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| Une prérentrée sans conviction forte |
| La Vie Financière N°3038 / Vendredi 29 Aout 2003 / Catégorie : Tendance |
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Les gens sérieux vous présenteraient la Bourse comme étant à la fois une caisse de résonance, un baromètre et le banquier de l'économie. C'est juste. Ceux qui le seraient un peu moins, en apparence seulement, la dépeindraient plutôt comme un vaste stand d'auto-tamponneuses où les rumeurs, les états d'âme des investisseurs et les spéculations en tout genre se télescopent en permanence. Cette vision aussi est juste. Et il faut parfois en accepter les dérapages incontrôlés. En témoigne cette rumeur - qui s'est révélée infondée - du décès d'Alan Greenspan, un temps avancée comme l'origine du coup de froid dont Wall Street et, par conséquent, les Bourses européennes ont souffert une grande partie de la séance du mardi 26 août. Il faut dire que le président de la FED pilote avec beaucoup de finesse l'économie américaine depuis 1987. Intel souffle le chaud et le froid Autre personnage clé de la semaine, Craig Barrett, gourou des valeurs technologiques. Le patron d'Intel a en effet révisé à la hausse ses prévisions de chiffre d'affaires et de marge brute pour le troisième trimestre 2003 (lire page 20). De quoi faire flamber les valeurs high-tech du monde entier, y compris à Paris, où STMicroelectronics et SoiTec en ont bien profité. Mais Craig Barrett a aussitôt dégonflé le soufflé en rappelant qu'il n'entrevoyait toujours aucune reprise significative de l'investissement des entreprises ! Autre sursaut significatif et, semble-t-il, plus pérenne, celui des sociétés de services et d'ingénierie informatiques. En révélant mercredi que Cap Gemini étudiait un projet de prise de contrôle amicale de Transiciel, le quotidien Les Echos a mis le feu aux poudres dans le secteur des SSII (lire page 23). Un temps réservé à la hausse, Transiciel, dont la direction a confirmé dans la journée avoir des discussions avec le leader européen, a entraîné dans son sillage GFI Informatique (+ 14 % d'un mercredi à l'autre), Groupe Steria (+ 7 %), Sopra (+ 4 %), Unilog (+ 7 %) ou encore Sylis (+ 5 %). Sinon, parmi les fleurons de la cote parisienne, ce sont surtout les « valeurs dollar » (LVMH, L'Oréal, Sanofi-Synthélabo...) qui se sont distinguées avec la confirmation de la vigueur retrouvée du billet vert face à l'euro et au yen. LVMH a par ailleurs profité des signaux encourageants relevés par l'industrie du luxe en Amérique du Nord et en Asie depuis juin. Le secteur automobile s'est également bien placé cette semaine, en particulier Michelin (+ 5 %), le marché appréciant son projet de partenariat avec le japonais Toyo (voir notre Cote enrichie). A l'inverse, le tassement des bancaires BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole, malgré des taux obligataires élevés, ne se justifie que par le besoin d'une juste consolidation après leur récent rallye. Comme le reflux de Saint-Gobain, de Lafarge ou de Schneider Electric, pourtant sensibles à la reprise qui se met en place outre-Atlantique. Probable consolidation du marché français Globalement, les marchés d'actions ont néanmoins fait du surplace. Un score a priori décevant face aux données rassurantes en provenance des Etats-Unis : l'orientation des commandes de biens durables est restée positive en juillet (+ 1 %, contre + 2,6 % en juin) et, surtout, l'amélioration de la confiance des consommateurs américains s'est révélée plus forte qu'attendu (indice Conference Board à 81,3 points en août). En Allemagne aussi, la poursuite du rebond de l'indice IFO du climat des affaires en août, pour le quatrième mois consécutif, est réconfortante puisqu'elle renforce la prévision d'une reprise au second semestre. Mais voilà, en maintenant l'or à plus de 360 dollars l'once, le pétrole à près de 29 dollars le baril et les taux longs à des niveaux élevés, les marchés délivrent des signaux confus qui traduisent un doute non pas sur la reprise enclenchée outre-Atlantique, mais sur sa vigueur et, surtout, sa pérennité. A brève échéance, il ne serait pas surprenant que les actions reprennent un peu leur souffle. Notamment à Paris, où la rentrée sociale s'annonce houleuse, tandis que la consommation flanche déjà nettement. LES 5 PLUS FORTES HAUSSES STMICROELECTRONICS + 7,1 % LVMH + 6,5 % MICHELIN + 5,1 % PEUGEOT + 3,6 % LAGARDÈRE + 3,5 % LES 5 PLUS FORTES BAISSES BNP PARIBAS - 5,1 % AGF - 4,3 % CRÉDIT AGRICOLE - 4,2 % SOCIÉTÉ GÉNÉRALE - 2,9 % FRANCE TÉLÉCOM - 2,7 % |
PASCAL CHEVOLOT |
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