Archives

Une hausse à marche forcée
La Vie Financière N°3230 / Vendredi 04 Mai 2007 / Catégorie : Stratégie

Le CAC 40 a franchi le seuil de 6 000 points mercredi et progresse de 0,7 % cette semaine. Mais gare au risque de correction en ce mois de mai, souvent périlleux.
 

Toujours plus haut ! L'indice CAC 40 a franchi à la hausse le seuil de 6 000 points lors de la séance de mercredi. A ce niveau, le gain depuis le début de l'année dépasse 8 %, si bien que l'objectif annuel de nombreux spécialistes des marchés a été atteint. Sur les grandes places financières, des sommets ont également été dépassés. Le S&P 500 est proche de 1 500 points (+ 5,6 % depuis janvier). Le DAX, en Allemagne, croise 7 500 points et engrange un gain de plus de 13 % depuis janvier. L'indice britannique, le FTSE, fait preuve de modération avec une progression réduite à 4 % depuis janvier.

Toute la question consiste à savoir si la tendance haussière peut se poursuivre alors qu'on entre dans le mois traditionnellement chahuté de mai. « Sell in May and go away », dit l'adage. Les arguments ne manquent pas pour justifier une éventuelle correction qui serait une réplique, plus forte, de celle de fin février - début mai, qui a vu l'indice CAC 40 chuter à 5 296,22 points le 14 mars.

Les opinions divergentes de deux stratèges, Jean-Paul Pierret de Natexis Bleichroeder et François Chevallier de VP Finance, reflètent assez bien le dilemme auquel sont confrontés les gérants : rester investi pour bénéficier de la poursuite de la hausse ou constituer des liquidités pour mettre à profit une correction des marchés.

Deux points de vue

Jean-Paul Pierret estime que le cap peut être maintenu. Selon lui, « les marchés ont choisi de considérer le rouge-gorge plutôt que l'éventuelle tempête ». Les risques - géopolitique, excès de volatilité, ralentissement de la croissance américaine - ne « devraient pas suffire à freiner le formidable élan des marchés entamé en mars 2003 et qui possède encore un beau champ » grâce à une série d'indicateurs favorables. Ils sont nombreux : nouvelle répartition de la croissance mondiale, caractère fondamentalement anti-inflationniste d'économies occidentales très tertiarisées, persistance d'une épargne mondiale abondante, niveau historiquement élevé des marges des entreprises, prime de risque très favorable aux actions (en comparaison des obligations)... Enfin, « l'abandon du biais restrictif [Ndlr : menace de hausse d'intérêt pour prévenir la poussée inflationniste] de la banque centrale américaine, le 21 mars, fournit le filet de sécurité nécessaire ». Dans ces conditions, Jean-Paul Pierret fixe l'objectif du CAC 40 pour la fin de l'année à 6 250 points et celui du Stoxx 600 européen à 414 points.

François Chevallier fixe l'objectif du CAC 40 pour la fin de l'année à un peu plus de 6 000 points, mais il insiste sur les trois motifs de correction à court terme qui pourraient reléguer l'indice vers 5 350 points. Les trois « forces de rappel » du marché sont les suivantes : le pétrole qui se maintient à des niveaux élevés (64 dollars pour le brut léger sur le marché du Nymex), la prime de risque aux Etats-Unis qui fixe le plafond du S&P 500 à 1 500 points (son niveau actuel) et qui appelle une correction de l'ordre de 5 %, et enfin la parité entre l'euro et le dollar qui justifierait une baisse de 5 % des places européennes par rapport à Wall Street. Reste que François Chevallier est embarrassé pour estimer la date de cette correction. « Il est sans doute encore trop tôt. » Il recommande néanmoins la prudence en évitant une trop grande exposition aux actions.

Les avis divergent aussi totalement à plus long terme. Pour Jean-Paul Pierret, « il est fort probable que certains acteurs, dans quelques années, regretteront leur pusillanimité qui les aura fait passer à côté d'une phase économique et boursière exceptionnellement favorable. Leur principale excuse sera vraisemblablement que ce mouvement a succédé de trop près à la catastrophe boursière de 2000-2002 ». Pour François Chevallier, il n'y a que 5 % de chances, soit très peu, pour que les marchés « changent de modèle » et 95 % pour que les forces de rappel s'exercent, au risque de s'aventurer dans une zone de surévaluation, comme à la fin des années 1990. L'économie mondiale se situe dans un haut de cycle que le phénomène des pays émergents ne peut prolonger durablement. La principale menace provient selon lui d'un risque de remontée des taux d'intérêt, qui s'établissent à des niveaux anormalement bas (4,25 % pour les taux à dix ans en Europe et 4,65 % aux Etats-Unis).

Un marché animé

Pour l'heure, la croissance mondiale élevée, jointe à des taux d'intérêt bas, font les beaux jours des investisseurs. L'homme d'affaires australien Rupert Murdoch est prêt à payer 5 milliards de dollars pour s'emparer du groupe Dow Jones et de sa pépite, le Wall Street Journal. La banque HSBC, qui avait été sévèrement chahutée en Bourse en février et en mars en raison de son exposition aux crédits immobiliers aux Etats-Unis, a annoncé la cession-bail de son siège londonien pour un montant, record dans ce type de transaction, de 1,1 milliard de livres (1,6 milliard d'euros, soit 1 % de sa capitalisation boursière). L'acheteur n'est autre que Metrovesca, situé en Espagne, pays qui s'est fait une spécialité des placements immobiliers


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

Veolia Environnement + 5,5 %

Lafarge + 4,3 %

Alstom + 3,9 %

France Télécom + 3,1 %

Suez + 3 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Vallourec - 7,1 %

Carrefour - 3,6 %

Capgemini - 3,3 %

Schneider Electric - 2,8 %

Vivendi - 2,7 %

Des prochaines séances importantes

Le cap des 6 000 points a été franchi lors de la séance du 2 mai. Sur le plan graphique, à court terme, l'indice reste bien orienté : il évolue à l'intérieur d'un couloir assez étroit, entre 6 198 points (R4) et 5 939 points (S4). Les prochaines séances s'annoncent toutefois importantes : en effet, l'indice de référence arrive à proximité de la résistance à long terme R2, située actuellement à 6 009 points : un repli du marché semble donc logique à court terme. Toutefois, rien ne permet d'exclure, à moyen terme, la poursuite du mouvement haussier à l'intérieur du canal à moyen terme R3-S3, délimité par une résistance à 6 197 points et un support à 5 925 points. Rappelons que l'indice avait réintégré ce tunnel lors de la séance du 20 avril J.-M. G.

jean-Jacques Avédissian Rédacteur en chef
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%