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| Une banque atypique |
| La Vie Financière N°3264 / Vendredi 28 Décembre 2007 / Catégorie : Bourse |
dexia |
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Si Dexia n'a pas encore fait l'objet d'une OPA, c'est surtout parce que ses concurrents ont du mal à comprendre ses métiers ! Ces dernières années, ses patrons se sont ingéniés à convaincre les investisseurs que cette valeur, tout en étant défensive, recelait un potentiel de croissance. En 2002-2003, les actionnaires avaient fait la triste expérience d'investissements désastreux aux Pays-Bas dans les banques Kempen et Labouchère. Et quand, en novembre dernier, ils ont découvert que Dexia souffrait de lourdes pertes comptables aux Etats-Unis du fait de la crise du crédit, ils se sont affolés de nouveau. Résultat : Dexia, qui valait 15 à 16 fois ses bénéfices dans les années 1998-1999, ne vaut plus que 8 fois ceux estimés pour 2007. Un traitement qui se justifie en partie. Le groupe, issu en 1998 de la fusion de deux banques spécialisées dans le financement des collectivités locales, le Crédit local de France et le Crédit communal belge, a en effet beaucoup changé. La diversification menée au début des années 2000 a ajouté au groupe des métiers plus rémunérateurs, mais aussi plus risqués. Dexia est resté leader mondial des financements publics. Il a mis un pied en Italie en rachetant Crediop, aux Pays-Bas avec Labouchère et Kempen puis s'est offert l'américain Financial Security Assurance (FSA), leader du rehaussement de crédit aux municipalités aux Etats-Unis (voir page suivante). L'expansion s'est poursuivie avec succès au Canada, au Mexique et au Japon, et le groupe est également devenu un acteur de poids dans les financements de projet en partenariat public/privé. Le premier métier de Dexia génère toujours plus de 50 % de ses bénéfices. On y traite de gros volumes, avec des marges de crédit faibles et des risques minimes. L'autre pilier du groupe, ce sont aujourd'hui les services financiers, essentiellement destinés aux particuliers. Mis à part son expérience malheureuse aux Pays-Bas, Dexia a réussi à glaner des parts de marché avec le rachat en 2001 du réseau d'Artesia, qui porte à 1 260 le nombre de ses agences en Belgique et au Luxembourg. A cela s'ajoute un petit réseau d'une cinquantaine de succursales en Slovaquie, un partenariat en France avec le Crédit du Nord (participation de 20 % au capital) et un autre en Espagne avec Banco Popular dans la banque privée. Mais le gros morceau pour Dexia, c'est Denizbank, la sixième banque privée turque acquise au prix fort en 2006 (2,56 milliards d'euros). Celle-ci compte près de 300 agences dans le pays et Dexia veut en faire un vrai relais de croissance. Un pari à long terme dans un pays émergent au fort potentiel, mais non dénué de risques président du conseil Pierre Richard Né en 1943 Ce X-Ponts a rejoint la Caisse des dépôts et consignations en 1982. Il y mène la privatisation du Crédit local qu'il fusionne en 1996 avec le Crédit communal de Belgique. Il sera coprésident puis administrateur délégué de Dexia jusqu'en 2005. administrateur délégué Axel Miller Né en 1966 Il a exercé le métier d'avocat avant d'entrer chez Dexia en 2001. En 2002, il est nommé membre du comité de direction de Dexia Banque et mène la fusion du réseau avec celui d'Artesia. Il a succédé à Pierre Richard aux commandes de Dexia le 1er janvier 2006. LE Conseil d'adm inistration Pierre Richard, président du conseil. Axel Miller, administrateur délégué. Gilles Benoist 60 ans, président du directoire de CNP Assurances. Francine Swiggers 55 ans, présidente du comité de direction d'Arcofin. Guy Burton 58 ans, directeur général d'Ethias. Jacques Guerber 57 ans, vice-président du comité de direction de Dexia. Fabio Innocenzi 46 ans, directeur général de la Banca Popolare di Verona. Denis Kessler 54 ans, PDG de Scor. Catherine Kopp 58 ans, directrice générale des ressources humaines du groupe Accor. Serge Kubla 59 ans, bourgmestre de Waterloo. André Lévy-Lang 69 ans, professeur associé à l'université Paris-Dauphine. Bernard André Lux 57 ans, recteur-président de l'université de Mons-Hainaut. Dominique Marcel 51 ans, directeur des finances et de la stratégie à la Caisse des dépôts. Jan Renders 57 ans, président d'ACW (Mouvement ouvrier