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Vents contraires sur les places mondiales
La Vie Financière N°3282 / Vendredi 02 Mai 2008 / Catégorie : Stratégie

Le CAC 40 n'a pas tenu le cap des 5 000 points en clôture. Les investisseurs attendent d'y voir plus clair sur la future politique monétaire américaine.
 

Les marchés sont toujours dans l'expectative.Paris semblait pourtant bien parti en début de semaine, le CAC 40 franchissant en clôture le seuil psychologique des 5 000 points, pour la première fois depuis le 18 janvier. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Mardi 29 avril, l'indice phare de la Bourse de Paris est reparti à la baisse dans le sillage de Wall Street, fébrile à l'approche de la publication de statistiques américaines importantes dans les prochains jours, et tout particulièrement celle du PIB pour le premier trimestre 2008. L'attente d'indicateurs (ISM manufacturier, emplois) sur l'état de santé de l'économie américaine a donc éclipsé toutes les autres nouvelles. Pourtant, les investisseurs avaient dans un premier temps réservé un bon accueil au retour des opérations de fusions-acquisitions d'envergure.

Ainsi le géant Mars, associé au milliardaire Warren Buffett, propose 23 milliards de dollars (14,7 milliards d'euros) pour prendre le contrôle de Wrigley, premier fabricant mondial de chewing-gums. De son côté, le milliardaire Kirk Kerkorian se dit prêt à racheter une partie des actions du constructeur automobile Ford et, dans l'aérien, les compagnies US Airways et United Airlines réfléchissent à une possible fusion. Des opérations traditionnellement de nature à soutenir les marchés financiers, donc de bon augure. Selon les analystes d'Aurel, au-delà du retour à une meilleure liquidité sur plusieurs marchés, comme celui des LBO secondaires, plusieurs motifs « justifient les mouvements de concentration : la hausse des coûts de production, la recherche de nouveaux moteurs de croissance et une meilleur utilisation des outils de production ».

Mais ce mouvement de concentration, qui pourrait bien évidemment se propager à l'Europe, est certes révélateur des niveaux de valorisation particulièrement bas des marchés aujourd'hui, mais il ne donne pas pour autant le signal de la fin de la baisse, ni celui de la fin de la crise. En témoignent les nouvelles victimes des subprimes. La première banque allemande, la Deutsche Bank, a ainsi enregistré au premier trimestre, pour la première fois depuis cinq ans, une perte nette de 131 millions d'euros. La crise financière l'a contrainte à plus de 4 milliards d'euros de dépréciations. Elle prévoit de lancer une augmentation de grande ampleur pour se renflouer.

le pessimisme toujours de rigueur

D'ailleurs, les experts prônent la plus grande prudence, révisant les uns après les autres leurs estimations à la baisse. Les analystes de Morgan Stanley conseillent ainsi à leurs clients de profiter du récent rallye sur les valeurs financières pour vendre. La banque d'affaires américaine a réduit globalement de 17 milliards de dollars, soit de 26 %, sa prévision des résultats cumulés des grandes banques américaines pour 2008, et de 13 milliards pour 2009, soit une diminution de 15 %. De son côté, ING Investment Management prévoit une baisse de 10 % en moyenne du bénéfice des entreprises cette année. La société de gestion estime que les actions devraient atteindre leur plancher durant l'été 2008, en commençant à anticiper des bénéfices à la baisse durant le premier semestre 2009. Un pessimisme relayé par Warren Buffett. « Mon sentiment général, c'est que la récession sera plus longue et plus profonde que ce que la plupart des gens pensent », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision CNBC.

Ces pronostics, qui faisaient écho aux déclarations il y a une quinzaine de jours d'un autre gourou, le milliardaire George Soros, sont venus attiser les incertitudes des investisseurs sur l'évolution prochaine des taux d'intérêt aux Etats-Unis, alors que les craintes de tensions inflationnistes subsistent. S'il semble communément acquis que la Fed abaissera ses taux de 25 points de base, à 2 % à l'issue de son comité de politique monétaire du 30 avril, de plus en plus d'économistes s'accordent à penser que ce mouvement d'assouplissement sera le dernier du cycle entamé depuis le début de la crise des subprimes. Depuis septembre 2007, la Réserve fédérale a mené une politique monétaire agressive, ramenant le taux des fed funds de 5,25 à 2,25 % en quelques mois. Si Ben Bernanke, président de la Fed, a été prompt à réagir pour éviter une crise des liquidités, on peut imaginer qu'il saura tirer les enseignements du passé, en évitant d'être trop laxiste. Ce qui est certain, c'est que « l'annonce d'une pause sera perçue très positivement par les investisseurs, la banque centrale confirmant par cette décision son sentiment que la crise est en partie résolue », soulignent les économistes d'Aurel. Et d'ajouter que « la décision du FOMC du 30 avril sera déterminante pour l'orientation des marchés à moyen terme ». A bon entendeur...


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

Alcatel-Lucent + 12,2 %

STMicroelectronics + 11,3 %

Veolia + 8,1 %

Lafarge + 6,3 %

Alstom + 5,3 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Michelin - 5,6 %

Axa - 3,6 %

Vallourec - 2,5 %

Schneider Electric - 1,8 %

Air liquide - 1,7 %

Hausse de la volatilité à l'approche des 5 081 points

En passant, lors de la séance du 28 avril, au-dessus des 5 000 points, l'indice a jeté les bases d'un futur débordement qui validerait une construction positive en tête et épaules inversées (épaules à 4 644,74 points le 11 février et à 4 741,06 points le 15 avril, tête à 4 416,71 points le 17 mars). La tendance, pour l'instant, semble fragile ainsi que le montrent des volumes de transactions nettement inférieurs à la moyenne quotidienne de 6,76 milliards d'euros, mais la validation de cette structure, conjuguée au comblement du gap de 53,97 points, à 5 081 points, permettrait de rejoindre les 5 300 points. Ce scénario pourrait intervenir en juin ou en juillet. Dans l'immédiat, et à l'approche des 5 081 points, les investisseurs devront composer avec une grande volatilité du marché

J.-M. G.

Perrine Delfortrie Service Bourse
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BOUYGUES 29.12€
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