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| Une correction démesurée |
| La Vie Financière N°3181 / Vendredi 26 Mai 2006 / Catégorie : Bourse |
Les inquiétudes quant à la remontée des taux d'intérêt
ont fait chuter le secteur de l'assurance de façon
injustifiée. Et les valorisations retrouvent leur attrait. |
Assurance |
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La baisse des marchés a fait plonger les valeurs de l'assurance. C'était prévisible, tant l'évolution boursière de ce secteur est liée aux variations du CAC 40. Du coup, les titres Axa et Allianz affichent une baisse de respectivement 2 et 6 % depuis le début de l'année. Seules les actions soutenues par la spéculation tirent leur épingle du jeu. Ainsi, les AGF, sur lesquelles planent toujours des rumeurs de rachat des minoritaires par Allianz ou CNP, qui est au coeur d'une bataille entre les Caisses d'épargne et la Caisse des Dépôts, voient encore leur cours progresser de plus de 10 %. Ce coup de froid ne traduit pas une défiance des investisseurs. Bien au contraire. Le secteur reste un des thèmes forts à jouer en 2006 pour nombre de gérants. Le contexte est effectivement idéal, même si les marchés semblent craindre une accélération de la remontée des taux d'intérêt. Contrairement aux idées reçues, cela constitue une bonne nouvelle pour les assureurs. A condition, toutefois, que la hausse soit progressive. Si les taux d'intérêt remontaient brutalement de 3 ou 4 points, il y aurait alors de réelles raisons de s'inquiéter.Selon cette hypothèse, les rendements obligataires deviendraient si attrayants que les particuliers seraient massivement tentés de racheter leur contrat d'assurance vie pour placer leurs liquidités en obligations. Les compagnies devraient alors dégager rapidement du cash et vendre pour cela des obligations en situation de moins-value. Mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure et rien ne laisse entrevoir une remontée brutale des taux. Un relèvement progressif constituerait, en revanche, une aubaine pour les assureurs. Certes, cela ferait fondre leurs plus-values latentes obligataires, mais cela leur permettrait de réinvestir dans des obligations à meilleur rendement. D'où l'importance pour un assureur d'être toujours en situation de cash-flow net positif pour disposer en permanence de liquidités à investir, comme c'est le cas chez Axa, ou de privilégier les obligations à taux révisable comme à la CNP. Il n'y a donc pas péril en la demeure. Autre élément positif : l'activité est très bien orientée. Il suffit d'observer les chiffres publiés au premier trimestre pour s'en rendre compte. La collecte a été particulièrement dynamique sur les marchés de l'assurance vie au Royaume-Uni et en France, où le secteur profite des transferts massifs de PEL sur l'assurance vie. AGF a ainsi inscrit son cinquième trimestre consécutif de hausse avec un chiffre d'affaires en progression de 23 % en France, à 1,16 milliard d'euros, et la CNP a vu son activité s'apprécier de 15,8 % à périmètre comparable.Même tendance chez Axa, qui a publié une hausse de 13,5 % de ses affaires nouvelles en France et de 17 % dans le monde. En parallèle, la collecte s'oriente davantage vers des produits en unités de compte (support actions), contrats qui présentent une meilleure rentabilité pour les assureurs et dont le risque est entièrement supporté par le client. Le développement de ce type de produits est particulièrement significatif à la CNP où la collecte progresse de 59,2 %. Il faut dire que le groupe vient de très loin, ces contrats ne représentant que 21 % de sa collecte totale, contre 53 % aux AGF. Le secteur reste sous-évalué Des taux d'intérêt qui remontent progressivement, un marché de l'épargne et de la retraite dyna- mique et une baisse de la Bourse qui ne remet pas en cause la solidité financière des grands acteurs européens : les voyants sont tous au vert. Mais la Bourse fait la sourde oreille. Si bien que le secteur est historiquement sous-évalué. Allianz fait figure de meilleure opportunité du secteur, puisque le titre se paie à peine 10 fois les bénéfices estimés de l'exercice 2006. CNP est, en revanche, la compagnie la plus chère, avec un multiple de 12, mais le numéro un français de l'assurance vie voit sa prime spéculative monter. Le groupe pourrait se trouver au milieu de la bataille qui oppose ses deux principaux actionnaires, la Caisse des dépôts et les Caisses d'épargne, dans la création de Natixis. Tout porte à croire que la CNP pourrait servir de monnaie d'échange. Du coup, même si le titre est le mieux valorisé, il conserve encore du potentiel. Mais c'est Axa qui constitue sans doute la meilleure opportunité du moment. La compagnie concilie croissance et rentabilité, puisque son chiffre d'affaires et ses résultats sont encore prévus cette année en hausse de plus de 7 %. Le groupe est en outre attendu sur des opérations de croissance externe. Tous ces atouts sont aujourd'hui modestement valorisés |
Nathalie Rambaud |
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