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| Une coûteuse offensive |
| La Vie Financière N°3116 / Vendredi 25 Février 2005 / Catégorie : Analyse |
L'expansion très rapide du distributeur à l'enseigne Internity limite la hausse des marges et implique un appel au marché. |
AVENIR TÉLÉCOM |
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Le distributeur de téléphones mobiles (ainsi que d'abonnements) a retrouvé un statut de valeur de croissance. Ceux qui spéculaient sur un retour aux profits, désormais confirmé, ont commencé à prendre leurs bénéfices. En attendant d'être remplacés par des investisseurs de moyen terme... La société, basée à Marseille, dont le capital est contrôlé majoritairement par le président, Jean-Daniel Beurnier, donne actuellement la priorité à l'extension de ses réseaux commerciaux. Il s'agit pour Avenir Télécom de profiter du renouvellement du parc de téléphones portables. Un phénomène qui va s'accélérer grâce au lancement de nouveaux terminaux haut débit. Les mobiles étant dotés d'appareils photo numériques (APN) à haute résolution, leur commercialisation permet de vendre des imprimantes (donc du papier, des cartouches d'encre...). Le portable devient également incontournable pour les amateurs de musique : le téléchargement de sonneries a déjà représenté 12 % du marché mondial de la musique en 2004, et pourrait en capter 25 % en 2007. Mieux : d'ici à 2008, le téléphone deviendra aussi un terminal bancaire de paiement. Avenir Télécom mise aussi beaucoup sur les pays d'Europe centrale et orientale, où le taux d'équipement en mobiles n'est encore que de 39 %. Le groupe est déjà implanté en Pologne, où il prépare le rachat de petites chaînes régionales pour atteindre 120 à 130 magasins fin juin. Présent en Roumanie depuis 1999, il vient de s'y renforcer en rachetant 65 magasins. L'entrée par acquisition dans deux nouveaux pays est à l'étude. L'une au moins des deux opérations devrait être dévoilée d'ici à fin juin. Cela implique une augmentation de capital, prévient la directrice financière, Agnès Tixier. Cet appel au marché est nécessaire pour limiter le ratio d'endettement, qui pourrait se rapprocher de 80 % des fonds propres fin juin, contre 60 % fin décembre. Au total, les dirigeants pensent doubler en trois ans le parc de magasins à l'enseigne Internity, pour le porter à 1 000 unités (dont 200 en France). Sachant que le britannique Carphone Warehouse en aligne déjà 1 300, dans onze pays. Mais ce n'est pas tout : Avenir Télécom se prépare à lancer en mai ou juin un site Internet qui permettra non seulement d'acheter des mobiles en ligne mais aussi de souscrire des abonnements. Ce site pourrait générer pas moins de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires dans trois ans, espère Jean-Daniel Beurnier (autant que la Pologne cette année). Cette politique d'expansion risque toutefois de limiter la progression des marges à court terme, malgré les effets positifs du développement de la distribution directe (qui va passer de 28 à 50 % du chiffre d'affaires). Il faut en effet compter avec les frais d'ouverture de magasins. Et, en Europe de l'Est, le « prépayé » (cartes) est encore dominant et moins rentable que le « post-payé » (abonnements), pour lequel les clients doivent ouvrir un compte en banque. Du coup, la marge d'exploitation est annoncée « entre 3 et 3,5 % » seulement sur l'exercice qui sera clos fin juin, contre 3 % un an plus tôt (et 4,1 % au premier semestre). Compte tenu d'une hausse supérieure à 20 % du chiffre d'affaires, cela permet tout de même d'anticiper un bénéfice opérationnel autour de 19,3 millions d'euros. Mais la capitalisation boursière, augmentée de l'endettement net estimé, correspond déjà à 17,4 fois cette estimation. Quant à la hausse du bénéfice net, elle est estimée par la direction à plus de 50 %, soit au moins 12,1 millions d'euros de bénéfice (0,13 euro par action). Au premier semestre clos fin décembre, le résultat net avait bondi de 60 %, à 9,2 millions. On en saura plus le 16 mai, lors de la publication des comptes du troisième trimestre. D'ici là, la prudence s'impose. Conseil : Dans l'attente des conditions de l'augmentation de capital, les positions acquises à titre spéculatif vers 1,20 puis 1,80 euro pourront être allégées |
JEAN-LUC CHAMPETIER |
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