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| Volée de bois vert sur les actions |
| La Vie Financière N°3050 / Vendredi 21 Novembre 2003 / Catégorie : Tendance |
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Avoir raison sans pouvoir exulter, c'est aujourd'hui le lot de ceux qui craignaient un retour de bâton sur les actions. La rechute passagère que nous envisagions avant la fin de l'année, à l'occasion de la mise à jour de notre scénario boursier (voir La VF du 31 octobre), semble être enclenchée. C'est évidemment le retour d'Al-Qaida sur le devant de la scène et l'incapacité désormais flagrante de la Maison-Blanche à construire la paix en Irak qui ont mis le feu aux poudres. Ce qui s'est traduit par un regain de tension sur les cours du pétrole, une fermeté amplifiée de l'once d'or et donc, en toute logique, par un retour de certains investisseurs sur les obligations et un accès de faiblesse des actions (lire page 20). Mais il serait faux de juger la situation sous le seul angle du terrorisme et des tensions géopolitiques. Car des raisons macro-économiques motivent aussi le repli des Bourses occidentales, de - 2 % à Paris jusqu'à - 5 % sur le Nasdaq 100 en cinq jours... ainsi que la lourde chute, à Tokyo, de l'indice Nikkei au-dessous de 10 000 points (- 6 %). Accès de faiblesse du billet vert Les toute dernières données sur l'état de la croissance américaine (demandes hebdomadaires d'allocation chômage, balance commerciale, ventes de détail...) ont en effet déçu. Non qu'elles soient alarmistes, mais elles ont déçu ceux qui avaient conçu l'espoir, après les performances miraculeuses enregistrées au troisième trimestre, que la machine américaine reparte pied au plancher. L'idée que l'économie est dans une phase atypique reste au coeur de notre stratégie. Les cambistes, qui poussent le billet vert à la baisse, en gardent d'ailleurs la mesure, principalement à cause de l'importance problématique des déficits jumeaux américains (commercial et budgétaire). Pour autant, le brusque accès de faiblesse du dollar cette semaine, redescendu à près de 0,83 euro (- 3,3 %), est à mettre à la charge de l'administration américaine. En brandissant une menace protectionniste contre la Chine, en particulier dans le secteur du textile, elle fait craindre l'engagement d'une guerre commerciale. Recours excessif au déficit, instinct guerrier, tendance affirmée au protectionnisme commercial... les vues électoralistes de George W. Bush continuent donc de perturber les marchés financiers. Seule la pharmacie s'en tire bien Dans ce contexte de double crainte quant à la friabilité de la croissance économique occidentale et à la faiblesse structurelle du billet vert, ni les technos ni les valeurs dollar n'ont été à la fête. Pêle-mêle, Thomson, EADS, LVMH, Alcatel et PPR ont ainsi abandonné plus de 5 %. Cependant, le secteur qui s'est distingué est une nouvelle fois celui des sociétés de services informatiques, théâtre de deux courants : d'une part, des données trimestrielles plutôt décevantes (page 22), d'où découlent les baisses prononcées de Cap Gemini, de Groupe Steria et d'Atos Origin ; d'autre part un regain d'intérêt spéculatif, avec l'intention prêtée au groupe américain Computer Sciences de réaliser des acquisitions en France et en Allemagne d'ici à mars 2004, qui a constitué un bon soutien au cours de GFI Informatique. Dans l'automobile, on notera que le marché semble avoir adopté une position long-short entre les deux constructeurs français : acheter Peugeot (+ 0,9 % en cinq jours) et vendre en même temps Renault (- 6,5 %), pour jouer une réduction de l'écart de 24 % qui sépare leurs performances boursières depuis janvier. Et ce bien que le nombre de véhicules vendus en Europe par Renault ait progressé de 0,9 % en octobre, dans un marché quasi stable (- 0,3 %), tandis que celui de PSA s'affichait en baisse de 6,6 %. En fait, seules les valeurs pharmaceutiques sont sorties du lot. En particulier Aventis. La cession d'Aventis Behring au groupe australien CSL pourrait en effet être conclue avant la fin de l'année, selon certaines sources. « Toute annonce de la cession définitive de son activité protéines thérapeutiques par Aventis d'ici à la fin 2003 pourrait jouer le rôle de catalyseur tant attendu par le marché et conduire à une revalorisation du titre », estiment les experts de la Société générale. Comme quoi l'instabilité boursière actuelle reste l'occasion de saisir au vol de bonnes affaires LES 5 PLUS FORTES HAUSSES AVENTIS + 5 % VINCI + 3,4 % VEOLIA ENV. + 2,6 % SANOFI SYNTHÉLABO + 2,4 % TF1 + 1,2 % LES 5 PLUS FORTES BAISSES AGF - 8,4 % CAP GEMINI - 7,8 % THOMSON - 7,1 % RENAULT - 6,5 % LVMH - 6 % |
PASCAL CHEVOLOT |
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