisser de 30 % l'année prochaine en Norvège. Aussi les analystes s'attendent maintenant à un recul d'environ 10 % des résultats de Coflexip l'année prochaine, avant un rebond en 2001. Car le spécialiste des services et équipements offshore souffre de coûts fixes élevés. La déconvenue est d'autant plus grande que Coflexip Stena Offshore (CSO) a fait preuve jusqu'ici d'une remarquable résistance dans un environnement déprimé. Malgré une baisse de 13 % du chiffre d'affaires au troisième trimestre, le résultat opérationnel n'a reculé que de 15 %, à 45 millions d'euros. Et la marge nette s'est maintenue au-dessus de 10 % de janvier à septembre. En fait, le groupe français doit faire face à plusieurs défis à moyen terme, pour lesquels il semble mal préparé. Certes, sept grosses commandes pourraient être passées en 2000 en Afrique de l'Ouest (représentant un montant de 780 millions d'euros), avec un réveil commercial dans le golfe du Mexique. Mais ces deux zones géographiques sont celles où le groupe français est justement le moins présent ! Prévu de longue date, le projet d'implantation industrielle en Angola, le nouvel eldorado pétrolier du continent noir, a du mal à se concrétiser. Surtout, le « contentieux » sur les règles de paiement des commandes passées par Petrobras, la compagnie pétrolière brésilienne, n'est toujours pas réglé. Ce qui freine les commandes. Même si ce problème trouve rapidement une solution, la filiale brésilienne ne sera certainement plus la « poule aux oeufs d'or ». Pis, la concurrence américaine s'est réveillée et Coflexip commence à perdre certains marchés. Enfin, les dirigeants savent qu'ils doivent faire une acquisition majeure pour sortir de leur niche, désormais moins rentable. Mais les cibles sont rares et chères... Ceux qui ont acheté vers 65 euros (426,40 francs) prendront leurs bénéfices ; les autres rachèteront sur repli vers 70 euros (459,20 francs) |
Philippe Hufschmitt |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




