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| Yves-René Nanot, président-directeur général |
| La Vie Financière N°3167 / Vendredi 17 Février 2006 / Catégorie : Bourse |
Après une excellente année 2005,
marquée par le renforcement du groupe cimentier en Egypte, le président compte
plus que jamais sur son développement dans les pays émergents. |
Ciments Français |
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Lors de la publication de votre chiffre d'affaires, vous avez confirmé vos objectifs de résultats. Pourriez-vous préciser ce que vous entendez par « amélioration sensible » ? Y.-R. N. En 2005, nous avons profité de la bonne tenue de nos différents marchés et des acquisitions de Suez Cement et d'Asec Cement en Egypte. Ces deux filiales n'ont été que partiellement consolidées en 2005. Malgré cela, leur contribution à l'activité est significative : 245 millions d'euros, soit 8 points de croissance supplémentaire. Notre chiffre d'affaires a bondi de 17,5 %, à 3,6 milliards d'euros. En ce qui concerne nos résultats, nous avons confirmé ce que nous avions dit lors de la publication des comptes au troisième trimestre, à savoir que l'accroissement de notre périmètre en Egypte nous permettait d'anticiper une amélioration sensible de nos bénéfices, lesquels seront publiés le 8 mars. L'effet positif des acquisitions ne cache- t-il pas l'effet négatif de la hausse des prix de l'énergie et des transports, l'une des principales craintes du marché début 2005 ? Pas du tout ! Bien sûr, nous avons connu, comme l'ensemble des acteurs du secteur, des hausses de prix significatives tant dans l'énergie que dans le transport. Mais nous avons globalement réussi à les répercuter sur nos prix de vente. Vous avez également indiqué que les ventes aux Etats-Unis avaient connu un certain tassement fin 2005. Faut-il y voir un retournement de tendance ? Le fléchissement est lié aux conditions climatiques et à quelques petits problèmes de production ; les perspectives restent bonnes. Pour preuve, les prix de vente de la tonne de ciment ont continué à augmenter aux Etats-Unis en 2005 et sont bien orientés (à quasiment 100 dollars). Votre objectif - détenir 50 % de vos capacités de production dans les pays émergents - est-il aujourd'hui atteint ? Nous l'avons dépassé, grâce aux acquisitions en Egypte. La capacité totale du groupe est désormais de 55 millions de tonnes. Les 12 millions de tonnes de Suez Cement et d'Asec Cement nous ont permis de faire un bond en avant significatif. Nous sommes présents également au Maroc, en Turquie, en Thaïlande et en Inde. Nous avons privilégié notre implantation sur ces marchés car ils affichent des taux de croissance bien supérieurs à ceux des pays développés. Pour ne prendre que l'exemple de l'Egypte, les volumes ont fortement augmenté en 2005 mais également les prix de vente, qui se situent aujourd'hui à environ 50 dollars la tonne de ciment ! L'Egypte est même désormais notre premier territoire en matière de capacité. Outre une belle croissance, les taux de marge y sont élevés compte tenu de coûts nettement moins importants. En année pleine, l'Egypte contribuera à hauteur d'environ 450 millions d'euros au chiffre d'affaires et de 200 millions à l'excédent brut d'exploitation. Le marché vous attend désormais en Inde. Pensez-vous annoncer une acquisition cette année ? Il n'y a pas d'opération d'envergure attendue à court terme. Nous restons très attentifs au marché indien, sur lequel nous sommes déjà implantés par le biais d'un joint-venture avec un partenaire local et une capacité de 3 millions de tonnes. Nous voulons y consolider nos positions. Mais, avec un prix de vente inférieur à 30 dollars la tonne, c'est un marché encore peu rentable, même si les taux de croissance sont parmi les plus élevés du monde. La Chine est également l'un des marchés les plus porteurs. Nous y avons un bureau de représentation depuis dix ans. Malgré un fort potentiel, la rentabilité reste à démontrer. Dans ces conditions, nous privilégierions une alliance avec un acteur local pour initier notre implantation. Avez-vous définitivement abandonné vos ambitions d'expansion en Turquie ? Non, mais il reste aujourd'hui peu de dossiers intéressants. Les dix usines héritées de l'ex-groupe Uzan ont été vendues à des prix excessifs. Nous avons préféré nous abstenir. Aujourd'hui, nous privilégions notre développement dans ce pays par le biais de la croissance interne. Quelle est votre capacité de financement ? Malgré les acquisitions en Egypte, notre capacité d'investissement reste intacte. Notre endettement net au 30 septembre 2005 s'élevait à 1,885 milliard d'euros, soit un ratio d'endettement sur fonds propres, tout à fait correct, de 67 %. Ce chiffre sera réduit à fin 2005. Nous avons donc une bonne marge de manoeuvre, d'autant que notre capacité d'autofinancement reste élevée et devrait s'accroître de façon significative. Lafarge vient de lancer une OPA sur sa filiale américaine Lafarge North America. Cela pourrait-il donner des idées à votre maison mère Italcementi, qui détient 75,9 % de Ciments français ? La situation de Lafarge n'est pas comparable à celle d'Italcementi. Il s'agit pour eux d'une réorganisation opérationnelle, ce qui n'est pas le cas chez nous, ce d'autant qu'Italcementi privilégie son développement sur les marchés émergents et préfère y consacrer ses ressources financières Cap sur les pays émergents Bras armé à l'international de sa maison mère Italcementi, Ciments français réalise une grande partie de ses ventes dans les pays émergents (60 % de sa capacité de production selon les analystes), où les perspectives de croissance sont plus fortes que dans les pays développés et les marges plus élevées. En 2005, il a ainsi renforcé sa présence en Egypte, l'un des principaux marchés méditerranéens, en acquérant les sociétés Suez Cement et Asec Cement. La nette amélioration des résultats estimés pour 2005 montre que cette stratégie est judicieuse. Et en un an, le titre a presque doublé Ciments français en chiffres Ratio d'endettement 67 % L'endettement net rapporté aux fonds propres à fin septembre 2005 (après l'acquisition d'Asec Cement) reste raisonnable. Grâce à sa capacité d'autofinancement annuelle (572 millions d'euros en 2004), d'autres acquisitions dans les pays émergents sont permises. Capacité de production 55 millions de tonnes C'est la capacité de production de ciment du groupe français. Les acquisitions en Egypte lui ont permis de dépasser son objectif de 50 % de la capacité de production sur les marchés émergents. Progression 58 % Telle est la hausse du titre depuis un an. Du coup, la décote qui affectait traditionnellement l'action par rapport à ses concurrents a disparu. |
Propos recueillis par Xavier Diaz |
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