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Unilog passe sous pavillon britannique
La Vie Financière N°3146 / Vendredi 23 Septembre 2005 / Catégorie : Bourse

LogicaCMG vient d'acquérir 32,3 % du capital de la SSII française auprès des dirigeants et lancera une OPA d'ici à décembre, à 73 euros par action. La concentration du secteur va se poursuivre.
 
Unilog
 

Une OPA à 930 millions d'euros, soit 73 euros par action : ce sera vraisemblablement le prix définitif que paiera LogicaCMG pour mettre la main sur le « fleuron français » des services informatiques. Si certains analystes jugent un peu chiche l'offre de la SSII britannique, ce n'est pas si mal pour un titre introduit en Bourse en janvier 1988, au prix de 1,50 euro par action. Vendredi 16 septembre, avant l'annonce officielle du mariage, l'action Unilog s'enflammait. Devant cette spéculation « inconsidérée », les dirigeants ont rapidement demandé la suspension des cotations. Dès lundi, un communiqué d'Unilog confirmait la rumeur. Un certain nombre d'actionnaires dirigeants de la SSII, dont le président du directoire, Gérard Philippot, ont donc conclu un accord en vue de céder au britannique leur participation (32,3 % du capital au total). Les opportunistes, qui ont payé jusqu'à 76,40 euros par action avant l'arrêt des cotations, en seront donc pour leurs frais. Car l'OPA amicale qui suivra pour les minoritaires se fera au prix de 73 euros par action et devrait être close le 22 décembre, sous réserve de la réalisation de certaines conditions.

Il s'agit tout d'abord de l'agrément des autorités de la concurrence, ce qui semble être une simple formalité. L'autre question est celle du financement de l'opération, car LogicaCMG avait au 30 juin un endettement net de 303 millions de livres sterling (450 millions d'euros environ). Son PDG, Martin Read, a apporté sur ce point quelques précisions : sa société procédera à une augmentation de capital de 574 millions d'euros et à une émission de 44 millions de titres qui rémunérera en partie l'apport des dirigeants d'Unilog, le solde étant financé par endettement. Le point positif, c'est que sa fiancée française jouit d'un bilan exceptionnellement solide, avec une trésorerie nette de près de 100 millions d'euros.

Un partenaire idéal

Gérard Philippot n'a jamais caché qu'il se retirerait des affaires au plus tard en 2007, pour ses 65 ans. L'homme, qui fête aussi cette année ses quarante ans de métier, appelait de ses voeux un mariage avec un acteur britannique et semble avoir trouvé en LogicaCMG le partenaire idéal. Tout d'abord, les complémentarités géographiques sont excellentes. Le nouveau groupe sera un acteur majeur dans trois grands pays : le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France. En Allemagne, le groupe aura une taille plus modeste mais de solides ambitions. Idem pour les spécialités respectives des deux sociétés : Unilog est très implanté dans l'industrie tandis que Logica a de fortes positions dans les services, notamment les télécoms. « Deux SMS sur trois dans le monde transitent par des systèmes LogicaCMG », se félicite Martin Read. Son groupe apporte aussi son expérience dans les grands contrats de sous-traitance informatique (outsourcing) auxquels une société de la taille d'Unilog ne pouvait prétendre. L'intérêt de la fusion est donc de prendre une solide place parmi les dix premiers acteurs européens du secteur, pour pouvoir se battre contre des géants comme IBM ou Capgemini.

