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| Une saison pleine de promesses |
| La Vie Financière N°3199 / Vendredi 29 Septembre 2006 / Catégorie : Bourse |
Le nautisme a connu quelques années en demi-teinte.
Mais les premières manifestations professionnelles de la saison laissent entrevoir un retournement de cycle. Premier impact : 2007. |
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Le Grand Pavois de La Rochelle a mis les voiles. Les salons de Cannes et de Southampton ont remisé leurs yachts. Le moment est donc propice aux bilans et aux prévisions. Premier constat : la profession affiche un franc sourire. La filière nautique française, qui a déjà multiplié sa production par trois en huit ans, prévoit encore une hausse d'activité de 4 à 5 % cette année sur un marché mondial globalement stable. Et elle pourrait faire encore mieux l'an prochain. L'activité nautique est, en effet, très cyclique et le secteur a, semble-t-il, touché un point bas fin 2005. Un creux de cycle mis à profit Plusieurs indicateurs laissaient entrevoir en début d'année un retournement de cycle. Dès février, Bruno Cathelinais, président de Bénéteau, reconnaissait que le salon nautique de Londres avait été fertile en bonnes surprises. « Londres est un bon indicateur avancé », soulignait-il et affichant ainsi sa confiance pour 2007. Les faits lui donnent aujourd'hui raison. Le marché britannique s'est, en effet, redressé depuis quelques mois. Cela a son importance, puisque Bénéteau y réalise 10 % de son chiffre d'affaires dans les bateaux à voile. De même, le marché américain (25 % des ventes) montre des signes de reprise depuis cet été. Reste la France, où il existe une forte demande mais où le problème des places dans les ports freine les ventes. La progression de l'activité devrait donc accélérer au cours des prochains exercices. Reste maintenant à savoir si le mouvement ne se fera pas au détriment de la rentabilité des fabricants. De ce point de vue, les analystes se montrent assez sereins. Et pour cause. Les quatre sociétés cotées du secteur ont mis à profit le creux de cycle pour étendre ou refondre leur gamme. Bénéteau a ainsi activé le processus de renouvellement de son offre. La tendance est également aux bateaux de plus en plus grands, sachant que les marges progressent avec la taille des unités. Ainsi, Couach s'est lancé cette année à l'assaut des yachts de 30 et 37 mètres. Avec cette montée en gamme, le groupe d'Arcachon compte bien s'attaquer à une clientèle encore plus fortunée et donc moins sensible à la conjoncture. Pendant le creux de cycle, la profession a également investi dans l'outil de production. Le secteur s'est, d'une certaine manière, industrialisé. Le meilleur exemple est donné par Bénéteau. Le groupe vendéen a mis en place deux nouveaux sites. Il a également travaillé sur sa politique d'achats en rationalisant ses développements produits et en négociant davantage avec ses fournisseurs. En conséquence, il devrait largement compenser la hausse inévitable du coût des matières premières au cours des prochains exercices. A noter, enfin, que les lourds investissements engagés en creux de cycle ne devraient plus peser sur les comptes des prochains exercices. Ainsi Bénéteau a-t-il connu un pic au cours de l'exercice 2004-2005 avec une enveloppe de 68 millions d'euros (contre 37 millions un an auparavant) et de 55 millions prévus pour l'exercice qui s'est achevé en août. Les effets du retournement de cycle sont déjà visibles dans les comptes de Bénéteau, premier groupe coté du secteur à publier son chiffre d'affaires 2005-2006. Ses ventes ont progressé de 6,8 %, à 826,6 millions d'euros. Il y a six mois, la direction anticipait une progression de seulement 5,5 %. Du coup, elle ne cache plus que son objectif de bénéfice net (67 millions d'euros) pourrait également être dépassé. Et pour l'exercice 2006-2007, les analystes font preuve d'enthousiasme et considèrent désormais comme un minimum les perspectives données, en février 2006, par la direction pour l'horizon 2008. Pour mémoire, elle visait une croissance de 8 % de son chiffre d'affaires par an dans la voile et de 12 % dans le moteur. Après avoir déjà progressé de 20 % depuis le début de l'année, le cours ne valorise toujours pas ces estimations. Le titre pourrait logiquement se payer plus de 15 fois les bénéfices anticipés de l'exercice 2006-2007, ce qui n'est pas le cas. Couach chante, Rodriguez déchante L'horizon est également dégagé pour Couach. Jérôme Cao, président du directoire, affirme avoir d'excellents retours du salon de Cannes. « Les nouveaux bateaux ont reçu un très bon accueil et nous avons noué de nombreux contacts », déclare-t-il. La réussite de la montée en gamme de ce chantier naval sera peu sensible dans les comptes 2006. Les derniers sont néanmoins attendus de bonne facture, avec une hausse de 20 % du chiffre d'affaires, à 61 millions d'euros, et un bénéfice opérationnel en amélioration de plus de 30 %, à 7,8 millions d'euros. L'effet gamme se fera surtout sentir l'an prochain. Le groupe devrait alors dépasser la barre de 13 % de marge opérationnelle, soit plus du double de celle affichée en 2003, avec une activité en hausse de plus de 20 % ! Cette perspective est déjà en partie dans les cours puisque Couach se paie 16 fois le bénéfice estimé pour 2006-2007. Mais le titre devrait maintenant être assimilé à une valeur de luxe et devrait donc se payer encore plus cher... surtout si le groupe se lance dans des opérations de croissance externe lui permettant de développer son activité plus vite que prévu. La semaine a été en revanche difficile en Bourse pour Rodriguez. Le titre se paie désormais moins de 10 fois les bénéfices estimés de l'exercice 2006-2007 ! Après avoir chahuté la valeur au printemps, les investisseurs étaient revenus à la fin de l'été, saluant la décision du groupe de réduire son activité dans la vente de bateaux d'occasion qui pesait régulièrement sur ses marges et nécessitait des dépréciations massives de stocks. Mais, cette semaine, des rumeurs faisant état d'un salon nautique en demi-teinte pour le groupe cannois a fait flancher le titre Vents porteurs Rodriguez 569 MEuro(s) à fin août 2006 Soit 1,7 fois le chiffre d'affaires réalisé dans les ventes de bateaux neufs pour l'exercice 2004-2005. Couach 90 MEuro(s) à fin avril 2006 Soit 2,1 fois le chiffre d'affaires réalisé dans les ventes de bateaux neufs pourl'exercice 2004-2005. Conseil : Bénéteau : acheter avec un objectif de 80 euros |
Nathalie Rambaud |
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