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| Wall Street : la Bourse après les élections |
| La Vie Financière N°2891 / Samedi 04 Novembre 2000 / Catégorie : |
Pour la première fois depuis 1990, le marché américain devrait terminer l'année dans le rouge. Une contre-performance qui ne doit pas faire oublier que la croissance américaine reste soutenue. L'élection du 7 novembre pourrait donner le signal du rebond. La VF a recueilli les conseils des gérants de Wall Street. |
À LA UNE |
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Quinquagénaire accro à la Bourse, Paul Eaton tapote nerveusement sur le clavier de son ordinateur branché sur le Nasdaq, marché américain des valeurs technologiques. Quelques secondes plus tard, un message écrit lui confirme la cession de ses titres Microsoft. Bilan de la transaction: une moins-value de 250dollars. « Je n'y comprends plus rien, admet, dépité, ce New-Yorkais installé à deux pas de Wall Street. De bons chiffres n'entraînent plus forcément une hausse des cours. Et inversement, de mauvais chiffres, une baisse. Résultat, mes plus-values équilibrent à peine mes moins-values. » L'hiver dernier, cet homme gagnait 1 500 dollars par jour en spéculant sur les valeurs Internet. Comme Paul Eaton, des milliers de day traders américains, ces particuliers qui jouent en Bourse toute la journée comme des professionnels, traversent une période difficile. Au pied de l'immeuble qui abrite l'une des plus importantes salles de day trading de Manhattan (plusieurs centaines d'ordinateurs sur trois niveaux), une dizaine de spéculateurs fument une cigarette avant de remonter se livrer à leur passe-temps favori. Tous reconnaissent perdre de l'argent. La machine à fabriquer des milliards de dollars s'est enrayée le 10 mars dernier. Ce jour-là, le Nasdaq perd près de 3 % et entraîne dans sa chute l'ensemble des places occidentales. Ainsi, depuis le début de l'année, le Dow Jones recule de 6,6 % et le Nasdaq Composite, de 22,1 %. Pour une fois, les marchés européens font mieux. L'Euro Stoxx 50 progresse de 2 %. Seule bonne nouvelle pour les investisseurs français, la hausse du dollar, qui limite les pertes exprimées en francs sur les blue chips de Wall Street. Le 7 novembre, les Américains voteront pour un nouveau Congrès (sénateurs et députés) ainsi que pour les « grands électeurs » qui désigneront le président. Cet événement peut-il jouer le rôle d'électrochoc et remettre les actions sur la voie de la hausse ? Beaucoup l'espèrent, mais peu osent le croire. Guy Wyser-Pratte, connu pour ses raids de ce côté-ci de l'Atlantique (sur Siparex, André, Taittinger...), se livre au petit jeu des pronostics : « Le républicain Bush avec un Congrès démocrate, c'est 5 % de hausse ; le démocrate Gore avec un Congrès républicain, 5 % de baisse ; et Bush et Gore avec une majorité au Congrès, 10 % de baisse. » Bref, pour la première fois depuis 1990, Wall Street risque de terminer l'année dans le rouge, malgré un rebond anticipé pour novembre et/ou décembre par la plupart des gestionnaires. Cette piètre performance est mal ressentie. D'autant que l'année de l'élection présidentielle est généralement excellente pour les marchés, avec une hausse moyenne de 10 % depuis 1946, selon l'institut de recherche new-yorkais ISI Group. Les particuliers, pas plus que les professionnels, ne paniquent pour autant. Le rebond à la mi-octobre, dans des volumes importants, d'Intel, de Cisco et surtout de Microsoft, donné pour mort il y a quelques semaines, le montre bien. Autre signe qui ne trompe pas : quelque 15 milliards de dollars continuent de s'investir tous les mois dans les fonds actions américains. Le risque d'illiquidité est d'autant plus faible que 900 milliards de dollars dorment dans des placements monétaires. « Une somme considérable dont une partie a vocation à s'investir en Bourse », affirme Bernard Damond, gérant d'Union Amérique (CIC), l'une des meilleures sicav spécialisées commercialisées en France. Aux Etats-Unis, la Bourse est le placement roi. Un Américain sur deux possède des actions. Et il n'est pas exceptionnel de regarder la chaîne d'information financière CNBC au petit déjeuner. Des gains de productivité sans précédent Le dynamisme de l'économie américaine rassure les actionnaires. Tirée par une hausse de 1 % par an de la population active et, surtout, par des gains de