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| Une correction exagérée |
| La Vie Financière N°3189 / Vendredi 21 Juillet 2006 / Catégorie : Bourse |
Les inquiétudes quant à la faiblesse du dollar et les menaces sur le tourisme ont fait chuter le secteur
en Bourse. Les affaires continuent pourtant, et les valorisations actuelles n'en ont que plus d'attrait. |
LUXE |
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Les stars du luxe n'ont pas été épargnées par la tourmente boursière des deux derniers mois. Elles ont souffert de craintes nées de la remontée de l'euro et des taux d'intérêt. Le renchérissement de 5 % de l'euro face au dollar et au yen depuis mars est en effet un mauvais signe pour un secteur qui exporte 75 % d'une production quasi européenne. Quant à la remontée des taux d'intérêt, elle a fait resurgir la peur d'un ralentissement économique. Les marchés ont réagi en privilégiant les valeurs moins sensibles à la conjoncture. Enfin, la crise entre le Liban et Israël fait peser une menace sur le tourisme, l'un des débouchés majeurs du luxe. Cette défiance des investisseurs paraît pourtant exagérée. L'activité continue de croître fortement par comparaison avec des chiffres 2005 déjà élevés. Les ventes du premier trimestre 2006 ont ainsi été meilleures qu'attendu, avec des taux de croissance allant de 9 à 17 %. Le président de LVMH, Bernard Arnault, a récemment déclaré que la tendance avait persisté au deuxième trimestre. Richemont a déjà affiché une progression de 18 % de ses facturations en avril et mai. A l'appui : une évolution de la demande vers le très haut de gamme, des millionnaires toujours plus nombreux et un tourisme actif. Selon une étude conjointe de Capgemini et Merrill Lynch, le nombre de millionnaires a grimpé de 6 % en 2005, et ce rythme se maintiendra jusqu'en 2010. Cette progression est surtout le fait des pays émergents asiatiques, qui profitent de la croissance forte de leurs économies. A moins que la crise actuelle ne s'élargisse au-delà du Proche-Orient (voir le dossier p. 10), le tourisme mondial devrait également continuer à se développer à long terme, du fait notamment de la montée rapide du tourisme chinois. Enfin, les marchés européen et japonais, encore en repli l'an dernier, se redressent plus vite que prévu. Au total, les spécialistes tablent sur une progression moyenne des ventes du secteur dans le monde de 8 à 10 % par an. Investissements maîtrisés Non seulement, donc, l'activité s'améliore, mais les marges aussi. Les groupes de luxe ont appris de leurs erreurs passées. La crise de 2002-2003 les a contraints à réduire leurs coûts et à optimiser leur portefeuille de marques. Aujourd'hui encore, la prudence reste de mise : les investissements restent maîtrisés. Par ailleurs, face aux risques monétaires, les groupes ont mis en place des systèmes de couverture. Les marques emblématiques comme Louis Vuitton, Hermès ou Cartier possèdent en outre une forte capacité à augmenter leurs prix sans affecter les ventes. LVMH, qui a augmenté ses tarifs en début d'année de 3 %, ne s'en prive pas. Les analystes misent ainsi sur une hausse moyenne des profits du secteur de 15 % en 2006 et de 13 % en 2007. La tendance doit donc rester favorable au luxe. Or, après les récentes chutes de cours, le secteur se traite à des niveaux historiquement bas, avec un multiple de capitalisation du bénéfice net 2007 inférieur à 16. Dans ce contexte, LVMH reste la meilleure opportunité. Le titre ne se paie pas plus cher que la moyenne du secteur, alors que le numéro un mondial présente les plus belles perspectives de croissance grâce à une progression toujours forte de ses deux activités les plus rentables, la maroquinerie et les vins, qui affichent plus de 30 % de marge opérationnelle. LVMH devrait aussi confirmer le retour à la rentabilité de marques secondaires, telle Fendi. Par ailleurs, le numéro deux mondial, Richemont (Cartier, Van Cleef, etc.), se classe comme l'une des valeurs les moins chères. Or, après un bond de 33 % des profits en 2005, une nouvelle hausse de 20 % du bénéfice par action est attendue cette année, qui devrait confirmer le renouveau de Cartier. A l'opposé, Hermès reste la valeur la plus chère, avec des estimations de croissance parmi les plus faibles. Enfin, le secteur pourrait être animé les mois prochains par de nouvelles rumeurs d'acquisitions. Les italiens Bulgari, Versace et Armani attisent régulièrement les convoitises. Et, aujourd'hui, les grands groupes ont rétabli leur situation financière et disposent de fonds inemployés. Sans parler de PPR, qui a annoncé la vente d'un pan de son activité distribution. Cela pourrait signifier une volonté d'accélérer sa transformation en un groupe de luxe plus rentable, qui mériterait en Bourse une meilleure valorisation |
Annie Courty |
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