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| Une gestion prudente |
| La Vie Financière N°3236 / Vendredi 15 Juin 2007 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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Si l'on en juge par le profil de son portefeuille, Annie G. n'est pas une adepte de la prise de risque. D'un montant de 65 200 euros, il est composé de douze lignes principalement investies dans de grandes capitalisations de la cote parisienne. Hormis Bénéteau, EDF énergies nouvelles et Natixis, les autres positions sont des valeurs du CAC 40. C'est un portefeuille de « mère de famille ». Car outre le fait qu'il est investi dans de grandes capitalisations moins sensibles aux aléas de marché que les valeurs moyennes, il comporte peu de lignes, ce qui permet à cette abonnée de suivre sans difficulté son évolution. TROP D'éNERGIE Toutefois, avec 70 % de sa valeur concentrée sur cinq lignes, ce portefeuille manque d'équilibre. Cette stratégie s'est certes révélée payante pour certains dossiers comme Bénéteau ou Saint-Gobain, mais elle pèse sur la performance globale dans le cas de Total, qui représente un quart de l'actif ! Par ailleurs, Annie G. est totalement investie, c'est-à-dire qu'elle ne dispose pas de liquidités qui lui permettraient de mettre à profit une éventuelle baisse du marché. Or une grande majorité de professionnels redoutent depuis des semaines une correction qui semble s'amorcer. Nous lui conseillons donc de prendre une partie de ses bénéfices et de réduire son exposition au groupe pétrolier. Ces cessions n'auront aucune incidence fiscale puisque son portefeuille est logé dans un plan d'épargne en actions (PEA). Elle vendra donc 200 actions Total, la moitié de ses lignes Bénéteau et Saint-Gobain ainsi que la totalité de ses titres EDF, dont le potentiel nous semble aujourd'hui épuisé. RACHATS à BON COMPTE Ces opérations lui permettront de dégager plus de 24 000 euros de liquidités. Annie G. pourra, en premier lieu, renforcer certaines lignes. C'est le cas d'ArcelorMittal (55 titres vers 45 euros), qui est en avance sur son plan de synergies et qui profite de la bonne tenue du marché de l'acier. Le nouvel ensemble devrait également prendre une part active à la consolidation du secteur. Autre ligne que nous lui conseillons de renforcer : EDF Energies nouvelles. Annie G. n'en possède que 13 actions, probablement souscrites lors de l'introduction. Elle pourra en acheter 67 avec une limite à 43 euros. C'est l'une des plus belles valeurs du secteur des énergies renouvelables. Nous pensons qu'elle est encore à un cours d'achat compte tenu de ses perspectives de croissance et du caractère spéculatif du dossier. La ligne Natixis pourra également être dopée avec l'achat de 99 actions vers 18 euros. A ce cours, cette banque n'est pas chère, d'autant qu'elle offre un bon rendement (5 %). Elle n'est certes pas portée par la vague spéculative déferlant sur le secteur, mais elle devrait, en contrepartie moins souffrir que ses consoeurs françaises en cas de baisse du marché. De nouvelles lignes pourront être constituées. Annie G. peut profiter des récentes corrections sur Carrefour (30 actions) et Danone (30 actions). Le groupe de distribution est porté en Bourse par l'entrée dans son capital de Bernard Arnault et Colony Capital. Au centre des spéculations : la vente de son patrimoine immobilier, qui pourrait rapporter jusqu'à 30 milliards d'euros, soit près de 85 % de la capitalisation. Le groupe agroalimentaire souffre, quant à lui, de ses déboires dans l'eau en Chine. Si le titre n'a cessé de grimper depuis sa poussée spéculative de l'été 2005, sa récente baisse offre une réelle opportunité d'investissement dans une affaire de grande qualité. Nous recommandons également deux dossiers industriels susceptibles de profiter de la forte croissance dans les pays émergents : le cimentier Vicat (50 actions vers 85 euros) et lefabricant d'équipements Schneider (25 actions vers 100 euros). Compte tenu de leurs perspectives de croissance, ces deux valeurs offrent un bon potentiel à ces niveaux de cours. Une fois ces investissements réalisés, Annie G. gardera un volant de 10 % de liquidités, soit 6 500 euros, lui permettant de profiter de toute correction du marché Profil d'Annie G. Aujourd'hui à la retraite, Annie G. possède, à 65 ans, un joli petit pécule. Outre un PEA de 65 200 euros, elle est propriétaire de sa résidence principale à Paris et d'un studio en Normandie. Elle détient également pour 630 000 euros d'assurance vie et 7 000 euros sur des comptes épargne. |
Xavier Diaz, avec la rédaction |
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