productivité sans précédent de 4 % par an, la croissance du PIB devrait atteindre 5 % en 2000 et 3,5 % en 2001. « Tous nos marchés demeurent très dynamiques, affirme Chris Richardson, directeur général de la division Amérique du Nord chez Schneider Electric. A périmètre et taux de change constants, notre chiffre d'affaires devrait croître de 10 % environ. » C'est, bien sûr, le secteur technologique qui mène la danse. La production d'ordinateurs, de semi-conducteurs et d'équipements télécoms progresse de 30 % par an. Et les bénéfices suivent. Selon Merrill Lynch, les entreprises de l'indice S&P 500 devraient enregistrer une hausse moyenne de leur résultat net de 16 % en 2000 et de 10 % en 2001. Les menaces qui pèsent sur les marchés sont nombreuses, mais les professionnels ne sont pas vraiment inquiets. Sans doute parce que les dangers sont clairement identifiés. La situation au Proche-Orient est suivie de très près, comme les tensions entre la Chine et Taïwan. Par ailleurs, même si le scénario de l'atterrissage en douceur ( soft landing) de l'économie américaine prévaut, un atterrissage en force ( hard landing) ne peut être totalement exclu. James F. O'Sullivan, économiste chez JP Morgan, estime le risque entre 25 et 30 %. United Technologies, BAE Systems, Lockheed Martin... Mais le grand épouvantail, c'est bien sûr l'inflation (3,5 % prévus cette année, 2,7 % en 1999). Pour l'instant, elle est sous contrôle mais, si le prix du pétrole et des matières premières continue de grimper, il pourrait très vite en être autrement. « On retrouve une situation normale, poursuit James F. O'Sullivan. Une croissance économique de 8 %, comme ce que nous avons connu ponctuellement l'an dernier, était insoutenable à long terme. » Même son de cloche du côté des marchés. « La correction de Wall Street est saine, insiste Richard Royce, spécialiste des valeurs techno chez Chase Fleming Asset Management. Nous payons les excès de l'hiver dernier. » Quelle stratégie d'investissement adopter dans un tel environnement ? Quel que soit le nom du futur président, les valeurs d'armement devraient « surperformer » le marché. Bush et Gore n'ont pas la même conception du rôle des armées (le premier est beaucoup plus isolationniste que le second), mais ils sont tous les deux d'accord pour augmenter sensiblement les achats de chars, de tanks et autres bateaux de guerre. Et le Congrès devrait les suivre car de nouvelles menaces voient le jour, notamment du côté de la Corée du Nord et de l'Iran, deux pays qui pourraient bientôt disposer de la technologie nécessaire pour frapper les Etats-Unis à partir de leur territoire. Qui plus est, le budget de la Défense a été raboté d'un tiers depuis la fin des années 80. Les analystes prévoient une hausse des dépenses militaires de 7 à 10 % par an. Très bien gérée et offrant un excellent retour sur investissement, General Dynamics est l'une des valeurs les plus prometteuses du secteur. Goldman Sachs recommande également United Technologies, BAE Systems et Lockheed Martin. Autre dossier consensuel : les nouvelles technologies. Ni Bush ni Gore n'entendent réguler le Net. L'e-commerce continuera donc à être exonéré de TVA. Toutefois, selon le résultat du scrutin, toutes les valeurs ne seront pas logées à la même enseigne. Si la Maison-Blanche revient aux Républicains, la loi antitrust a toutes les chances d'être appliquée avec un peu moins de sévérité. Et Microsoft en sera le premier bénéficiaire. A l'inverse, si les démocrates l'emportent, mieux vaut jouer les rivaux de Bill Gates : Sun Microsystems dans les serveurs et les réseaux ouverts, EMC dans le stockage de données et Verity dans la sécurité informatique. Dans les autres compartiments de la cote, les valeurs à jouer dépendent aussi du nom du futur président, sachant que Bush reste le candidat préféré des milieux d'affaires. Leur générosité à son égard en témoigne. La construction lui a signé un chèque de 3,7 milliards de dollars pour sa campagne électorale, alors que son adversaire n'a reçu que 1 milliard, selon les chiffres de l'organisme indépendant Center for Responsive Politics. L'industrie pétrolière détient la palme de l'inégalité : 280 000 dollars pour Gore, 2,6 milliards pour Bush. