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| La Vie Financière N°2833 / Samedi 25 Septembre 1999 / Catégorie : |
L'action Aérospatiale-Matra a été sanctionnée après la publication d'un résultat semestriel désastreux. Elle a entraîné dans sa chute le groupe Lagardère. |
VALEURS FRANÇAISES |
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rès de 10 % de baisse en trois jours pour Aérospatiale-Matra qui, à 19,90 euros, se rapproche de son cours d'introduction. Dans la foulée, Lagardère (premier actionnaire privé avec 33 % du capital) a cédé plus de 6 %. La fuite dévoilant les résultats semestriels désastreux d'Aérospatiale un jour avant leur publication officielle a coûté cher aux deux partenaires. Le géant français de l'aéronautique et de la défense, introduit au règlement mensuel en juin dernier, a enregistré une perte nette, part du groupe, de 104,7 millions d'euros (687 millions de francs) au cours des six premiers mois de l'année, contre un bénéfice de 285 millions d'euros au premier semestre. Une contre-performance qui s'explique par une provision exceptionnelle de 400 millions d'euros destinée à renforcer la couverture de change. Le chiffre est supérieur de près de 100 millions à ce qui avait été annoncé lors de l'offre publique de vente en juin dernier. S'y ajoute, en outre, une autre provision non prévue de 46,5 millions pour coût de fusion. Plus préoccupant, le groupe enregistre un recul de son résultat d'exploitation de 41 %, à 129 millions d'euros, dû essentiellement à la faiblesse de l'activité défense et satellites. Dassault Aviation (contrô-lée à hauteur de 45,76 %) et les ventes de missiles ont beaucoup souffert de la fin des grands contrats avec Taïwan, l'an dernier. La communauté financière s'attendait à ces mauvaises nouvelles. Mais elle estime que les provisions pour couverture de change auraient dû être annoncées lors de l'introduction en Bourse. D'où le mouvement de mauvaise humeur du marché. L'action Lagardère, quant à elle, a fait du yo-yo. Avant de chuter lourdement, elle avait atteint un de ses plus hauts de l'année, à 43,70 euros. Le marché spécule toujours sur une cession des 33 % détenus par la société de Jean-Luc Lagardère dans Aérospatiale-Matra et sur un recentrage sur les médias (voir La VF du 11 septembre). Une thèse démentie par la direction du groupe : « Ce qui compte pour nous, c'est le contrôle opérationnel d'Aérospatiale. Si nous le conservons, une éventuelle dilution de notre participation est envisageable. » Les mauvais résultats d'Aérospatiale, en revanche, n'ont eu aucun impact sur les comptes. Les équipes Lagardère ont obtenu lors des négociations avec l'Etat que les éléments exceptionnels liés à la couverture de change soient intégrés dans la valorisation d'Aérospatiale pour déterminer les pari-tés de fusion. Mais la société de Jean-Luc Lagardère subit la baisse de régime dans les ventes de missiles et de satellites. Les comptes semestriels, publiés le 22 septembre, montrent un recul de 21,5 % du résultat d'exploitation, à 193 millions d'euros. Au second semestre, les choses devraient s'améliorer, mais l'exercice en cours est d'ores et déjà sacrifié par la faiblesse de l'activité dans la défense. Le résultat d'exploitation d'Aérospatiale devrait ainsi reculer de près de 30 %, aux alentours de 350 millions d'euros. Son résultat net sera légèrement positif. Quant au groupe Lagardère, il connaîtra aussi une baisse de son résultat d'exploitation en 1999 et son bénéfice net, au mieux, stagnera par rapport à l'an dernier. FAIBLE PART DU CAPITAL EN BOURSE Le tour de table pourrait se modifier largement avec l'entrée d'un groupe de défense au détriment de la participation de l'Etat. Les perspectives s'annoncent, en revanche, meilleures pour l'an prochain, surtout pour Aérospatiale. A fin juin, son carnet de commandes était en hausse par rapport à l'an dernier, à 36,1 milliards d'euros. Et la direction a confirmé son objectif de doublement de la marge opérationnelle, qui devrait atteindre 8 % en 2003. Surtout, l'action pourrait profiter des restructurations qui s'annoncent dans l'industrie européenne de la défense. La première étape sera peut-être le mariage de sa filiale Matra Bae Dynamics avec Alenia Marconi pour créer un pôle missilier européen unique. Autre mouvement attendu, la montée en puissance d'Aérospatiale dans le capital de Dassault Aviation. Le géant français pourrait aussi profiter de la privatisation prochaine de Finmeccanica pour mettre la main sur sa filiale aéronautique Alenia. Nous parions donc sur un rebond d'Aérospatiale Matra, car Lagardère affiche toujours une décote liée à son statut de holding et au manque de visibilité dans son activité média Graphiques : Les semestriels font plonger les deux titres LAGARDERE : BNPA 99/2000 (e) :2/2,34 E (13,12/15,35 F) PER 99/2000 (e) : 20,1/17,2 Capitalisation/Chiffre d'affaires 98 : 0,45 AEROSPATIALE-MATRA : BNPA 99/2000 (e) : 0,30/0,92 E (1,97/6,03 F) PER 99/2000 (e) : 67/22 Capitalisation/Chiffre d'affaires 98 : 0,7 Lagardère : Ceux qui n'ont pas pris une partie de leurs bénéfices à 43 euros conserveront Aérospatiale-Matra : Profiter de la baisse pour renforcer ses positions à moins de 20 euros |
Pierre-Yves Lepeltier |
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