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Une vraie-fausse OPA sous les feux de la rampe
La Vie Financière N°3138 / Vendredi 29 Juillet 2005 / Catégorie : Analyse

Si l'on en juge par la mobilisation politique, gauche et droite confondues, suscitée par des rumeurs d'OPA sur Danone, il ne fait aucun doute que les débats parlementaires qui devraient s'ouvrir à l'automne sur la transposition de la directive européenne sur les OPA seront plus qu'animés. Les hasards du calendrier ont voulu que l'évocation d'une prise de contrôle hostile de l'industriel français de l'agroalimentaire - la « cathédrale de Chartres », comme l'appelait le fondateur de BSN, Antoine Riboud - provoque une mobilisation contre l'agresseur supposé, l'américain PepsiCo et, du coup, contre le principe des OPA hostiles. Au risque de perturber la procédure de transposition de la directive que le ministre des Finances se propose de soumettre à l'examen du Parlement à l'automne. Il s'agit pourtant de créer, dans l'espace européen, un marché organisé du contrôle, là où n'existe qu'une mosaïque de droits différents, comme les actionnaires français ont pu s'en apercevoir à leurs dépens lors de la liquidation d'Equant (de droit néerlandais).

La concomitance de ces deux événements illustre parfaitement les contradictions françaises. Aux yeux du monde, la France apparaît ainsi comme voulant tout à la fois. Faire appel aux capitaux internationaux quand elle en a besoin - notamment pour privatiser ses entreprises publiques et alimenter, du même coup, les caisses de l'Etat (peu importe, alors, que les capitaux viennent de l'étranger, et en particulier de ces fameux fonds anglo-saxons, que l'on sait bien alors solliciter) - et leur refuser le droit d'acquérir des entreprises privées ! Elle apparaît aussi comme un pays où les syndicalistes et les hommes politiques qui ont constitué le principal obstacle à la création des fonds de pension sont les premiers à s'indigner que les plus beaux fleurons de l'industrie française puissent passer sous pavillon étranger.

En ayant diabolisé les fonds de pension, qui auraient pu constituer un actionnariat stable, ils portent une large part de responsabilité en la matière. De même que tous ceux qui ont freiné la formation de l'Europe et, avec elle, la naissance de grands champions industriels européens capables de rivaliser avec leurs concurrents américains et, bientôt, chinois. A l'heure de la mondialisation que les entreprises françaises ne sont pas les dernières à mettre à profit (ainsi que l'illustre l'acquisition récente d'Allied Domecq par Pernod Ricard), le réflexe nationaliste et protectionniste est un leurre. On peut pourtant s'interroger sur le rôle de la Caisse des dépôts, qui apparaît à nouveau comme le bras armé de l'Etat dans certains dossiers (Accor/Club Med notamment), même si Nicolas Sarkozy estime que l'heure n'est pas aux nationalisations rampantes. Dirigeants et administrateurs de sociétés au capital éclaté ne doivent pas pour autant rester passifs. Mais ce ne serait pas rendre service à la communauté que de leur permettre de multiplier les remèdes anti-OPA. Une étude effectuée par des universitaires américains montre que, dans les Etats les plus tolérants quant à l'usage de ces « pilules empoisonnées », on constate, au bout de quelques années, une réduction de la rentabilité des entreprises, parallèlement à une augmentation de la rémunération des dirigeants ! Ce qui démontre, a contrario, les vertus de la concurrence.

Pour en revenir à Danone, la publicité donnée aux menaces d'OPA qui auraient pesé sur cette société a fait grimper le cours de 15 à 18 % en trois jours. De quoi s'interroger sur les personnes à qui le crime profite. C'est pourquoi l'Adam a demandé à l'AMF d'ouvrir une enquête sur de possibles manipulations de cours et délits d'initiés. De quoi donner l'occasion aux analystes et aux investisseurs de réviser leur jugement sur la véritable valeur de l'entreprise


COLETTE NEUVILLE
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%