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| Une opération blanche |
| La Vie Financière N°3155 / Vendredi 25 Novembre 2005 / Catégorie : Bourse |
EDF |
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A quoi se mesure la réussite d'une introduction en Bourse ? Si c'est au nombre d'actionnaires, celle d'Electricité de France (EDF) est sans conteste un succès, avec ses 4,9 millions de particuliers et ses 100 000 salariés, un record. Si c'est aux premiers pas boursiers, le bilan est en revanche bien moins flatteur. En effet, après avoir tenu, le premier jour, les 32 euros - son cours d'introduction - le titre naviguait en milieu de semaine sous cette barre. Et il semble même que le pire ait été évité car les premiers ordres passés en matinée lundi (avant le début de cotation à midi) laissaient craindre une baisse de... 20 %, que certains n'auraient pas manqué de comparer avec la hausse de plus de 22 % de GDF pour sa première cotation. Il ne fait pas de doute que les banques qui ont participé à l'opération - elles étaient nombreuses - n'ont pas ménagé leur soutien pour maintenir le cours à flot. Mélange des genres Cette divergence entre succès populaire et boursier laisse perplexe. La première explication tient au manque d'appétit des investisseurs institutionnels, qui ont trouvé le prix trop élevé. Avec une capitalisation qui représente près de 21 fois ses bénéfices attendus cette année, l'ancien monopole français de l'électricité est l'une des entreprises les plus chères de son secteur, dont la moyenne se situe autour de 16 fois le résultat net. L'autre raison tient au mécanisme de l'offre à prix ouvert et à ses effets pervers. Les investisseurs institutionnels peuvent être considérés comme avertis, mais les particuliers sont loin de l'être. Lorsqu'ils participent à une introduction en Bourse, surtout si c'est celle d'une entreprise publique, ils y vont en confiance, d'autant que rien n'a été négligé pour les encourager à souscrire. Ce chèque en blanc suppose que le prix finalement retenu offre une certaine prime et garantisse en quelque sorte un petit potentiel à court terme. Or, avec EDF, il n'en a rien été. Sans doute échaudé par les accusations de brader le patrimoine public après la flambée de GDF, l'Etat a fixé la barre haut, trop haut même. A 28,50 euros, la limite basse de la fourchette pour les particuliers, il y avait un potentiel d'appréciation de la valeur d'au moins 10 % qui aurait pu se matérialiser à court terme. Mais à 32 euros, c'est loin d'être évident. Pourtant, EDF n'est pas dénué d'atouts à moyen terme. Outre la solidité de sa position sur le marché national, l'entreprise se retrouve dans la situation unique où son parc de centrales nucléaires l'immunise contre les variations des cours du pétrole. En comparant EDF à ses concurrentes européennes sur la simple base des ratios, les investisseurs semblent occulter pour le moment cette spécificité, mais une prise de conscience devrait intervenir petit à petit, surtout si la compagnie publique tient ses promesses d'amélioration des résultats et de distribution de dividendes (selon nos calculs, le rendement devrait être proche de 2,5 %). A plus court terme, EDF est un candidat incontournable à l'entrée au CAC 40. Cette situation devrait entraîner un courant acheteur de la part des gérants indiciels qui répliquent la composition de l'indice phare de la Bourse de Paris. Ceux qui cherchaient à réaliser une plus-value rapide ont compris que l'introduction en Bourse d'EDF serait une opération blanche. Pour autant, une sortie rapide semble prématurée, car le cours de Bourse tient le choc pour le moment et surtout parce que l'annonce de l'entrée au CAC 40, attendue dans les prochaines semaines, pourrait offrir une porte de sortie plus honorable. Ceux qui préfèrent un horizon à moyen terme peuvent prendre en compte le profil peu risqué de la valeur et son rendement, en attendant que le potentiel se matérialise dans les cours Conseil : L'entrée dans le CAC 40 pourrait offrir une porte de sortie pour les actionnaires seulement motivés par une opération à court terme. Les autres conserveront, dans une optique à moyen terme |
T. Z. |
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