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| Une stratégie trop offensive |
| La Vie Financière N°3165 / Vendredi 03 Février 2006 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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des débuts risqués Bernard M. a investi en Bourse au travers d'un compte titres qu'il a ouvert en 2000, en plaçant une grande partie de ses fonds dans deux sicav. Mais ces dernières se sont effondrées et il a préféré liquider rapidement ses OPCVM à l'époque. Puis il a fait ce qu'il ne faut pas faire : en 2001, sur les conseils de son gendre, il réinvestit la plus grande part sur une seule ligne : la société de jeux vidéo Ubisoft. Heureusement, cette stratégie risquée n'a pas trop mal tourné. Grâce à quelques allers-retours chanceux sur le titre, il a vite retrouvé sa mise de départ, nous explique-t-il. Par la suite, il entamera la diversification qui conduit au portefeuille actuel. Bernard M. choisit bien ses valeurs après une analyse des opportunités de développement. Il vise les grands contrats à venir, les technologies nouvelles et préfère les moyennes valeurs de croissance. De bonnes affaires mais aussi de moins bonnes. Avec une douzaine de lignes pour un montant investi d'environ 27 000 euros, il affiche une plus-value de 14 % depuis 2000. Pas si mal finalement pour un investissement réalisé quand le marché était au plus haut. Les trois quarts des lignes se situent entre 2 000 et 4 000 euros. cap sur les grandes valeurs Bernard M. aimerait rester actif plutôt que de gérer a minima pour éviter de dépasser le seuil de cession de 15 000 euros en deçà duquel les plus-values ne sont pas imposables. Mais toute son épargne est investie en actions, et il peut avoir besoin de la mobiliser rapidement. Nous lui conseillons donc de réduire son profil de risque en portant à environ un tiers la part attribuée à quelques belles grandes valeurs lui procurant un bon rendement. Ce portefeuille, qui comporte trois petites lignes de sociétés du CAC 40 (Crédit agricole, Société générale et Alcatel), est trop offensif. En choisissant des valeurs plus défensives, il fera d'une pierre deux coups puisqu'il pourra ainsi profiter pleinement de la fiscalité avantageuse des dividendes (abattement et crédit d'impôt au titre de l'impôt sur le revenu). des arbitrages s'imposent Bernard M. est déçu par le comportement de la ligne Alcatel acquise en 2004. Nous estimons qu'il y a mieux à faire et, bien qu'il soit perdant, nous lui conseillons de céder ses actions. Genesys, star déchue de l'Internet (conférence en ligne), entame un plan de restructuration drastique et lance une augmentation de capital massive. Compte tenun de la modestie de la ligne et des risques encourus, mieux vaut la solder. Il peut profiter de la plus-value de 9 % sur ses actions Du Pareil au Même et encaisser son gain, les perspectives de cette enseigne nous semblant plus limitées. En revanche, il peut conserver Business Objects et Ubisoft, sa valeur fétiche, affectée récemment par un avertissement sur ses résultats. Nous sommes prêts à prendre le pari du redressement de ces titres. Les produits de cession, ajoutés aux 4 000 euros d'économies que Bernard M. souhaite réinvestir en Bourse, laissent plus de 5 000 euros afin de miser sur des valeurs plus stables. Il possède deux lignes bancaires gagnantes que nous lui recommandons de conserver, car le début d'année 2006 devrait être favorable au secteur. Il manque dans son portefeuille des valeurs de secteurs qui devraient profiter indirectement du renchérissement des prix du pétrole comme Suez ou Gaz de France. Leur rendement est élevé (soit 3,3 % attendu pour Suez et 2,8 % pour Gaz de France au titre de 2006). Enfin, il pourra s'intéresser à Saint-Gobain, qui verse également un bon dividende et possède encore un potentiel de valorisation Profil de Bernard M. Bernard M., marié en secondes noces, est le beau-père de trois enfants. A 80 ans, cet ancien cadre d'une multinationale de la région parisienne a pris sa retraite dans les environs de Toulouse. Il y possède une maison avec piscine sur 3 200 m2 de terrain, une petite assurance vie, deux PEA et le compte titres analysé ci-dessus, le tout pour environ 40 000 euros. |
Marie-Jeanne Pasquette,
avec la rédaction |
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