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| Une cote en relief |
| La Vie Financière N°3290 / Vendredi 27 Juin 2008 / Catégorie : Patrimoine |
Les artistes les plus subversifs et les plus médiatiques sont également les plus chers. |
sculpture contemporaine |
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Dans l'art actuel, la sculpture est un mode d'expression particulièrement apprécié. Artprice fait le point sur le marché très médiatique des jeunes artistes, nés après 1945. En moins d'un an, les enchères millionnaires relatives à leurs oeuvres en trois dimensions se sont multipliées. En 2007, quatorze pièces ont atteint le million de dollars. Et, au cours du premier semestre 2008, pas moins de dix-huit oeuvres ont atteint ce seuil... De l'exception millionnaire au grand tirage Parmi les dix artistes les plus cotés, les trois premiers - Jeff Koons, Damien Hirst et Takashi Murakami - sont de vraies icônes. Ce sont les seuls à afficher des records de plus de 10 millions de dollars et à développer parallèlement un marché alternatif destiné au plus grand nombre. Dans cette ère industrielle, le multiple à grand tirage tient une place de choix pour permettre aux amateurs de s'offrir des pièces pour seulement quelques centaines ou milliers d'euros. En effet, si Jeff Koons, Damien Hirst et Takashi Murakami se vendent plusieurs millions d'euros, on trouve aussi nombre de leurs productions à des prix raisonnables, bien qu'en augmentation notable. Les Ballon Dog en porcelaine édités à 2 300 exemplaires par Jeff Koons, le plus coté de ces « jeunes artistes » (21 millions de dollars pour Hanging Heart), se négociaient entre 1 200 et 1 800 euros en 2002. Aujourd'hui, il faut débourser entre 3 000 et 5 000 euros. En matière de cote, Damien Hirst vient en deuxième position. En effet, une enchère à 8,6 millions de livres (plus de 17 millions de dollars) fut atteinte en juin 2007 par Lullaby Spring, une imposante armoire à pharmacie contenant 6 136 pilules peintes une à une. L'année 2007 a été faste pour l'artiste qui a obtenu le prix Turner 1995, car sa cote a progressé de près de 270 % en douze mois... Désormais, le moindre souvenir issu du restaurant Pharmacy, qui concentrait la plus importante collection d'oeuvres, se voit proposé à la vente. Ainsi un simple assemblage de bouteilles de vin, menus, cartes de visite provenant du célèbre restaurant et signé Hirst a été adjugé à 420 euros en mars 2007. Le troisième météore du marché est japonais. En mai, l'une des spectaculaires sculptures de Takashi Murakami, My Lonesome Cowboy, représentant l'éjaculation triomphante d'un satyre version manga, a atteint une enchère phénoménale à 13,5 millions de dollars à New York, sur une estimation initiale entre 3 et 4 millions de dollars. Cela dit, les amateurs peuvent également acquérir sur le marché des petites figurines en plastique ou en peluche dont les prix s'échelonnent de quelques dizaines à quelques centaines d'euros selon les modèles et les tirages. Par exemple, Superflat Museum, ensemble de dix petits personnages en PVC, a trouvé preneur à 350 euros en mai lors d'une mise aux enchères par la maison de ventes Pandolfini Casa d'Aste (Florence). L'art de la provocation Dans ce classement, les cinq artistes les plus cotés sont considérés comme les plus subversifs. Damien Hirst a détourné des cadavres d'animaux dans ses installations ; Jeff Koons a voulu transcender la pornographie grâce à l'art ; Takashi Murakami occupe la troisième marche du podium avec un héros éjaculateur ; Maurizio Cattelan a fait scandale avec La Nona Ora, figuration très réaliste de Jean-Paul II écrasé par une météorite, adjugée à 2,7 millions de dollars en 2004. Robert Gober, lui, morcelle les corps : le 15 mai, sa jambe hyperréaliste semblant sortir d'un mur a atteint 3,2 millions de dollars. Les amateurs d'oeuvres plus apaisées plébiscitent celles de l'Indien Anish Kapoor et du Danois Olafur Eliasson, occupant respectivement les sixième et huitième rangs dans le classement par cotes *Estimé entre 506 150 et 759 225 euros. En vente à Sotheby's Londres,le 1er juillet 2008. Une nouvelle façon de sculpter Aujourd'hui, la sculpture, valorisée à coups de millions, est fort éloignée de la conception classique exprimée au xxe siècle par les artistes modernes tels que Constantin Brancusi, Aristide Maillol ou Alberto Giacometti. Avant, sculpter désignait le fait de tailler ou de creuser ; autrement dit, d'enlever de la masse pour mettre une image au jour. Aujourd'hui, les artistes de renom conçoivent les oeuvres et, pour les réaliser, se trouvent à la tête de véritables fabriques dans lesquelles le champ des techniques, des matériaux et des dimensions varie à l'infini. |
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