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| La Vie Financière N°3263 / Vendredi 21 Décembre 2007 / Catégorie : Bourse |
Présent dans le recyclage et la valorisation des déchets métalliques, l'ex-CFF Recycling s'est diversifié dans les services aéroportuaires et aux entreprises. Sa valorisation ne tient pas compte du potentiel de redressement de ces activités. |
DERICHEBOURG |
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Tous les vieux boursiers se souviennent de la Compagnie française des ferrailles, rebaptisée CFF Recycling quelques années après son rachat par Daniel Derichebourg, son actuel président et premier actionnaire (47,2 % du capital). A l'origine, un métier : le traitement des déchets métalliques et, notamment, le recyclage des déchets industriels et des épaves de voiture (VHU, dans le jargon, pour véhicules hors d'usage). Par un maillage du territoire très dense et un outil de collecte efficace, Derichebourg contrôle ainsi la moitié du marché français des VHU, mais aussi de 40 à 50 % du marché des déchets d'équipements électriques et électroniques (les fameux D3E). Deux sources d'accroissement futur des bénéfices. En effet, aujourd'hui, la directive européenne qui prévoit la dépollution des VHU dans certaines proportions n'est que partiellement appliquée et, surtout, aucun contrôle n'est exercé. Si bien que les constructeurs automobiles, en France, refusent de payer la prestation de dépollution, à la différence de ce qui a été instauré dans d'autres pays européens. Si Derichebourg a signé un accord avec le groupe Volkswagen, aucune négociation n'est en cours avec les constructeurs français, qui détiennent près des deux tiers du parc automobile en France. Mais la Commission européenne ne manquera pas de se rappeler à leur bon souvenir... d'ici à quelques années. Et les positions de Derichebourg ne manqueront pas à ce moment-là de se traduire par une facturation marginale non négligeable, qui se transformera alors de manière significative en bénéfices. Gros marché potentiel A la clé : potentiellement plusieurs dizaines de millions d'euros d'excédent brut d'exploitation (EBE), à comparer aux 204 millions dégagés par l'activité lors de l'exercice clos le 30 septembre. Quant aux D3E, le groupe en a traité 55 000 tonnes sur l'exercice écoulé (de 40 à 50 % de part de marché) alors que le marché est estimé à 1,4 million de tonnes ! Mais, à court terme, les investisseurs semblent s'inquiéter davantage des risques d'une baisse des cours de la ferraille. Cela affecterait d'autant plus fortement la rentabilité du groupe que les activités de services sont à peine bénéficiaires (au niveau opérationnel) et que le groupe supporte une dette financière importante (778 millions d'euros, soit 3,3 fois l'EBE du groupe, ou encore 215 % des fonds propres) héritée de ces activités. L'ex-CFF Recycling a en effet racheté Penauille Polyservices (PPS), puis fusionné l'été dernier avec cette entreprise. Or, les deux activités de celle-ci, rebaptisées Derichebourg Multiservices (services aux entreprises, et notamment prestations de nettoyage) et Servisair (services aéroportuaires), sont encore très peu contributrices aux résultats du groupe. Sur l'exercice écoulé, les services aux entreprises ont ainsi dégagé 12 millions d'EBE pour un chiffre d'affaires de 626 millions, et les services aéroportuaires 30,6 millions pour 806 millions de facturations, soit des marges brutes d'exploitation respectives de 2 et 3,8 %. Et leurs résultats opérationnels sont tout juste positifs (0,5 %), après il est vrai 22 millions de coûts de restructuration. Mais Daniel Derichebourg estime désormais que, au terme des restructurations intervenues, le redressement de ces deux activités est acquis. L'entrepreneur vise de fait un retour à une marge brute d'exploitation normative de l'ordre de 7 % le plus rapidement possible (d'ici trois ans au maximum). Prix de la ferraille soutenus Les perspectives du groupe sont favorables, et les cours de la ferraille semblent devoir rester soutenus du fait de la demande importante des sidérurgistes des pays émergents. Faut-il pour autant investir dans Derichebourg ? Au cours de 5,42 euros, la valeur d'entreprise s'élève à 1,7 milliard d'euros (dont 778 millions d'endettement net), soit 8,3 fois l'EBE de la seule activité environnement (valorisation et traitement des déchets métalliques), ce qui reste totalement acceptable au regard des perspectives d'évolution de ce métier. De fait, la contribution des activités de service (42 millions d'EBE sur l'exercice écoulé) et surtout leur apport futur ne sont pas du tout pris en compte dans la valeur du groupe. Ce qui se reflète encore plus fortement dans le multiple de capitalisation (PER), qui se limite à 11,3 fois les 81,5 millions d'euros de bénéfice net du groupe à fin septembre 2007, bénéfice qui intègre les pertes nettes des deux activités de services, lesquelles devraient revenir aux bénéfices cette année, précise la direction du groupe. De quoi d'ailleurs pousser Daniel Derichebourg à réfléchir pour mettre un pied dans un nouveau métier, connexe aux trois autres... Conseil : Acheter. Les perspectives du groupe sont séduisantes et son président inspire confiance. Certes, à court terme, le cours du titre peut se révéler volatil, mais la valorisation est très raisonnable |
Christophe Descamps |
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