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| Une diversification excessive |
| La Vie Financière N°3245 / Vendredi 17 Aout 2007 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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C'est un portefeuille modeste, mais riche d'enseignements, que nous analysons cette semaine. Avec moins de 20 000 euros, Ernest M. est parvenu à se constituer pas moins de 31 lignes, certaines (Groupe Eurotunnel, Gemalto, Mercialys, Neovia) pesant à peine plus que leur coût annuel en droits de garde ! C'est dire si nous pourrions lui suggérer quelques économies... Rappelons que si la diversification est un mal nécessaire, l'investisseur gagnera à se constituer un portefeuille concentré sur un nombre restreint de sociétés performantes qu'il connaît bien. TROP DE lignes En effet, trop de positions différentes ne peuvent être suivies avec autant d'acuité qu'une sélection limitée de valeurs. En outre, la multiplicité des lignes entraîne mécaniquement une régression de la performance du portefeuille vers la moyenne, c'est-à-dire vers la performance de l'indice. Que de dépenses d'énergie pour aboutir à ce qu'aurait obtenu un tracker de façon beaucoup plus simple ! Vous remarquerez d'ailleurs que les portefeuilles gérés par La VF sont composés en permanence d'une quinzaine de lignes tout au plus. Certes, le portefeuille d'Ernest M. est plus concentré qu'il n'y paraît au premier abord. Des choix affirmés sur Dexia (13,5 % du portefeuille) et Foncière des régions (12,5 %), suivis de six lignes pesant chacune plus de 4 % (Essilor, Foncière des murs, Go Sport, Lafarge, Peugeot et Vinci), permettent aux dix premières positions de représenter 64 % des actifs. C'est dire le peu de poids que représentent les vingt et une autres positions. Nous conseillerons donc à Ernest M. de tailler dans le vif... sans s'attacher à ses prix de revient pour le faire. Nous ne le répéterons jamais assez : le prix de revient n'est qu'une notion fiscale. En aucun cas, ce dernier ne doit servir de support à une décision de désinvestissement. On conserve une valeur parce que ses perspectives sont favorables et sa valorisation raisonnable. Et on vend parce que ce couple de critères s'est dégradé. Beaucoup font l'erreur de vendre une action parce qu'elle leur a permis de réaliser une bonne plus-value et, au contraire, en conservent certaines même si elles perdent de l'argent. Ce faisant, certains gardent en portefeuille des titres qui se révéleront finalement, en moyenne, moins performants que ceux qu'ils ont cédés ! RESSERRER LES POSITIONS Ernest M. pourra ainsi vendre ses lignes CMT Medical, Ermo, Foncière Massena, France Télécom, Gantois, Gemalto, Groupe Eurotunnel, Go Sport, Neovia, Thermocompact et Thomson. Enfin, nous lui suggérons de céder la Foncière des murs. Si nous avons récemment conseillé l'achat de cette valeur, rappelons qu'elle est une filiale de la Foncière des régions, dans laquelle Ernest M. a investi 12,5 % de son portefeuille. Ce qui nous semble suffisant... Désormais resserré sur moins d'une vingtaine de positions, le portefeuille d'Ernest est fin prêt. Fort des 3 500 euros dégagés par ces opérations, il pourra renforcer ses positions sur GL Trade (13 titres) et Mercialys (13 titres également). Il pourra ensuite conserver les 2 700 euros de trésorerie résiduelle pour se constituer de nouvelles positions au cours des prochains mois. Mais, pour cela, il devra faire de nouveaux choix, cédant des lignes en portefeuille, afin de ne pas retomber dans les travers que nous avons soulignés Profil d'Ernest M., Juriste d'entreprise à la retraite, âgé de 77 ans, Ernest M. exerce encore des fonctions de conciliateur de justice à titre bénévole. Ernest ne nous a pas fourni davantage de précisions sur sa situation familiale et patrimoniale. |
Christophe Descamps, avec la rédaction |
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