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| La Vie Financière N°3225 / Vendredi 30 Mars 2007 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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«N'étant ni doué, ni tenté par le trading, et supposant que mes petits-enfants, à qui j'ai transmis la nue-propriété, en indivision, de mon portefeuille, ne le seront pas forcément, j'ai dans l'ensemble sélectionné de très grosses valeurs, susceptibles d'être conservées longtemps. » Ainsi, Bertrand R., âgé de 78 ans, fidèle lecteur de La Vie Financière depuis vingt ans, a construit un portefeuille boursier au fil des années avec pour principale préoccupation de constituer une épargne destinée à la troisième génération. Le geste est noble et louable. Et, indépendamment du sentiment lié à la filiation, les petits-enfants apprécieront le moment venu d'avoir un pécule qui les aidera à commencer leur vie d'adulte. L'exercice n'est cependant pas sans difficulté, comme Bertrand R. le souligne. D'une part, les héritiers, âgés de 7 à 21 ans, ne constituent pas un groupe aux besoins homogènes en raison de leur différence d'âge. Par ailleurs, le souci d'équité a conduit Bertrand R. à faire que chaque ligne soit un multiple de 8 (nombre de titres) pour que le moment venu, quand elles seront transmises, ces lignes du portefeuille soient sécables en autant de parts égales que d'ayants droit. Afin, comme le souligne avec humour Bertrand R., d'« éviter les chamailleries après mon décès. Mais je ne suis pas pressé... ». La volonté d'avoir un portefeuille équilibré dans lequel tous les secteurs d'activité sont représentés - chimie, pétrole, énergie, finance... - correspond judicieusement au but recherché de privilégier la sécurité et le rendement à long terme plutôt que les gains immédiats, par nature spéculatifs et risqués. Cet avantage présente cependant une faiblesse : l'existence de trop nombreuses lignes, certaines ne représentant qu'une part réduite du portefeuille. Sur dix-huit lignes, six totalisent la moitié du montant global épargné au fil des années. Ce déséquilibre, qui peut freiner le dynamisme de la gestion, mériterait d'être corrigé, en se séparant au besoin de certains actifs. Hormis ces remarques préliminaires de bon sens, le portefeuille de Bertrand R. ne recèle que très peu de mauvaises surprises. Les moins-values sont rares et celles qu'il a enregistrées n'étaient pas facilement évitables. La déconvenue, dans les proportions que l'on connaît, du secteur automobile américain était difficilement prévisible. Même constat pour deux valeurs technologiques : Vivendi et IBM. La prudence de Bertrand R. l'a d'ailleurs conduit à rester, à part ces deux exemples, loin des titres de la « nouvelle économie » qui, à de rares exceptions, ont très sévèrement déçu. pas de grands changements Comme les choix d'investissements se sont montrés très pertinents, nous ne préconiserons pas de grands changements, si ce n'est une réduction du nombre de lignes. Bertrand R. serait bien avisé de vendre ses deux lignes Rio Tinto et Rodamco, qui ont gagné respectivement 469 et 233 % et qui représentent désormais à elles deux près de 12 % du total investi en Bourse. Au-delà, nous suggérons de liquider quelques petites lignes, indépendamment de leur performance : Arkema, Hitachi, Thomson et Vivendi. Nous conseillons de réduire la part importante d'Air liquide. A surveiller en revanche, Valeo, qui est sur le point de faire l'objet d'une OPA, de même que General Motors, dont l'avenir est incertain, mais qui présente un incontestable intérêt spéculatif. L'argent ainsi dégagé pourrait être réservé au poste liquidités, une décision sage dans le contexte actuel, ou affecté à renforcer des lignes existantes Profil des époux R. Bertrand R., ingénieur à la retraite, et son épouse ont décidé de léguer leur portefeuille boursier constitué au fil des trente dernières années à leurs huit petits-enfants. Leur investissement est donc guidé par le sens de la rentabilité à long terme avec un souci d'équilibre sectoriel évident. Les résultats sont au rendez-vous. Outre ce portefeuille, auquel il faut ajouter des sicav et FCP, les époux R., propriétaires de leur appartement, disposent de deux PEA de plus de huit ans. |
Michel Blanchot |
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