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on connaît les liens qui unissent depuis des décennies les rois de l'or noir et la famille du gouverneur du Texas. Jouer Exxon Mobil, Texaco ou Chevron peut donc se révéler une bonne affaire en cas de succès de Bush, mais une victoire d'Al Gore ne serait pas pour autant une catastrophe. La santé très sensible à l'issue du scrutin Le secteur de la santé possède aussi un potentiel de hausse significatif en cas de victoire républicaine. D'inspiration libérale, le programme de Bush prévoit la distribution de subventions aux personnes âgées défavorisées afin de leur donner les moyens de se soigner dans le secteur privé. Pour les sociétés de soins, telle Cigna, une telle proposition est pain bénit. Idem pour les laboratoires pharmaceutiques. JP Morgan prévoit d'ailleurs une hausse de 10 à 20 % des valeurs du secteur si Bush l'emporte. Et recommande, dans l'ordre, Pfizer, Eli Lilly et Schering-Plough. Avec Bush comme président, on peut également jouer les valeurs tabac. Les gérants de Wall Street sont persuadés qu'il mettra fin aux poursuites du ministère de la Justice contre les fabricants de cigarettes. Bush favoriserait par ailleurs le règlement des poursuites civiles contre l'industrie du tabac en nommant à la Cour suprême des juges favorables à un tel dénouement. Dans les études des analystes, les activités américaines de Philip Morris, Loews Corporation et RJ Reynolds sont considérées comme n'ayant aucune valeur. Mais en cas de victoire du gouverneur du Texas, « cela pourrait changer rapidement », affirme Goldman Sachs, qui prédit une hausse de 25 à 50 % des valeurs du secteur si les Républicains l'emportent. Philip Morris, fortement décoté, est clairement le titre à privilégier. Loews Corporation arrive en deuxième. Si Bush est le candidat des lobbies, Gore possède aussi de sérieux relais dans l'industrie et la finance. Selon le Wall Street Journal, il a le soutien de James Dimon (Bank One), de Richard Fuld (Lehman Brothers Holding) et de Steven Rattner (Quadrang - le Group). Ces gourous de Wall Street estiment que la réduction d'impôt proposée par Bush (1 300 milliards de dollars d'ici à 2010) est plus inflationniste que l'accroissement des dépenses publiques (795 milliards de dollars en dixans, selon Goldman Sachs) prôné par son adversaire. Une victoire démocrate permettrait donc à la Réserve fédérale de baisser plus rapidement ses taux, ce qui serait une bonne nouvelle pour les banques. Dans cette perspective, JP Morgan recommande Citigroup, Bank of America et Fir-star. Les investisseurs peu désireux de prendre des risques peuvent également se positionner sur Wells Fargo, Fifth Third et Cullen/Frost, des valeurs qui, historiquement, se comportent bien en période de fortes turbulences. Environnement et éducation, priorités des démocrates Autre concept d'investissement, la protection de l'environnement occupe une place de choix dans le programme d'Al Gore. Subventions en faveur des énergies renouvelables, coup de pouce fiscal en faveur de la voiture hybride (gaz et électricité) sont autant de bonnes nouvelles pour des sociétés comme Cadiz et Ballard Power Systems. Mais l'impact de ces mesures sur leurs bénéfices sera, sauf exception, limité. D'un point de vue boursier, il est plus intéressant de jouer les valeurs liées à l'éducation, autre cheval de bataille du vice-président. Son programme comprend toute une batterie de réductions et de crédits d'impôt afin, d'une part, d'aider les ménages à financer les études de leurs enfants et, d'autre part, d'encourager les entreprises à développer la formation continue. Les réseaux d'écoles privées comme Career Education en profiteront, tout comme les sociétés spécialisées dans la formation en ligne. Un marché qui explose : 550 millions de dollars en 1998 et 11,4 milliards prévus pour 2003, selon International Data Corporation. Petite valeur au sens américain du terme (une capitalisation boursière de 1,1 milliard de dollars ), Digital Think est l'une des sociétés les plus prometteuses du secteur. Smart Force (2,7 milliards de capitalisation), jusqu'ici spécialisée dans les CD-Rom, est un autre acteur avec lequel il faudra compter. La force de cette entreprise réside dans la richesse de son offre produits. Quel que soit le vainqueur le 7 novembre, il est peu probable que la période 2000-2004 soit aussi fabuleuse pour les marchés que le second mandat de Bill Clinton. Attention aussi à la valeur du dollar, qui pourrait baisser parallèlement au ralentissement de l'économie. Sont-ce des raisons suffisantes pour rester à l'écart de Wall Street ? Non. Le marché américain représente 50 % de la capitalisation boursière mondiale et il offre des placements uniques : Microsoft, Intel ou Yahoo! n'ont pas d'équivalent à l'étranger. Tableau : Les valeurs à jouer dépendent du nom du vainqueur Le marché progresse davantage sous les présidences démocrates (Démocrate) (Républicain) 1929 - 1933 Herbert C. Hoover ( Républicain) Le krach de Wall Street en 1929 débouche sur une terrible dépression. 