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Une pause à la lisière des 5 200 points
La Vie Financière N°3173 / Vendredi 31 Mars 2006 / Catégorie : Stratégie

Chaque semaine est rythmée par une opération. Cette fois, c'est Alcatel qui prend l'initiative d'un rapprochement avec l'américain Lucent, alors que Thomson est très entouré. L'indice concède toutefois 0,3 %.
 

Ce n'est qu'un au revoir. L'indice CAC 40 s'est replié au-dessous du seuil de 5 200 points qu'il avait réussi à franchir vendredi 24 mars, en clôture (5 218,71 points) seulement, pour la première fois depuis quatre ans et demi. Il est vrai que l'indicateur de tendance avait été dopé, mercredi 22 mars, par la hausse surprise de 8,4 % de l'action Sanofi-Aventis, dont le poids représente plus de 9 % de l'indice du CAC 40, après Total, champion toutes catégories, avec une pondération de 13 %. Rien de tel cette semaine, si ce n'est le projet de rapprochement entre Alcatel et l'américain Lucent, qui ferait de l'ex-CGE le numéro deux mondial des équipements de réseaux. La firme française, décidément bien ambitieuse, entend également pousser son avantage dans le capital de l'électronicien Thales. La valeur a progressé de 2,5 %, mais, avec une capitalisation de 18 milliards d'euros,son poids n'est que de 2 % dans l'indice.

Thomson, qui fait toujours partie de l'indice phare malgré une valorisation de 4 milliards d'euros, soit une pondération de 0,5 % seulement, était également sous les feux des projecteurs après les révélations de la presse britannique faisant état d'une tentative d'acquisition de la part de grands fonds d'investissement. Le marché a accordé d'autant plus de crédit à ce scénario qu'Alcatel a laissé le champ libre à d'autres prédateurs et que le cours de l'action est bas (- 8 % depuis le début de l'année et - 24 % depuis douze mois). L'action Thomson s'est appréciée de 5 % en l'espace d'une semaine.

une série de baisses

Le bilan hebdomadaire de l'indice CAC 40, en berne à 0,3 %, est d'autant plus étonnant que Total, à la faveur des cours du pétrole à nouveau orientés à la hausse - le baril de pétrole texan est passé au-dessus du seuil de 66 dollars (57,7 dollars le 14 février) -, s'est apprécié de 2,5 %. En sens inverse, la petite société pétrolière Maurel & Prom a accusé une baisse de régime, l'action concédant 5,8 % sur la semaine, dont 6,6 % lors de la séance de mercredi. La compagnie, qui avait déjà déçu en surévaluant ses réserves, se dispenserait, selon la rumeur, de procéder à leur évaluation prochaine le 21 avril.

Mais force est de constater une série de contre-performances pour des titres de premier plan, à commencer par Suez, qui cède près de 6 %, à moins de 33 euros. Jugé imminent il y a peu, le projet de contre-offre de l'italien Enel est presque enterré à présent par la place. Gaz de France, désormais associé à Suez, perd pour sa part 3,4 %. Peu commentée, la baisse de près de 4 % de France Télécom, à moins de 19 euros (soit - 11 % depuis le début de l'année), s'explique par une vive concurrence dont profite Iliad (Free). Alors que l'action de ce dernier est à son plus haut historique, conférant à la valeur une capitalisation boursière de 3,7 milliards d'euros, France Télécom est au plus bas depuis près de deux ans.

Finalement, Paris, comme les autres places financières, marque une pause. Ce qui n'est déjà pas si mal. Mardi soir, il a fallu encaisser le quinzième resserrement monétaire depuis juin 2004 de la Réserve fédérale, qui a porté ses taux d'intérêt à 4,75 %, ce qui ne constituait guère une surprise. En revanche, les doutes, dont les marchés ont horreur, portent sur la politique que l'institut d'émission va adopter dans les prochains mois. Le scénario le plus favorable consisterait en une fin prochaine du mouvement de hausse, vers 5 %, étape qui devrait être atteinte dès le mois de mai. Le nouveau patron de la Fed, Ben Bernanke, qui doit veiller à garantir l'équilibre entre la croissance durable et la stabilité des prix, peut être tenté de durcir le ton. Certains économistes tablent sur un deuxième relèvement en juin, à 5,25 %. En attendant, les cambistes ont pris acte du geste de la Fed, si bien que le billet vert s'est repris par rapport à l'euro, la parité euro/dollar étant revenue de 1,22 (mi-mars) à 1,20. Le raffermissement de la devise américaine constitue en revanche un soutien pour les marchés d'actions en Europe. Les risques inflationnistes et la volatilité du dollar font les beaux jours de l'or. Après un léger repli, le métal jaune reprend le chemin de la hausse et s'approche du seuil de 568 dollars l'once.

Alors que la Bourse de Paris donne des signes d'essoufflement et que le rythme des OPA semble appelé à ralentir, les introductions se multiplient. La Caisse des dépôts, le bras financier de l'Etat, va mettre en Bourse la société Icade, qui sera la quatrième plus grosse société immobilière française après Klepierre. Quand on sait que les boursiers avertis voient d'un mauvais oeil les programmes de cession d'actifs des compagnies d'assurances, l'avertissement, lancé par l'Etat, n'en est que plus net. Au jeu de cache-cache, Legrand va retrouver le chemin de la Bourse après trois ans d'absence. La société avait été rachetée par Schneider, puis contraint de s'en défaire. C'est le consortium mené par Wendel et KKR qui s'en est alors emparé. Le succès de l'opération, qui n'est pas assortie d'une campagne de promotion auprès du grand public, ne fait guère de doute. Nous conseillons d'y participer


CAC 40

Les 5 plus fortes hausses

Pernod Ricard + 6,7 %

Thomson + 6,4 %

AGF + 5,6 %

EDF + 3,8 %

Renault + 3,8 %

Les 5 plus fortes baisses

Suez - 5,5 %

Gaz de France - 4,3 %

France Télécom - 3,7 %

Lagardère - 2,5 %

BNP Paribas - 2,4 %

Nouveau canal haussier

La cassure simultanée de la droite de résistance de long terme R1 et du seuil de 5 200 points a entraîné la création d'un nouveau couloir haussier de moyen terme défini par une résistance R3, à 5 330 points, et un support S3, à 5 025 points. L'indice de place va donc évoluer au sein de ce canal et seule la rupture de S3 incitera les investisseurs à réduire leurs positions. A plus court terme, l'utilisation des ratios de Fibonacci donne une période probable de retournement du marché à partir de la mi-avril. Si cette hypothèse se réalisait, un repli de l'ordre de 6 à 9 % (soit un indice compris entre 4 730 et 4 890 points) ne serait pas excluJ.-M. G.

Jean-Jacques Avédissian
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%