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Une gestion appliquée de « père tranquille »
La Vie Financière N°3163 / Vendredi 20 Janvier 2006 / Catégorie : Stratégie

Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque.
 
Le portefeuille abonné
 

On envie la sagesse de Jacques S., qui s'est constitué depuis 1992 un portefeuille de grandes actions françaises pour lequel il vise une rentabilité entre 5 et 10 %. Il regrette un peu de s'être renforcé en achetant, au mauvais moment, des OPCVM actions en 2000, mais, après cette déconvenue, liée à la période boursière difficile, il a préféré reprendre ses investissements en direct.

Ce médecin, qui se qualifie lui-même de « père tranquille », n'en reste pas moins actif. Environ 20 % de son portefeuille sont investis en actions Air liquide, une ligne qu'il se félicite d'avoir renforcée au fil des ans, et il est également satisfait de ses titres LVMH, BNP Paribas, Total (anciennes actions Elf) ainsi que Sanofi-Aventis, qui trouve son origine dans la privatisation de Rhône-Poulenc. Il a vendu sa ligne Crédit agricole SA, gagnante, acquise lors de la cotation de la banque mutualiste en 2002, puis a racheté les titres pour jouer la fusion avec le Crédit lyonnais, une de ses meilleures affaires récentes. Déçu de ses actions France Télécom, il nous interroge sur l'opportunité de conserver un titre qui a plongé de près de 10 % la semaine dernière.


Libérer des liquidités

Investisseur fidèle, un peu trop peut-être, Jacques S. n'a pas vendu à temps Vivendi et Carrefour, qui n'ont toujours pas remonté la pente. Nous lui conseillons de les conserver pour suivre un frémissement de la consommation en France pour Carrefour et, en ce qui concerne Vivendi, des acquisitions en vue. Le détenteur du portefeuille ne souhaite pas élargir la part de son patrimoine en actions. Il pourra donc encaisser quelques plus-values pour se replacer sur de nouvelles lignes. Le titre EADS, qui se paie 16 fois les bénéfices estimés de 2006, a gagné 50 % l'an dernier ; il est donc sage de prendre une partie de ses gains. De même, la décision de solder la position sur Bayer, qui quitte le marché parisien et s'est valorisé de 40 % l'an dernier, sera judicieuse. Concernant France Télécom, il peut conserver l'action pour le long terme, malgré la crise de confiance actuelle.


Des moyennes à la baisse

Jacques est devenu un champion des moyennes à la baisse : il s'agit de compléter une ligne à un prix d'achat inférieur, afin d'abaisser le prix moyen. Ainsi a-t-il sauvé la mise sur Rhodia et Suez, deux investissements à présent largement gagnants. Il a aussi joué systématiquement les introductions en Bourse de grandes valeurs comme PagesJaunes, EDF et GDF, et se demande s'il doit se renforcer sur ces deux dernières. Sur le titre GDF, nous restons positifs. Cette valeur de services collectifs n'a pas les coudées franches pour déterminer ses tarifs, sa valorisation reste au-dessous de celle de ses pairs, mais nous attendons du nouveau sur les tarifs, en mars prochain. EDF est lourdement endetté, mais on pariera sur un prix du pétrole durablement cher. Dans ce contexte, EDF, dont 95 % de l'électricité produite sont d'origine nucléaire ou hydraulique, a un atout indéniable et peut aussi profiter tôt ou tard d'une possible autorisation d'allonger la durée de vie de ses centrales nucléaires.


Une pincée de petites valeurs

Toujours dans une optique à long terme et afin d'élargir son portefeuille aux valeurs moyennes, Jacques pourrait solder la moitié de sa position sur Rodriguez et s'intéresser à Cerep, belle valeur de biotechnologies qui retrouve la faveur du marché, ainsi qu'à l'éditeur de contenus multimédias Emme, qui confirme son redressement et vise le leadership européen



Profil de Jacques S.

Jacques S., 60 ans, est médecin. Marié et père de trois enfants, il est soumis à l'ISF. Outre son PEA et un compte titres hérité de son père, il possède une maison de 300 mètres carrés, trois appartements, deux contrats d'assurance vie en euros (120 000 environ) et 40 000 euros placés sur des PEL et des Codévi. Le ménage a hérité d'un très beau portefeuille obligataire, souscrit en 1989, dont la principale ligne lui assure jusqu'en 2019 un coupon annuel de 8,5 %.

Marie-Jeanne Pasquette, avec la rédaction
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%