1933 - 1945 Franklin D. Roosevelt (Démocrate) Le New Deal ( « Nouvelle Donne ») relance la machine économique américaine, mais il ne peut éviter un nouveau krach à Wall Street en 1938. 1945 - 1953 Harry s. Truman (Démocrate) Il surprend par sa sa force de caractère. Forte progression des actions. Le dollar est recherché dans le monde entier. 1953 - 1960 Dwight D. Eisenhower (Républicain) Les Etats-Unis dominent le monde. Forte hausse de la Bourse. 1960 - 1963 John F. Kennedy (Démocrate) Augmentation de 26 % des bénéfices, mais chute de 20 % des actions en 1962. 1963 - 1968 Lyndon B. Johnson (Démocrate) Belle progression du Dow Jones jusqu'en 1966. 1968 - 1974 Richard Nixon (Républicain) Le premier choc pétrolier entraîne l'effondrement de la Bourse. 1974 - 1976 Gerald R. Ford (Républicain) Brève reprise de Wall Wall Street 1975- en 1976, avant un nouvel effondrement en 1977. 1976 - 1980 James E. Carter (Démocrate) Récession. Le Dow Jones est au plus bas. 1980 - 1988 Ronald Reagan (Républicain) Il redonne confiance à l'Amérique. Le déclin industriel est enrayé. Une nouvelle ère de prospérité s'annonce. Les actions progressent fortement. 1988 - 1992 George Bush (Républicain) Les électeurs lui reprochent de ne pas être suffisamment attentif aux problèmes économiques. 1992 - 2000 Bill clinton (Démocrate) Les sociétés américaines n'ont jamais été aussi prospères. Le Dow Jones bondit de 114 % au cours du second mandat. Explosion des valeurs technologiques et apparition des day traders, ces particuliers qui boursicotent toute la journée. 2000 - 2004 Al gore (Démocrate) Il propose d'augmenter les dépenses publiques de 795 milliards de dollars en dix ans. Principaux bénéficiaires : l'environnement, la santé et l'éducation. George W. Bush (Républicain) Adepte d'un Etat minimal, il prévoit une réduction d'impôts de 1 300 milliards de dollars d'ici à 2010. Sa campagne a été financée, en partie, par les industries pharmaceutique et pétrolière. Flamel : la petite « frenchie » qui monte C'est l'histoire d'un laboratoire de recherche en biotechnologie installé dans la région lyonnaise qui fait son trou au Nasdaq. Flamel Technologies conçoit des polymères destinés à encapsuler le principe actif d'un médicament et à le libérer progressivement dans l'organisme. Depuis le début de l'année, le titre a été multiplié par trois. Et certains analystes prédisent déjà une nouvelle progression de 200 %. L'explosion de la biotechnologie, considérée comme l'un des secteurs les plus porteurs pour les années à venir, n'explique pas tout. Flamel a annoncé la signature d'un accord de partenariat avec le danois Novo Nordisk, leader mondial dans le traitement du diabète, pour le développement et la commercialisation du Basulin, une insuline à la durée d'action sensiblement plus longue que celle commercialisée actuellement. Le dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché d'une molécule destinée au traitement de l'herpès génital a, par ailleurs, été déposé auprès de l'Agence européenne du médicament. Et de nouveaux accords de partenariats seraient dans les tuyaux Un entretien avec Jonathan K.L. Simon, Directeur exécutif de Chase Fleming Asset Management « Prudence avec les valeurs techno » Pour ce grand spécialiste de Wall Street, le Dow Jones terminera l'année dans le rouge.l Comment voyez-vous évoluer les actions américaines d'ici à la fin de l'année ? . Le pire est derrière nous, mais il y aura encore des corrections. Les actions qui ont joué le rôle de valeurs refuges ces dernières semaines, comme General Electric ou Oracle, pourraient réserver de mauvaises surprises. Pour la première fois depuis 1990, le marché devrait terminer l'année dans le rouge, malgré un léger rebond en novembre et/ou en décembre. Tirés par les anticipations de baisse des taux par la Banque