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au moins 8,7 % de marge opérationnelle en 2005
La Vie Financière N°3151 / Vendredi 28 Octobre 2005 / Catégorie : Bourse

Michelin, un leader mondial qui entend le rester. Face à une conjoncture difficile, son cogérant en charge des finances entend montrer que le groupe dispose d'une belle capacité de résistance. Il a néanmoins déçu la Bourse avec de nouvelles prévisions en légère baisse pour 2005.
 
Michel Rollier
 

Si l'on en juge par l'effondrement du titre en Bourse, le marché n'a pas beaucoup apprécié votre chiffre d'affaires trimestriel.

M.R. Il n'y a là rien de dramatique, même si ce n'est jamais agréable d'observer une dégringolade de la valeur en Bourse. Le chiffre de 3,89 milliards d'euros, en hausse de 4,5 %, est même supérieur aux attentes des analystes. La déception porte sans doute sur une anticipation un peu moins bonne du quatrième trimestre. Par ailleurs, les récentes révisions à la baisse des résultats de deux acteurs du secteur, Cooper Tire et Nokian Tire, ont peut-être accentué la réaction négative du marché à notre égard.

Quelles sont désormais vos prévisions ?

On constate une baisse du marché des pneumatiques de remplacement pour poids lourds en Europe. Cette zone connaît actuellement une phase de morosité. C'est un segment important, avec des produits hautement technologiques, donc à forte valeur ajoutée. Le marché du remplacement pour véhicules de tourisme en Amérique du Nord, qui représente de gros volumes, ne se montre pas non plus très dynamique. Ainsi, nous revenons aux prévisions que nous avions établies en mars et légèrement relevées en juillet. Désormais, nous attendons une marge opérationnelle au moins égale à celle de 2004 à savoir 8,7 %.

Par quoi êtes-vous les plus gêné : par l'évolution des taux de changes ou celle du prix des matières premières ?

Sans hésitation par les prix des matières premières. Le mouvement de hausse est extrêmement violent et il continue. Il est proche de 14 % d'une année à l'autre. La progression du second semestre 2005 est de 8 %, ce qui confirme la tendance du premier semestre. Heureusement, nous arrivons à répercuter cette augmentation du coût de nos approvisionnements sur nos prix de vente. Une partie du choc provoqué par cette hausse est également absorbée par les gains de productivité. En 2004, nos frais généraux ont baissé de 1 % par rapport au chiffre d'affaires. Il en a été de même au premier semestre 2005.

Votre programme d'investissements est ambitieux, notamment dans les pays émergents. Allez-vous délocaliser vers les pays à bas coûts ?

Nous ne délocaliserons pas. Mais il n'y aura clairement pas de nouvelles constructions d'usines dans les pays occidentaux. Sur 1,3 milliard d'euros que nous prévoyons d'investir par an en 2005, 2006 et 2007, un peu moins de la moitié sera consacrée à des extensions de sites ou à des créations d'usines dans les pays à forte croissance : Russie, Hongrie, Roumanie, Chine, Thaïlande. Quant aux investissements destinés à nos sites industriels dans l'Ouest, ils sont essentiellement liés à l'amélioration de la production, de la maintenance et à l'évolution du produit.

Vous semblez échapper aux grandes difficultés auxquelles sont confrontés certains équipementiers, surtout américains.

Ne confondons pas les pneumaticiens et les autres équipementiers. Nous avons une chance avec notre produit, c'est qu'il s'use ! Cette différence fondamentale conduit à ce que l'activité du remplacement représente près de 80 % de notre chiffre d'affaires. Nous sommes donc moins dépendants de la première monte, comme nous l'avons montré dans un passé récent sur certains contrats. Ainsi, lorsque, en 2002, nous n'avons pas renouvelé le contrat de General Motors Europe, ce fut une décision largement mûrie, destinée à préserver nos niveaux de prix. Peu d'équipementiers peuvent en faire autant !

Avec les limitations de vitesse de plus en plus draconiennes, le pneumatique haut de gamme de Michelin n'est-il pas moins indispensable à l'automobiliste ?

Nous ne croyons pas à la banalisation du pneumatique. Un pneu est un produit technologique. Les contraintes liées à la sécurité, à l'environnement, au bruit nous obligent à l'améliorer de façon constante. Rappelons que 40 % de la consommation de carburant des poids lourds sont liés à la résistance au roulement. Il nous faut ainsi proposer des pneumatiques qui limitent la résistance tout en préservant l'adhérence. Même chose pour le bruit, dont la principale source demeure le roulement du véhicule.

Indépendamment de la présentation élogieuse que vous nous faites de Michelin, l'actionnaire a du mal à gagner de l'argent avec vous. Depuis janvier, le titre a perdu 2 % alors que le CAC en a gagné 15. Et vous êtes toujours en deçà de vos plus hauts de mi-1998 !

Il y a plusieurs explications à notre faible valorisation. Tout d'abord, nous sommes trop souvent assimilés à un équipementier automobile dont l'image auprès de la communauté financière n'est pas toujours estimée à sa juste valeur. Le marché oublie que nous réalisons une marge opérationnelle comprise entre 8 et 9 % et que nous visons 10 % en moyenne de cycle. Ce qui nous situe dans la fourchette haute de l'industrie automobile. Ensuite, il faut reconnaître qu'il y a aujourd'hui une obsession du cash-flow. Le nôtre, au premier semestre, n'a pas été bon pour des raisons saisonnières, qui seront corrigées au second semestre, mais aussi du fait de notre politique d'investissement forte, clé de la réussite à venir. En fin d'année, notre cash-flow devrait être proche de zéro


Bourrasque sur l'action

Michelin reste Michelin. Une belle aventure industrielle, une fierté nationale, mais qui peine toujours à satisfaire ses actionnaires en dépit d'une hausse de son dividende. Face à l'adversité, marquée par une conjoncture difficile et une concurrence acerbe, la firme fait preuve d'une bonne résistance. Mais les investisseurs aiment bien voir la marge opérationnelle progresser et le cash-flow abonder. N'ayant ni l'un ni l'autre à offrir, la valeur a été maltraitée en Bourse en dépit d'une hausse de 4,5 % du chiffre d'affaires au troisième trimestre, qui reflète la hausse de prix chez les détaillants. Il s'engage par ailleurs sur une marge opérationnelle d'au moins 8,7 % en 2005

Michelin en chiffres

Rentabilité solide

9,2 %

C'est la marge opérationnelle de l'entreprise au premier semestre 2005. Le groupe prévoit une marge opérationnelle pour l'ensemble de 2005 d'au moins 8,7 %.

Cash-flow en berne

- 510 MEuro(s)

Tel ressort le cash-flow libre qui est négatif, compte tenu de facteurs saisonniers davantage marqués que les années précédentes. Il connaîtra une correction significative au second semestre.

Matières premières

+ 14 %

C'est la hausse du prix des matières premières observée sur douze mois, en glissement annuel.

Un leader mondial

127 000

C'est le nombre de salariés que Michelin, premier fabricant mondial, emploie dans le monde.

Propos recueillis par Michel Blanchot
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%