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Une offre alléchante sur Snecma
La Vie Financière N°3079 / Vendredi 11 Juin 2004 / Catégorie : Actualité

Attendue depuis longtemps, l'ouverture du capital du motoriste a été lancée sous forme d'offre à prix ouvert. La souscription prend fin le 16 juin. Le prix d'introduction sera fixé le 17.
 

Cette fois-ci, l'opération d'ouverture du capital de la Snecma est réellement engagée ! Non sans difficulté puisque, jusqu'au dernier moment, Bercy a hésité, de peur que le marché ne lui réserve un accueil un peu trop frileux et que le gouvernement ne soit obligé de brader un actif de qualité. Il aura néanmoins fallu onze ans au motoriste français pour faire son entrée en Bourse ! Aujourd'hui, Jean-Paul Béchat, son président, peut enfin respirer, lui qui attend ce moment depuis des lustres. Il a souvent expliqué que son entreprise avait été pénalisée dans sa politique d'acquisitions, notamment lors de sa tentative de rachat des deux motoristes italien et allemand, Avio et MTU, qui ont finalement terminé dans les bras de fonds d'investissement américains. « En ouvrant son capital, le gouvernement va donner à la Snecma des marges de manoeuvre nouvelles qu'elle utilisera pour asseoir sa position de leader », explique Bercy.

Le motoriste est une de ces entreprises publiques au savoir-faire technologique incontesté. Au fil des décennies, il a su se tailler une place de choix pour parvenir au quatrième rang mondial, derrière le leader incontesté General Electric (GE), avec lequel le groupe français a noué depuis trente ans un partenariat fructueux au sein de leur coentreprise CFM. L'américain n'avait d'ailleurs pas caché sa volonté de prendre une participation de 5 à 10 % dans le capital de la Snecma, mais que le gouvernement a reportée sine die.

L'Etat, actionnaire à 97,2 % de la Snecma, ne privatise pas le groupe puisqu'il ne cède que 35 % du capital, soit 94,53 millions de titres au maximum. Mais les observateurs estiment que cette opération en est le prélude. Sur les 35 % proposés, de 30 à 60 % seront réservés aux investisseurs individuels, sous forme d'une offre à prix ouvert (OPO) jusqu'au 16 juin, les collaborateurs et les anciens salariés pouvant, eux, acquérir jusqu'à 10 % des actions offertes. La fourchette de prix proposée aux investisseurs se situe entre 15,45 et 17,20 euros. Les particuliers bénéficieront par rapport aux institutionnels d'une décote de 0,10 euro et de l'octroi d'une action gratuite pour dix titres achetés et gardés dix-huit mois. Sans être bradé, le prix proposé a été tiré vers le bas de la fourchette attendue par le ministère de l'Economie et des Finances. Au total, Bercy n'encaissera que de 1,46 à 1,63 milliard d'euros, au lieu de 1,6 à 2 milliards.

Cette offre valorise-t-elle correctement le groupe et présente-t-elle un intérêt pour l'investisseur particulier ? Tout d'abord, examinons la situation actuelle : à la tête d'une entreprise adossée à l'Etat, Jean-Paul Béchat a montré qu'il était capable de gérer celle-ci au plus près, comme une entité privée. Il a notamment réussi au cours de ces dernières années à redresser les comptes dans un environnement économique difficile, marqué par la défaillance de plusieurs compagnies aériennes. En 2003, la Snecma, avec ses 40 000 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 6,431 milliards d'euros (76 % dans l'aéronautique et 24 % dans la défense), contre 6,5 un an auparavant, une marge brute d'exploitation de 476 millions (contre 466 millions) et un résultat net de 182 millions (contre 106 millions). Ces chiffres prouvent que le groupe peut garder des marges et une rentabilité très favorables en période de basses eaux.

Par ailleurs, Jean-Paul Béchat a su diversifier de manière judicieuse un groupe sans doute trop dépendant d'un secteur particulièrement cyclique. Il a donc élargi en 2000 son périmètre en reprenant une partie de l'entreprise familiale Labinal, comprenant les turbines d'hélicoptère (Turbomeca), les réacteurs de missiles (Microturbo) et les activités de câblage (Labinal). Concernant l'avenir proche, les choses se présentent favorablement. Le chiffre d'affaires, qui est attendu stable cette année, devrait croître de 3,5 % en 2005 et de 4,8 % en 2006, selon les estimations de certains analystes. De son côté, le résultat net devrait enregistrer une forte hausse, de l'ordre de 20 % en 2004 et en 2005, et la structure financière devrait s'améliorer sérieusement en raison de la non-récurrence d'éléments exceptionnels qui ont pesé sur les comptes de la maison et sur l'arrêt des amortissements de survaleurs.

Doté d'un solide pôle de recherche et développement, le groupe dispose de nombreux produits en développement. Enfin, les motoristes en général, et la Snecma en particulier, profiteront dans un proche avenir des contraintes environnementales qui imposeront aux compagnies aériennes d'utiliser des avions avec des moteurs de nouvelle génération. Et, globalement, le secteur de l'aéronautique civile, en dépit de son aspect cyclique, va continuer à connaître une croissance forte sur le long terme, en raison du développement du tourisme de masse et des échanges internationaux. Les dépenses militaires, qui avaient fléchi avec l'effondrement du communisme au début des années 90, vont continuer à croître, compte tenu des fortes tensions internationales actuelles.

Quant à la valorisation actuelle de la Snecma, elle est faible : la fourchette de 15,45 à 17,20 euros fait ressortir une valeur totale comprise entre 4,1 et 4,6 milliards d'euros. La moyenne de cette fourchette fait apparaître une décote de 15 % par rapport aux sociétés du secteur aéronautique et défense et une décote de 20 % par rapport au seul pure player motoriste coté en Bourse, Rolls-Royce.


Modalités d'introduction

L'introduction en Bourse de la Snecma se fera dans le cadre d'une offre à prix ouvert (OPO). Un système comparable en certains points à une vente aux enchères où les souscripteurs connaissent le prix définitif au dernier moment. En outre, les particuliers ne sont pas sûrs d'obtenir la quantité de titres demandés car seulement 30 à 60 % des titres mis sur le marché leur seront proposés. Le reste ira aux institutionnels dans le cadre d'un placement garanti, ainsi qu'aux salariés (offre réservée). Néanmoins, une fourchette de prix a été fixée pour les particuliers : les ordres devront s'inscrire entre un minimum de 15,35 euros et un maximum de 17,10 euros. A la date de clôture, le 16 juin, le prix définitif s'établira en fonction de l'offre et de la demande. Ne seront alors retenus que les ordres supérieurs ou égaux à ce prix. Les souscripteurs se verront attribuer 1 action gratuite pour 10 achetées et conservées pendant dix-huit mois, et les frais de garde leur seront offerts. T. A.

CALENDRIER

- Période de souscription : jusqu'au 16 juin 2004

- Période de réservation : jusqu'au 14 juin à 17 heures

- Période de l'OPO : les 15 et 16 juin

- Fixation du prix définitif : 17 juin

- Première cotation : 18 juin


Conseil : Bien que les conditions de marché soient houleuses, l'entreprise représente un bel actif. Acheter jusqu'à 17,10 euros
MICHEL BLANCHOT , Thomas Allen
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%