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Une pause après le début de rattrapage
La Vie Financière N°3186 / Vendredi 30 Juin 2006 / Catégorie : Stratégie

L'attentisme a prévalu cette semaine sur les marchés à l'approche de la réunion de la Réserve fédérale, prévue pour le 29 juin.
 

On serait tenté de dire : une semaine pour rien ! De fait, après un début de rattrapage de l'indice CAC 40 par rapport au creux du 14 juin (4 615,44 points), date à laquelle il avait chuté de près de 700 points par rapport à son plus haut annuel du 9 mai, il n'a pas varié cette semaine (- 0,02 %). Une volonté de reprise s'est fait sentir, mais les tentatives de hausse ont tourné court. Au fil des séances, le même scénario s'est répété : ouverture dans le vert, retour à zéro, voire passage dans le rouge, puis redressement, dans le vert ou le rouge tempéré. Pour reprendre une expression courante, les marchés naviguent à vue, un peu comme si les opérateurs, tels des boxeurs qui s'observent, guettaient le moment opportun pour porter un coup, en prenant le risque de baisser la garde.

Ce moment pourrait se situer autour du jeudi 29 juin. A l'issue d'une réunion très attendue, la Réserve fédérale devrait procéder, sans grande surprise, à un dix-septième relèvement depuis juin 2004 de son principal taux directeur, pour le porter de 5 à 5,25 %. La logique voudrait que, fin septembre, le loyer de l'argent atteigne 5,5 %. Cette page délicate une fois tournée, les opérateurs pourraient en écrire une nouvelle, moins pessimiste...

Pour l'heure et après la bourrasque boursière de mai et de début juin, qui a effacé pratiquement tous les gains potentiels depuis le début de l'année sur le CAC 40, mais aussi, sur le DAX 30 en Allemagne, le FTSE 100 à Londres et le S&P 500 aux Etats-Unis, les boursiers ont perdu le goût du risque en actions. D'autant que la hausse des rendements des obligations à long terme, qui s'élève à 5,2 % aux Etats-Unis, joue contre eux. Mais comme par nature la prise de risque est leur vocation, cet état de faiblesse ne devrait être que temporaire. Difficile d'en prévoir la durée : des semaines, voire des mois.

En tout état de cause, l'institut d'émission américain, présidé depuis quelques mois par Ben Bernanke, est parvenu en peu de temps à neutraliser la spéculation sur les marchés d'actions et surtout sur ceux des matières premières, à l'exception notable des cours du pétrole. Après une brève décrue, les cours de l'or noir reprennent le chemin de la hausse et ont franchi le seuil de 72 dollars le baril sur le marché américain du Nymex, ce qui a avantagé surtout les parapétrolières. Elles raflent les deux meilleures places au palmarès des plus fortes hausses du SRD (Schlumberger + 11,9 % et Technip + 7,9 %, Géophysique + 7 % et Vallourec + 6,3 % n'étant pas bien loin). Les perspectives de hausse du loyer de l'argent aux Etats-Unis, jointes à celles d'une économie active - même si les experts tablent sur un ralentissement de la croissance de 3,6 % en 2006, à 2,9 % en 2007 -, ont redonné un peu de tonus au dollar dont la parité contre l'euro, après avoir filé jusqu'à 1,30 dollar pour 1 euro début juin, se situe au-dessous de 1,26 dollar. La petite reprise des marchés européens depuis trois semaines coïncide avec une meilleure tenue de la devise américaine.

L'automobile freine

En Europe, Jean-Claude Trichet, qui préside la BCE, a retenu l'attention en déclarant qu'il pourrait relever les taux à tout moment puisqu'il n'est pas question de « se lier les mains par avance ». La politique de resserrement engagée en décembre 2005, qui a vu les taux passer de 2 à 2,75 %, pourrait connaître une nouvelle étape dès le 3 août, sans attendre la réunion du 31.

Sur le front des sociétés, l'OPA de Mittal sur Arcelor semble enfin trouver un dénouement. Le premier a finalement décidé de mettre une nouvelle fois la main au portefeuille tout en accordant une série de concessions sur le plan de la gouvernance. La direction d'Arcelor est à présent tout sourires. L'action Arcelor, qui ne fait plus partie de l'indice CAC 40, a progressé de près de 5 %. Suez est contrarié dans son projet de fusion avec EDF. Le Conseil des ministres vient d'approuver le projet, mais les parlementaires traînent les pieds pour en débattre. En attendant, le cours de l'action Suez est sans relief et se maintient vers 30 euros. Faute de nouvelles batailles, le marché risque de manquer d'animation. Dans ce climat pesant, la belle victoire de l'équipe de France de football face à l'Espagne a donné du tonus à l'action TF1, la chaîne ayant beaucoup investi dans cet événement sportif.

En revanche, le secteur de l'automobile n'était pas à la fête. Renault surtout, dans le rouge tout au long de la semaine (- 5,4 %), en particulier mardi, quand son partenaire Nissan a révisé à la baisse ses prévisions de ventes au Japon. Le même jour, Michelin était attaqué après l'avertissement de son concurrent japonais Bridgestone, qui a réduit de 35 % sa prévision de bénéfice pour l'exercice en cours, invoquant la hausse des matières premières. L'équipementier Valeo figure lui aussi parmi les plus fortes baisses hebdomadaires


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

Lafarge + 3,2 %

Groupe Danone + 3 %

Axa + 2,2 %

Total + 2,2 %

Lagardère + 2,1 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Thomson - 5,5 %

Renault - 5,2 %

Capgemini - 3,5 %

France Télécom - 3,4 %

Vivendi - 3,2 %

SENTIMENT BAISSIER

La semaine dernière, nous attendions un rebond technique susceptible de porter l'indice vers 4 900 points. C'est finalement un plus haut de 4 842,8 points qui a été enregistré le 26 juin. L'indice pourrait donc amorcer, cette semaine, une nouvelle vague de baisse, ce qui mettrait fin à l'ultime vague de consolidations. Ce second repli devrait emmener l'indice au voisinage de 4 400 points (ce niveau correspond à un retracement de 50 % de la vague d'impulsion). Ce sentiment baissier est également anticipé par la configuration en chandeliers (voir graphique) : une structure négative caractérisée par les deux bougies noires est sur le point de se développer

.-M. G.

jean-Jacques Avédissian Rédacteur en chef.
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%