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| Vents contraires à la Bourse de Paris |
| La Vie Financière N°3110 / Vendredi 14 Janvier 2005 / Catégorie : Tendance |
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En Bourse, une même nouvelle peut avoir des implications diamétralement opposées. Tout dépend de la psychologie du marché au moment où elle tombe. Si Standard & Poor's avait dégradé la note de la dette de Cap Gemini dans la catégorie junk bonds non pas aujourd'hui, comme l'agence vient de le faire, mais par exemple début 2003, l'action de la première société de services informatiques européenne aurait à coup sûr été réservée à la baisse. En fait, la valeur a bien résisté à cette annonce (lire page 19), rebondissant même de près de 7 % la séance suivante ! Dans un tout autre domaine, les Etats-Unis n'ont créé que 157 000 emplois en décembre dernier, là où la plupart des économistes en attendaient 175 000. Certes, les données des deux mois précédents ont été réévaluées, à 137 000 pour novembre et 312 000 pour octobre. Mais la dynamique reste faible et aurait pu faire trébucher les marchés dans un passé récent. Cependant, les opérateurs ont préféré y voir un moindre risque que la Réserve fédérale n'accélère la remontée de ses taux d'intérêt, un durcissement monétaire que certains professionnels commençaient tout juste à redouter. Maudit dollar ! Cela dit, la semaine a aussi été marquée par la poursuite de la remontée du dollar, jusqu'à près de 1,30 pour 1 euro. Toutefois, le creusement du déficit commercial des Etats-Unis, qui, contre toute attente, a dépassé 60 milliards de dollars en novembre, a sèchement mis un terme à ce rebond. Ce qui a remis sous pression certaines valeurs parmi les plus exposées à l'affaiblissement du billet vert : STMicroelectronics, bien sûr, mais aussi Publicis et Schneider Electric. Rappelons notre prudence à l'égard du dollar, dont la poursuite de la dépréciation semble inexorable à moyen terme (page 8). Dans ce cadre, le léger relèvement par la Commission européenne de sa prévision de croissance économique pour le premier trimestre 2005, avec désormais une fourchette de + 0,3 à + 0,7 %, n'a eu aucune incidence sur la tendance boursière. L'ouverture du bal des résultats annuels américains, en revanche, en a eu. Le buffet n'est d'ailleurs pas du goût de Wall Street. Le producteur d'aluminium Alcoa a eu beau jeu d'offrir à l'appétit des boursiers une jolie croissance en 2004. Le dernier trimestre n'a pas été flamboyant et ses perspectives pour 2005 sont plus incertaines. Pour sa part, AMD, numéro deux mondial des semi-conducteurs, a mis le feu aux poudres dans le secteur en lançant un avertissement sur ses ventes de fin d'année (page 10). D'autres alertes ont suivi, comme celle de Genentech dans les biotechnologies et d'UPS dans la messagerie. Pour l'heure, seul Intel s'est démarqué en rassurant le marché grâce à ses bonnes performances (page 29). Heureusement, en Europe et en France, la tonalité était plus légère. Mis à part la nouvelle déception réservée par STMicro (page 18), la pré-annonce faite par l'éditeur de logiciels SAP (page 29) et les données livrées par Carrefour (page 21), M6 (page 22), Compagnie des Alpes et Ingenico (page 20) ont été bien accueillies. La spéculation au rendez-vous Dans notre dernière édition, nous estimions que, outre la politique monétaire de la Fed, les OPA et les restructurations financières seraient des ingrédients boursiers majeurs pour les mois à venir. L'actualité de cette semaine le confirme. L'éventualité d'une offre sur Fininfo prendrait corps (page 24), quand celle d'une large opération sur Marionnaud se précise (page 22) et qu'une OPA doit être enfin lancée sur Amadeus à 7,35 euros par action (page 29). Autre preuve que la spéculation est prête à s'enflammer au quart de tour, le cours d'Euro Disney s'est envolé juste avec l'annonce que le prince Al Walid, deuxième actionnaire du groupe, allait effectivement souscrire à l'augmentation de capital qui doit être lancée avant le printemps (page 24). Une opération certes salvatrice, mais ô combien dilutive pour les minoritaires ! Plus raisonnablement, Lafarge a été soutenu par le projet d'OPA du numéro deux mondial Holcim sur le britannique Aggregate Industries. Car les ratios financiers qui en découlent mettent en lumière la modeste valorisation du leader mondial. Comme quoi il se passera certainement beaucoup de choses en Bourse cette année ! LES 5 PLUS FORTES HAUSSES CARREFOUR + 5,7 % EADS + 5,2 % LAGARDÈRE + 3,7 % TF1 + 2,6 % CASINO GUICHARD + 2,5 % LES 5 PLUS FORTES BAISSES BOUYGUES - 14,3 % STMICROELECTRONICS - 4,3 % PERNOD RICARD - 3,9 % VIVENDI UNIVERSAL - 3,9 % ALCATEL - 3,5 % |
PASCAL CHEVOLOT |
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