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Une décote substantielle
La Vie Financière N°3106 / Vendredi 17 Décembre 2004 / Catégorie : Analyse

Fortement sous-valorisé, le holding de tête de Vincent Bolloré apparaît comme la structure à privilégier aujourd'hui, afin de jouer une appréciation de l'ensemble des actifs du groupe.
 
FINANCIÈRE DE L'ODET
 

L'investisseur qui s'intéresse aux affaires de Vincent Bolloré s'interroge souvent sur la structure à privilégier. Pas moins de onze holdings du groupe sont en effet cotés à Paris ainsi que deux à Bruxelles. En cas d'appréciation des actifs contrôlés par l'homme d'affaires, qu'il s'agisse de ses filiales industrielles et de services ou de ses participations financières, lequel des holdings sera susceptible d'en bénéficier le plus ? Si Bolloré Investissement est bien placé, à plus long terme, la Financière de l'Odet nous semble disposer d'atouts plus importants encore. Pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, c'est la structure cotée dans laquelle l'homme d'affaires détient directement (via quelques holdings intermédiaires non cotés) le plus d'intérêts personnels. C'est donc celle qu'il privilégiera toujours lorsque des décisions de gestion impliqueront plusieurs de ses sociétés cotées, dont la Financière de l'Odet. Elle constitue en quelque sorte « l'intérêt premier » du patron.

Ensuite, ce holding coiffe non seulement l'ensemble des métiers industriels et de services du groupe (voir infographie et lire La Vie financière du 6 août 2004) mais également toutes ses participations financières (Vallourec, Havas, Ingenico, Gaumont, Paris-Orléans, etc.). Et surtout, à la différence de Bolloré Investissement, la participation de 5 % dans Mediobanca, la célèbre banque d'affaires italienne. Cette dernière constitue d'ailleurs une bonne illustration de « l'intérêt premier » de l'homme d'affaires. En juin 2003, à l'occasion d'un premier armistice entre les actionnaires de la banque, Vincent Bolloré a, d'une certaine façon, « transféré » cette participation de la Financière du Loch (c'est-à-dire du sous-groupe Bolloré Investissement) à la Financière de l'Odet. Une preuve que l'homme d'affaires anticipe une appréciation plus forte de cette participation que des autres actifs de son groupe. D'ailleurs, depuis, le cours de Mediobanca a déjà progressé de plus de 30 %, permettant à la Financière de l'Odet d'afficher une confortable plus-value, supérieure à 105 millions d'euros. Et sa valeur pourrait encore s'apprécier. « L'arrivée de Vincent Bolloré a coïncidé avec l'instauration d'une logique d'extériorisation de la valeur, d'optimisation de la performance et de retour de cash pour l'actionnaire », explique Samir Essafri, analyste à Richelieu Finance, qui évalue le patrimoine de Mediobanca (participations industrielles et financières et métiers bancaires) à 14,50 euros par action (contre un cours actuel de 11,20 euros). Et les tergiversations régulières autour du capital de la célèbre maison italienne contribuent à soutenir le cours.

Globalement, les actifs de la Financière de l'Odet peuvent aujourd'hui être évalués à 2 milliards d'euros, dont les trois quarts sont constitués par le sous-groupe Bolloré Investissement (sur la base d'un actif net réévalué que nous estimons à 97 euros par action, le projet de batterie électrique étant retenu pour une valeur nulle) et le solde par Mediobanca (440 millions). Fin juin 2004, ces actifs étaient financés à hauteur de 518 millions d'euros par de la dette, procurant un levier supplémentaire à l'actionnaire. De fait, le patrimoine net de la Financière de l'Odet peut ainsi être estimé à près de 1,5 milliard d'euros, soit 216 euros par action ! Avec une décote de l'ordre de 50 %, le holding nous semble disposer d'un réel potentiel d'appréciation. D'autant que, en cas de fusion entre les différentes structures, c'est bien le critère de l'actif net réévalué qui ne manquerait pas de l'emporter... au grand bénéfice de Vincent Bolloré et de tous les actionnaires d'Odet. « L'intérêt premier », encore et toujours !



Conseil : Acheter pour le long terme. Le patrimoine est diversifié, la décote très importante et « l'intérêt premier » rassurant
CHRISTOPHE DESCAMPS
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%