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| Une techno « père de famille » |
| La Vie Financière N°3156 / Vendredi 02 Décembre 2005 / Catégorie : Bourse |
SII |
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Bernard Huvé, PDG et actionnaire majoritaire, se plaît à observer l'ascension régulière du titre SII depuis bientôt trois ans. Un parcours qui le distingue de l'évolution heurtée de certaines valeurs technologiques. SII est un cas à part dans les services en ingénierie : chantre de la croissance interne face aux risques des acquisitions, optique délibérément franco-française, obsession de la rentabilité et de l'autofinancement plutôt que de la vitesse de développement. Moyennant quoi, son chiffre d'affaires a progressé durant les années difficiles, de 2001 à 2003, avec une marge nette minimale enviable de 5 % (2002). Et pourtant, lorsque le secteur est davantage porteur, comme actuellement, SII affiche une croissance étonnante : le chiffre d'affaires semestriel a gagné près de 18 %, à 48,5 millions d'euros, contre 7 % pour l'ensemble du marché. Forte réactivité SII prend donc des parts de marché en toutes circonstances. Bernard Huvé explique ces performances par une forte réactivité commerciale, liée à la proximité avec les clients (1,5 % seulement de l'effectif travaille au siège social parisien). Côté rentabilité aussi, SII montre l'exemple, avec une marge d'exploitation supérieure à 11 % du chiffre d'affaires et une marge nette de 7,5 % l'an dernier. La société, dont le chiffre d'affaires ne représente encore que 1 à 2 % du marché français, estimé à 6,6 milliards en 2004, espère continuer à progresser à bonne allure pendant deux ans, stimulée par deux puissants aiguillons. D'abord, les profits substantiels des grandes entreprises dopent leurs investissements techniques, garants de leur compétitivité. Ensuite, la tendance des entreprises à externaliser leur recherche-développement, qui avait marqué le pas ces dernières années, pourrait reprendre avec la complexité croissante des technologies en jeu et des exigences de flexibilité de gestion des équipes impliquées dans la R&D. Confiante, SII compte augmenter ses effectifs de 20 % en 2006, à près de 1 850 personnes. Principal défi : maintenir la rentabilité, alors que la hausse des salaires dépasse celle des tarifs. Le PDG espère améliorer la productivité des équipes grâce à la progression des facturations au forfait (26 % du chiffre d'affaires au premier trimestre 2005, contre 18 % en 2004) ainsi qu'à la démarche pionnière, longue et coûteuse, de certification CMMI (équivalent dans le domaine des logiciels des normes ISO 9000). Nous estimons cependant que la marge d'exploitation devrait légèrement se tasser. Compte tenu de la croissance attendue, l'action reste néanmoins bon marché et mérite une prime à la sécurité par rapport à ses compétiteurs les plus turbulents Conseil : Acheter jusqu'à 44 euros pour viser 60 euros d'ici deux ans |
E. B. |
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