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| Une échéance trop courte pour investir |
| La Vie Financière N°3180 / Vendredi 19 Mai 2006 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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L'objectif de Marie L. est clair : se constituer une cagnotte en vue d'investir 1 million d'euros dans une pharmacie. Son horizon : deux ans. Son patrimoine s'élève aujourd'hui à 200 000 euros. La moitié est placée en actions dans deux portefeuilles : un PEA et un compte titres. A première vue, ces deux portefeuilles semblent équilibrés. Marie L. a investi dans de grandes valeurs comme Axa, BNP Paribas, Saint-Gobain, Vinci, Air liquide, Lafarge, Peugeot, Suez et Total. Mais aussi dans de plus petites capitalisations comme Bénéteau, Imerys, Safran et SMTPC. Mais à y regarder de plus près, Marie L. est très exposée sur deux valeurs, Nestlé et Roche. Ces deux lignes représentent à elles seules plus de la moitié des avoirs (54 %). C'est trop, d'autant qu'elle doit supporter des frais bancaires importants sur ces valeurs cotées sur une Bourse étrangère. Cession de Nestlé L'objectif principal de Marie L. consiste à augmenter son capital d'ici deux ans. Pourquoi deux ans ? Parce que son PEA arrivera à échéance en 2008. Elle utilisera alors les fonds tirés de la vente de ses actions pour se mettre à son compte. Cette échéance nous paraît courte pour investir en Bourse. Un délai de quatre ou cinq ans changerait la donne. Nous lui conseillons donc de ne pas se borner à cet horizon fiscal. Marie nous demande s'il vaut mieux privilégier des valeurs de père de famille ou si elle peut investir dans des valeurs plus risquées mais à potentiel de croissance plus élevé. Nous lui conseillons plutôt de se positionner sur des valeurs solides et représentant des risques mesurés. Ce qui ne veut pas dire qu'elle doit investir dans des titres de père de famille sans risque mais offrant un faible potentiel d'appréciation. Nous lui recommandons donc de vendre sa ligne Nestlé. Elle en a hérité en 2001. Depuis cette date, le titre n'a progressé que de 8 %. Renforcer les lignes Nous lui conseillons par ailleurs de vendre la moitié de sa ligne Roche qui représente 24 % de son portefeuille. L'exposition est trop importante sur cette seule entreprise. Elle peut en outre muscler certaines de ses lignes existantes, Axa, notamment, qui pèse moins de 2 % du portefeuille. Le groupe d'assurances profite d'un marché de l'assurance vie très porteur. Par ailleurs, une acquisition doperait le titre. Nous visons un cours de 35 euros. Marie peut également acheter des actions BNP Paribas. Avec deux tiers de ses actifs investis dans la banque de détail, l'établissement devrait à l'avenir être mieux valorisé en Bourse. Nous avons un objectif de cours de 90 euros. Elle pourra aussi renforcer sa position sur Saint-Gobain. Le numéro un mondial des matériaux devrait tirer parti cette année d'un flot de bonnes nouvelles. Enfin, Marie L. accroîtra sa participation dans Vinci. Le groupe de BTP et de concessions reste porté par un marché de la construction en pleine croissance. En outre, la part des concessions est désormais majoritaire dans les résultats du groupe et devrait encore augmenter, ce qui aura un effet positif sur le titre. Nous visons 100 euros. De plus, nous recommandons à Marie L. d'acheter le titre Schneider, car l'équipementier électrique bénéficie d'un marché en forte croissance. Sa direction a d'ailleurs revu à la hausse ses prévisions pour 2006. Notre objectif de cours se situe à 100 euros. Enfin, nous lui conseillons une valeur sûre du secteur des services informatiques : Atos Origin. A 14 fois nos estimations de bénéfice net pour 2006, le titre est bon marché. Nous parions sur de bons chiffres au deuxième trimestre et visons 75 euros à moyen terme Profil de Marie L. A 26 ans, Marie L. est une jeune boursicoteuse. Elle a hérité de ses premières actions en 2001 et a ouvert son PEA il y a trois ans. Pharmacienne salariée, elle rêve de se mettre à son compte. Outre son PEA et son compte titres d'une valeur de 102 000 euros, elle possède un Livret A d'un montant de 20 000 euros, un PEL (45 000 euros), un CEL (15 000 euros) et un Codévi (5 000 euros). |
Xavier Diaz, avec la rédaction |
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