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| Zoom sur l'actionnariat salarié |
| La Vie Financière N°3178 / Vendredi 05 Mai 2006 / Catégorie : Dossier |
Les plans de souscription se multiplient dans les grandes sociétés cotées. Pilule anti-OPA, allié fidèle... le salarié
actionnaire, souvent mis à contribution pour défendre son entreprise, a plutôt globalement intérêt à souscrire. |
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Hormis pour quelques employés de France Télécom ou de Vivendi qui ont subi des pertes en souscrivant en 2000 à des plans d'actionnariat à des prix jamais retrouvés, les gains de l'actionnariat salarié réservent plutôt de bonnes surprises à ceux qui ont su profiter des replis boursiers. « Chez Vivendi, les salariés perdants sont ceux qui ont quitté le groupe et n'ont pu souscrire aux plans suivants », assure Dominique Welcome, responsable de l'épargne salariale. A 534 points, l'indice de l'actionnariat salarié, qui reflète le cours de trente-six entreprises engagées *, donne une idée des profits réalisés. Il a grimpé de 113 % en trois ans. Les gains vont souvent bien au-delà lorsque les plans de souscription prévoient la possibilité d'une décote de 20 % sur le prix d'achat des actions et que l'employeur accompagne la souscription d'un abondement allant jusqu'à 4 600 euros par an. Mais il faut avoir les nerfs solides lorsque les actions baissent car, contrairement à un compte titres, le plan d'épargne entreprise est bloqué cinq ans. Les actions souscrites dans ce cadre sont toutefois exonérées d'impôt sur les plus-values (hors prélèvements sociaux). Pour éviter de nouvelles périodes de déprime, les directions des ressources humaines proposent aux salariés des plans à effet de levier permettant d'investir un dixième seulement des actions attribuées, avec une espérance de gain décuplée si la hausse est très forte, bien moindre si les actions progressent peu, mais surtout une très faible probabilité de pertes. Selon Jean-Baptiste Segard, directeur de l'épargne salariale à la Société générale, « il faut que le cours de l'action s'effondre de plus de 70 % pour que le salarié commence à perdre de l'argent ». Mais tout le monde n'est pas gagnant. Il faut émettre beaucoup plus de capital pour le même résultat, ce qui entraîne forcément une dilution pour les autres actionnaires * Entreprises du SBF 120 avec plus de 3 % du capital aux mains de plus de 50 % des salariés. Avec cette épargne, j'ai acheté
un cinq-pièces à Paris « Entré en 1998 à la Société générale, j'ai toujours investi mon intéressement et ma participation en souscrivant aux plans d'actionnariat salariés, et j'ai parfois complété avec mon épargne personnelle. Les premiers titres, je les ai achetés au-dessous de 30 euros, y compris la décote de 20 % ; or l'action vaut 4 fois plus aujourd'hui ! Cela dit, j'ai largement utilisé au fil du temps les possibilités de déblocage anticipé. En 2000, avec mon épouse, nous avons trouvé un cinq-pièces qui nous plaisait à Paris. Cette épargne salariale a constitué un cinquième de notre apport personnel, soit environ 25 000 euros, ou encore 1,5 fois la somme placée initialement. » Une vraie prise de risque Les actionnaires salariés sont des actionnaires comme les autres. En 2002-2003, certains ont bu le bouillon. Ils peuvent voter soit individuellement et assistent à l'assemblée générale, soit collectivement et pèsent davantage sur les décisions. En cas d'OPA, se présenter avec 5 % en une seule main laisse place à la discussion. On peut bloquer l'offre publique de retrait obligatoire, qui met un point final à la fusion. Mais attention, les actionnaires salariés doivent pouvoir élire leurs mandataires, qui ne sont ni les représentants des salariés, ni ceux de la direction de l'entreprise ; or c'est trop rarement le cas. * Fédération française des associations d'actionnaires salariés et d'anciens salariés. |
M.-J. P. |
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