Reste la question du prix. Certains le jugent peu généreux, mais un comparatif établi par les analystes d'Ixis Securities sur une vingtaine d'opérations récentes montre que la valorisation (1,1 fois le chiffre d'affaires) est plutôt en haut de fourchette, même si les belles marges d'Unilog auraient pu justifier une prime. De toute façon, un relèvement de l'offre est très peu probable. Quant à une surenchère d'un concurrent, elle est virtuellement impossible. Dans une activité où, comme le rappelle Didier Herrmann, vice-président d'Unilog, « les hommes sont le seul actif », toute offre de reprise hostile est vouée à l'éche


Quelques dossiers à surveiller... (chiffres 2004)

Sopra

629 MEuro(s) de chiffre d'affaires

23 MEuro(s) de résultat net

Par la taille et la qualité, c'est la société la plus comparable à Unilog. Elle souhaite se hisser parmi les ténors européens. Mais, compte tenu de leur âge, les dirigeants pourraient être amenés à passer la main. Peut-être l'occasion pour un acteur étranger d'acquérir une belle position en France.

Notre conseil

Renforcer à titre spéculatif

GFI

518 MEuro(s) de chiffre d'affaires

- 27 MEuro(s) de résultat net

La reprise de Thales IS en 2002 aurait pu propulser la société dans la catégorie supérieure, mais le projet a échoué. Le positionnement stratégique reste flou et la croissance de la SSII demeure modeste au premier semestre 2005, à cause des difficultés en Italie.

Notre conseil

Après une vente partielle, conserver le solde

Steria

983 MEuro(s) de chiffre d'affaires

23 MEuro(s) de résultat net

Avec une présence forte dans l'infogérance, Steria est en quelque sorte un mini-Atos Origin, mais revendique déjà une place dans le « top ten » européen des SSII. La probabilité d'une OPA semble plutôt faible : la société devrait au contraire faire figure de prédateur dans le secteur.

Notre conseil

Prendre quelques bénéfices après la forte hausse

Sylis

130 MEuro(s) de chiffre d'affaires

- 0,3 MEuro(s) de résultat net

La petite SSII nordiste ne profite pas de la reprise du secteur, avec un chiffre d'affaires en recul de 6 % au premier semestre. La rupture, début 2005, du pacte d'actionnaires qui liait les familles Tricot et Mellentin (respectivement détentrices de 23 et 20 % du capital) ouvre la voie à une recomposition du capital.

Notre conseil

Acheter pour la faible valorisation

Et maintenant, à qui le tour ?

Unilog bientôt dans des mains britanniques : la nouvelle donne l'impression que ces messieurs les Anglais ont encore tiré les premiers. Pourtant, la consolidation du secteur est déjà en marche en Europe. Les ténors français ne sont d'ailleurs pas restés inactifs : Sopra multiplie les emplettes au Royaume-Uni (Newell & Budge) ou en Espagne (Profit), tandis que Steria a jeté son dévolu sur l'allemand Mummert, peu après la reprise de son compatriote Avinci par... Unilog. Symboliquement, une autre opération, certes plus modeste, a d'ailleurs été annoncée le jour même de l'accord Logica-Unilog : le rapprochement entre deux petits acteurs, Team Partners et CGBI (*). Et maintenant, à qui le tour ? Les rumeurs de rapprochement entre Atos Origin et T-Systems montrent que Deutsche Telekom réfléchit à l'avenir de sa filiale. De son côté, Siemens n'a toujours pas trouvé de solution pour sa division informatique SBS, qui génère des pertes. La course à la taille critique est plus que jamais d'actualité pour les SSII, à l'heure où les grands clients souhaitent réduire le nombre de leurs fournisseurs. La spéculation qui a enflammé Steria, Sopra ou GFI la semaine dernière montre quelles cibles sont jugées probables (voir ci-dessus). Mais, en pleine reprise, les patrons de SSII risquent de rechigner à vendre, partagés entre leur désir d'entreprendre et la nécessité d'une concentration du marché. L'année à venir promet néanmoins quelques opérations.


(*) Prado Finance, propriétaire de La Vie Financière, est un actionnaire significatif de CGBI et de Team Partners.



Conseil : L'OPA a de fortes chances de réussir. Le moment venu, il conviendra donc d'apporter les titres que nous avions conseillés à l'achat jusqu'à 61 euros
EMMANUEL SCHAFROTH
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%