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| Une proie alléchante |
| La Vie Financière N°3154 / Vendredi 18 Novembre 2005 / Catégorie : Bourse |
Thomson |
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Thomson croqué par des financiers ? Après Saint-Gobain et Schneider, c'est en effet au tour du groupe de services et de technologie pour les médias de faire l'objet de rumeurs de LBO (reprise d'entreprise avec effet de levier). Il faut dire que les poches des fonds d'investissement débordent, tant leur sacro-saint retour sur investissement continue de faire rêver les caisses de retraites et autres compagnies d'assurance. A cela s'ajoute la faiblesse actuelle des taux qui leur permet d'emprunter à bon compte. Avec ces nouveaux moyens, d'aucuns prédisent une offre sur un fleuron de la cote. Et Thomson pourrait à de nombreux égards les tenter. Un LBO est possible Tout d'abord, le groupe dégage une généreuse capacité d'autofinancement, ce fameux cash-flow qui permet aux financiers de rembourser la dette qu'ils ont contractée pour acheter une entreprise. Entre 2004 et 2006, la direction compte générer de 1,5 à 2 milliards d'euros de cash. Et si sa capacité à maintenir de tels niveaux est remise en cause par certains analystes, d'autres se montrent plus confiants. « A partir de 2007, Thomson devrait dégager chaque année 600 millions d'euros de cash-flow libre, c'est-à-dire après amortissements et impôts, grâce en partie à la branche licences qui constitue sa vache à lait », explique Harald Liberge-Dondoux chez Aurel Leven. Autre argument : il existe plus d'une dizaine de sous-activités dont les synergies ne sont pas forcément bien perçues et qui pourraient être facilement cessibles. « Dans le cadre d'un LBO, certains actifs à forte visibilité et aux marges stables, comme la postproduction ou le service de duplication de bobines de films, pourraient être monétisés », poursuit ce même analyste. En tout cas, cette incapacité chronique pour Thomson à faire comprendre sa stratégie au marché pénalise fortement son action. « Un LBO pourrait, en le sortant de la cote, redessiner son périmètre pour le présenter quelques années plus tard sous une forme plus simple et donc offrir une meilleure valorisation », explique Thomas Brenier, analyste chez SG Equity Research. D'autant que la valorisation actuelle est plutôt attrayante et rentre parfaitement dans les critères d'investissement des fonds. Enfin, le retour sur investissement annuel moyen pourrait, sur un tel dossier, atteindre 15 %, selon un analyste, ce qui devrait contenter les financiers. Quant au prix d'acquisition, il s'établirait entre 19 et 20 euros, soit une prime de 20 % sur le cours actuel. A ce niveau, le montant de l'opération atteindrait quelque 6,75 milliards d'euros (avec les dettes à fin juin), ce qui en ferait le plus important LBO réalisé en France. Attention toutefois à ne pas s'emballer ! Si cette hypothèse ne doit pas être écartée, sa réalisation sera difficile, car plusieurs écueils se dressent. D'abord, en cas d'offre hostile, le fonds d'investissement américain Silver Lake, qui a souscrit à une émission d'obligations convertibles de Thomson fin 2004, peut en exiger le remboursement immédiat, soit la bagatelle de 500 millions de dollars. Ce n'est pas tout. « Le groupe a lancé une émission d'obligations hybrides qui spécifie qu'en cas de changement de contrôle Thomson aurait l'alternative suivante : rembourser par anticipation les 500 millions d'euros ou augmenter nettement le coupon [ndlr : le rendement], ce qui est assez dissuasif », explique Thomas Brenier. Surtout, Thomson évolue dans un univers marqué par de profondes mutations technologiques avec une faible visibilité, ce qui pourrait influer sur sa capacité à générer du cash. Un élément primordial pour d'éventuels prédateurs Conseil : Renforcer pour jouer la mutation du groupe. Un LBO est peu probable à court terme, mais devrait entretenir une certaine effervescence autour du titre |
F. C. |
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