chrétien). Augustin de Romanet de Beaune 46 ans, directeur général de la Caisse des dépôts. Gaston Schwertzer 74 ans, président de Luxempart. Anne-Claire Taittinger 57 ans, ancienne directrice générale de la Société du Louvre. Marc Tinant 52 ans, membre du comité de direction d'Arcofin. Sir Brian Unwin 71 ans, président d'Assettrust Housing Limited. Francis Vermeiren 70 ans, bourgmestre de Zaventem. les grandes étapes du groupe > 1860 Création du Crédit communal de Belgique. > 1987 Naissance du Crédit local de France. > 1991 En Belgique, le Crédit communal prend 25 % de la Banque internationale à Luxembourg (BIL) et, en France, le Crédit local s'introduit en Bourse. > 1993 Privatisation du Crédit local de France. > 1996 Fusion du Crédit communal et du Crédit local : naissance de Dexia. > 2000 Acquisition de FSA aux Etats-Unis et de la banque Labouchère aux Pays-Bas. > 2001 Rachat de la banque d'affaires néerlandaise Kempen et d'Artesia en Belgique. > 2003 Dexia fait une offre aux clients de l'ex-Labouchère pour faire face aux pertes de marchés. > 2006 Acquisition de Denizbank en Turquie. Dates clés 29 février 2008 Résultats annuels 2007 14 mai 2008 Assemblée générale des actionnaires et résultats du premier trimestre 2008 29 août 2008 Résultats du premier semestre 2008 14 novembre 2008 Résultats du troisième trimestre 2008 Financial Security Assurance FSA, la filiale américaine de rehaussement de crédit de Dexia (contribution de 12 % aux bénéfices consolidés 2006), dont l'activité consiste à améliorer la qualité des crédits en les faisant bénéficier de sa note AAA, jouit d'une réputation exceptionnelle. Des dépréciations liées à la crise du crédit ont certes plongé les comptes dans le rouge au troisième trimestre 2007, mais ces pertes sont purement comptables et transitoires affirme Dexia. FSA est l'une des seules sociétés (spécialisée sur les obligations municipales) qui peuvent encore répondre à la forte demande. Les agences de notation Moody's, puis Standard & Poors, viennent d'ailleurs de confirmer le triple A de FSA nécessaire à la poursuite de son activité, alors même que ses grands concurrents Ambac, MBIA ou encore FGIC (filiale de Natixis) ont besoin d'être recapitalisés Le marché et la concurrence Dexia fait partie des vingt-cinq premières banques mondiales en termes de capitalisation boursière. Elle évolue sur deux grands marchés : le financement public et les services financiers aux particuliers. Pour s'adapter aux évolutions de son premier métier, le groupe a développé une activité d'arrangeur, a racheté un rehausseur de crédits (FSA, assurance des prêts) et offre une gamme de services aux collectivités locales qui gèrent leur dette de façon active. Sur ce marché, qui s'appuie de plus en plus sur les partenariats public-privé, Dexia affronte la concurrence des banques généralistes comme l'espagnol BBVA, le belge KBC ou Société générale. Le groupe reste néanmoins numéro un en France (42 % de part de marché, + 7 % en 2006), numéro deux en Belgique et conserve une position forte en Italie (4 % du marché). Mais la croissance se déplace. Le marché mondial de la dette publique était estimé à 5 000 milliards de dollars en 2005, en croissance de 2 à 4 % par an du fait de l'augmentation de la population, des nouveaux besoins liés au vieillissement, de la décentralisation et de l'explosion des infrastructures des pays émergents. A l'horizon 2015, Dexia estime que ses marchés historiques (France et Belgique) ne représenteront plus que 2 % du marché mondial des financements collectifs, les autres pays européens et les Etats-Unis, 42 %. Les vrais marchés de croissance de demain seront l'Europe centrale et orientale, le Japon, le Canada, le Mexique et la Turquie (43 % estimés en 2015), tandis quela Chine et l'Inde généreront 13 % des financements des collectivités dans le monde M.-J. P. Notre conseil Le niveau de valorisation de Dexia est historiquement bas (voir graphique ci-contre), alors que l'activité du groupe reste caractérisée par des risques de crédit très faibles. Toute amélioration significative de la situation du secteur bancaire (résorption des problèmes de liquidité) qui pourrait survenir courant janvier, profiterait d'abord à Dexia. Attendre ce signal pour acheter le titre |
Marie-Jeanne Pasquette |
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