centrale américaine, des titres comme Wal-Mart ou Gillette devraient être les premiers à rebondir. Les télécoms, particulièrement massacrées, possèdent également un potentiel de hausse à court terme. Le marché suit-il de près l'élection ? . Non. Mais cela n'empêche pas certains secteurs d'être très sensibles aux enjeux politiques. Quand George W. Bush monte dans les sondages, les valeurs tabac et pharmaceutiques gagnent du terrain. L'évolution des marchés actions représente un excellent indicateur des chances de l'un ou de l'autre de remporter le scrutin. Les républicains ont toujours été plus « probusiness » que les démocrates. Or beaucoup de financiers soutiennent Al Gore. Pourquoi ? . L'envolée de la Bourse a permis la constitution de très grosses fortunes. Et il faut croire que certaines personnes ont désormais les moyens de donner dans la philanthropie. Les attaques d'Al Gore contre les profits substantiels de certaines industries doivent de toute façon être relativisées. Pour le marché, il s'agit de pure rhétorique électorale. Même si Al Gore est élu, il ne pourra pas appliquer l'intégralité de son programme car le Sénat, qui restera vraisemblablement républicain, lui mettra des bâtons dans les roues. Quels secteurs jouez-vous ? . A court terme, nous sommes très prudents avec les valeurs techno. Elles ne représentent que 25 % du fonds que je gère en direct (NDLR, FF-Fleming American Fund) alors qu'elles pèsent 30% de l'indice S&P 500. Ce qui ne nous empêche pas d'être très positifs sur certains titres, comme Microsoft par exemple. Nous privilégions les valeurs pharmaceutiques ainsi que les services financiers au travers de grosses banques ou de compagnies d'assurances régionales. Il est encore trop tôt pour jouer les valeurs cycliques. Toutes les mauvaises nouvelles ne sont pas dans les cours. Un entretien avec Thomas G. Kamp, Vice-président d'Alliance Capital « Le marché est sous-valorisé de 10 à 15 % » Récompensé à de multiples reprises pour la qualité de sa gestion, Thomas G. Kamp mise sur les valeurs financières et les technos.l Les marchés vont-ils rapidement rebondir ? . L'indice S&P 500 devrait gagner 5 % d'ici à la fin de l'année pour terminer sur un niveau comparable à celui du début du mois de janvier. Pour 2001, je prévois une progression des actions américaines de l'ordre de 10 %, ce qui correspond à la hausse attendue des bénéfices des entreprises du S&P 500. L'environnement est difficile : la hausse du prix du pétrole agit comme un impôt supplémentaire sur les ménages, la faiblesse de l'euro affecte les comptes des entreprises et la demande de certains produits phares comme les portables est moins dynamique que prévu. Cela dit, la croissance reste forte et, contrairement à ce que l'on entend parfois, elle n'est pas uniquement tirée par le secteur techno. Nous avons aussi des banques, des sociétés de services ainsi que des groupes pharmaceutiques très compétitifs. Aujourd'hui, j'estime le marché sous-valorisé de 10 à 15 %. Quelle est votre stratégie d'investissement ? . Les valeurs techno représentent 36 % du fonds que je gère en direct (NDLR, American Growth fund), alors que leur poids dans l'indice S&P 500 n'est que de 30 %. Si on tient compte de leur taux de croissance faramineux, ces titres ne sont pas si chers. A 55 dollars, Cisco s'échange sur la base de multiples (NDLR, rapport cours sur bénéfice) presque trois fois plus élevés que ceux du marché, mais le taux de croissance de cet équipementier télécoms est cinq à six fois supérieur à la moyenne. Autre valeur qui se situe à un cours d'achat : Intel. Historiquement, il a toujours été intéressant de se positionner sur ce fabricant de puces électroniques quand le titre s'échangeait sur la base de PER comparables à ceux du marché, et c'est le cas actuellement. Nous sommes également surpondérés en valeurs financières. Les banques, dont la rentabilité s'améliore régulièrement, présentent autant de potentiel que les technos il y a quelques années. Nous jouons Citigroup et, dans une moindre mesure, Morgan Stanley. Les utilities (compagnies d'électricité et de téléphonie fixe essentiellement) ne sont pas représentées dans le fonds car le taux de croissance des bénéfices est généralement inférieur au seuil de 12 % par an que nous nous sommes fixé. |
Christian Fontaine |
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