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Une bien lente convalescence
La Vie Financière N°3185 / Vendredi 23 Juin 2006 / Catégorie : Stratégie

Les marchés d'actions semblent avoir réussi à se stabiliser. Alors que beaucoup d'opérateurs évoquaient initialement une consolidation passagère, l'hypothèse de la fin du mouvement haussier fait son chemin.
 

Jusqu'au début du mois de mai, rien ou presque ne semblait pouvoir contrarier le scénario d'une croissance économique vigoureuse, poussée par la locomotive américaine, la reprise du Japon et le décollage de nouvelles puissances comme la Chine et l'Inde. Il est vrai que les comptes des entreprises sont florissants. Et les révisions à la hausse des bénéfices pour l'exercice 2006 se multiplient. Le consensus des analystes table sur une progression moyenne de 13 % des entreprises américaines et de 12,4 % (selon JCF FactSet Group) pour les valeurs du CAC 40 - ce dernier chiffre étant révisé à la hausse comparé à l'estimation de fin avril, à + 11 %. Compte tenu de ces prévisions et de la baisse de plus de 10 % de l'indice par rapport à son plus haut annuel du 9 mai (5 312,18 points), le multiple cours sur bénéfice est tombé à environ 13 fois. C'est un niveau historiquement faible, mais des extrêmes nettement inférieurs ont été enregistrés en janvier 1988, à 9 fois, en septembre 1990, à 10,1 fois, et en septembre 2003, à 10,4 fois (voir graphique page 11).

Les marchés, qui anticipent sans relâche, portent désormais leur attention au-delà de 2006, en l'occurrence en 2007. L'échéance étant assez éloignée, le risque d'erreur est élevé, mais les opérateurs redoutent un ralentissement de la croissance qui proviendrait d'un mouvement général de hausse des taux d'intérêt des banques centrales, notamment de la Réserve fédérale. La Bourse a déjà pratiquement intégré un dix-septième relèvement du loyer de l'argent aux Etats-Unis, qui passerait ainsi de 5 à 5,25 %, à l'issue des réunions des 28 et 29 juin. Au-delà du niveau du 5,5 %, on peut considérer que l'institut d'émission sortirait d'une politique de neutralité pour adopter une conduite restrictive. L'objectif consisterait à freiner la croissance économique et à réduire les masses exceptionnelles de liquidités qui inondent les marchés depuis des années. Il faudra probablement au moins six mois avant que les effets de cette politique se fassent sentir sur les comptes des entreprises. Aux investisseurs d'en mesurer les conséquences. On comprend qu'ils soient nerveux et qu'ils exigent des rabais pour acheter des actions. Dans ces conditions, la probabilité d'un rebond mécanique, qui effacerait un simple accident de parcours, se réduit semaine après semaine. Après avoir atteint un creux le 14 juin à 4 615,4 points, la reprise de l'indice CAC 40 semble laborieuse, + 3,45 %, avec des séances très inégales, la franche poussée du 15 juin (+ 2,4 %) suscitant de nouvelles prises de bénéfices dès le lendemain.

Intermarché, les prix mâchés

Selon Jean-Charles Mériaux, de la société de gestion DNCA, les marchés sont encore partagés entre les tenants d'une poursuite de la croissance économique et ceux qui redoutent un ralentissement comme lui. D'autres sont pessimistes, comme Dresdner Kleinwort Wassertein qui évoque « la perspective d'une nouvelle ère de l'âge de glace » et qui recommande par conséquent le refuge des obligations pour prévenir une « récession décisive et brutale ». Jean-Charles Mériaux recommande pour sa part une réorientation des portefeuilles vers des valeurs défensives, aux actifs solides, qui constituent des remparts contre le risque de ralentissement économique et d'inflation. Il privilégie les grandes valeurs du CAC 40 dont les prix lui semblent bon marché, comme l'ont révélé certaines opérations, notamment l'OPA de Mittal sur Arcelor. Il cite Sanofi-Aventis, BNP Paribas, Saint-Gobain, Pernod Ricard, et aussi Géophysique et Air France dans le cadre de choix plus offensifs.

En tout état de cause, l'anticipation d'un durcissement de la politique de la Fed a déjà produit des effets, puisqu'elle a cassé la spéculation sur les métaux. En moins d'un mois, l'or a chuté de plus de 715 dollars l'once à moins de 570 dollars et le zinc, dont la flambée était spectaculaire, a baissé de 25 %, à moins de 3 000 dollars la tonne. Il est encore trop tôt pour savoir si les cours du pétrole vont s'inscrire dans ce mouvement de correction, bien qu'on enregistre une légère décrue. Dans le secteur immobilier, les statistiques américaines ne sont pas encore très nettes. Après trois mois de baisse, on apprenait mardi que les mises en chantier de logements avaient progressé de 5 % en mai. Ce bon chiffre d'activité plaide toutefois pour un durcissement des conditions de crédit. Les marchés obligataires en ont pris acte. Le rendement des obligations d'Etat à dix ans s'est tendu, à 5,15 %. Dans les jours à venir, toutes les statistiques révélant une activité soutenue devraient peser sur le cours des actions, le principal risque identifié étant celui de la surchauffe. L'avertissement sur les résultats d'EADS qui fait suite à celui, étonnant, du groupe parapétrolier Technip, révèle l'incapacité de certaines entreprises à gérer une croissance trop forte, tandis que d'autres sont pénalisées par la hausse des matières premières, comme Michelin, GDF ou les équipementiers automobiles...


HAUSSE INTERMÉDIAIRE

L'indice de référence a stoppé sa chute à proximité des 4 616 points (retracement de 38 % de la vague de hausse, entre août 2004 et mai 2006). Un rebond provisoire est attendu à court terme, ce qui pourrait porter l'indice à 4 900 points. Pour autant, un retournement durable du marché ne semble pas encore à l'ordre du jour : il manque en effet une dernière baisse, qui mettrait fin à l'ultime vague de consolidation. Ce second repli emporterait à nouveau l'indice dans le rouge, à proximité des 4 400 points (ce niveau correspond à un retracement de 50 % de la vague d'impulsion). Attention, donc, à ne pas se laisser griser par cette hausse intermédiaire ! J.-M. G.

jean-Jacques Avédissian Rédacteur en chef
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%