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Une acquisition doit créer une rupture stratégique
La Vie Financière N°3192 / Vendredi 11 Aout 2006 / Catégorie : Bourse

steria La SSII européenne affiche sa confiance. Non seulement elle anticipe un second semestre en accélération, et maintient donc ses prévisions de rentabilité 2006, mais elle cherche en outre à réaliser des acquisitions d'envergure.
 
Séverin Cabannes, directeur général de Steria
 

Que vous inspire la baisse des valeurs informatiques depuis quatre mois ?

S. C. La montée des taux d'intérêt réduit mécaniquement la valeur de marché des actifs. Or les titres des technologies de l'information avaient des multiples plus élevés que ceux du marché. Il est donc normal que le réajustement de cours soit plus important.Là-dessus se sont greffées quelques nouvelles provenant des éditeurs de logiciels et des fabricants de matériel, qui ont pu donner l'impression que le marché des technologies de l'information se retournait. Nous ne sentons pas de ralentissement commercial. D'ailleurs, notre carnet de commandes global en fin de semestre est supérieur à ce qu'il était fin juin 2005. Il est passé de 1,08 à 1,26 fois le chiffre d'affaires. Et l'amélioration s'est accentuée au deuxième trimestre.

Quelles sont les grandes caractéristiques de Steria par comparaison avec vos compétiteurs ?

Contrairement aux grands acteurs locaux, majoritairement concentrés dans un pays et sur un métier principal, nous sommes, nous, bien ancrés dans les principaux pays européens. Cela nous permet d'avoir une offre adaptée aux clients dont la stratégie est européenne. Les assureurs et les compagnies de télécommunications ont été précurseurs. Les utilities s'y sont mis, les banques avancent sur cette voie. Nous couvrons par ailleurs tous les grands métiers des services informatiques. Notre forte présence dans les activités d'infogérance, par exemple, favorise notre entrée naturelle dans les activités très prometteuses d'externalisation des processus métiers (BPO). Mais, à la différence de nos grands concurrents, comme IBM, Accenture, Capgemini ou Atos, nous sommes plus focalisés sur les secteurs des services où la proportion des dépenses en technologies de l'information est plus importante et les rythmes de croissance plus élevés. En outre, nous proposons un éventail d'offres pointues et porteuses, comme des systèmes d'information intégrant la biométrie, les cartes à puce, la RFID, les contrôles commandes.

Comment qualifieriez-vous le marché actuel des services informatiques par rapport à celui des années 1990 ?

La croissance est plus modeste qu'elle ne l'était. Il n'y a plus les effets du passage à l'euro et de l'an 2000, ni l'espèce de fuite en avant de la bulle Internet. Les approches de nos clients sont aujourd'hui plus rigoureuses, plus économes. La croissance, autour de 5 % en Europe, est plus solide. Les technologies nouvelles sont mûres et vont se généraliser. Par exemple, les secteurs des services, après l'industrie, s'équipent en progiciels de gestion. Plus généralement, l'Europe a moins investi que les Etats-Unis dans les technologies de l'information depuis cinq ans. Le rattrapage est en cours. Enfin, la part des services informatiques accessibles aux SSII, c'est-à-dire la part externalisée, a tendance à augmenter.

Steria a fait connaître son ambition d'atteindre 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2008. Quels types d'acquisitions feraient sens ?

Une acquisition doit créer une accélération, une rupture stratégique. Le rachat d'Integris nous avait donné une dimension européenne, celui de Mummert nous a placés parmi les dix premiers en Allemagne. L'avenir est aux entreprises capables de conseiller et d'accompagner leurs clients dans leurs grandes transformations. Cela suppose de bien connaître leurs métiers. Nos priorités géographiques sont aujourd'hui le Royaume-Uni et la France. Par ailleurs, deux conditions sont requises : une taille significative et une proximité culturelle pour favoriser le bon déroulement de la fusion. Enfin, l'opération doit être créatrice de valeur à brève échéance. La seconde façon d'accroître considérablement notre activité serait de créer, en partenariat avec nos grands clients, des plates-formes de services compétitives et industrielles, accessibles à d'autres clients. Nous en discutons avec eux.

Quel serait votre ratio d'endettement maximal ?

Un endettement net proche du niveau de nos fonds propres resterait supportable sur une période de douze à dix-huit mois, ce qui nous permettrait de mobiliser entre 250 et 300 millions d'euros à court terme si nécessaire.

Steria compte améliorer à nouveau sa marge d'exploitation cette année. Quels sont vos principaux leviers ?

L'arrêt en 2005 d'activités insuffisamment rentables en Allemagne et en Scandinavie de même que les restructurations menées en Espagne et en Allemagne vont nous permettre d'amplifier les effets de la croissance de nos activités en 2006, en accélération au second semestre. A 7 % de marge opérationnelle courante, nous serons parmi les meilleurs. Pour l'avenir, nous allons chercher à nous impliquer davantage dans les transformations des métiers et des systèmes d'information de nos clients. Dans deux à trois ans, cette évolution pourrait nous permettre d'améliorer structurellement notre rentabilité


Perspectives 2006 maintenues

De 1998 à 2005, le bénéfice net par action de Steria a été multiplié par 6, soit une progression annuelle de 30 % ! La société figure donc parmi les meilleurs acteurs européens de la catégorie mi-lourds. Elle s'est particulièrement distinguée au cours de la période 2001-2004, difficile pour le secteur, en doublant de taille en 2002 avec l'acquisition des activités européennes de services de Bull (Integris) qu'elle a restructurées. Sa rentabilité s'est progressivement améliorée, et pourrait cette année atteindre, voire dépasser, 7 % de marge opérationnelle courante. Par ailleurs, sa situation financière et sa capacité d'autofinancement lui permettent de mobiliser via l'endettement un trésor de guerre de près de 300 millions d'euros. De quoi envisager des acquisitions significatives ou des partenariats d'envergure, en France et au Royaume-Uni

Groupe Steria en chiffres

Actionnariat salarié

24 %

C'est le pourcentage du capital détenu par les salariés.

Chiffre d'affaires

2 MdsEuro(s)

C'est le chiffre d'affaires visé pour 2008, acquisitions à l'appui.

Collaborateurs

10 000

C'est notre estimation de l'effectif du groupe à la mi-2006.

Marge opérationnelle

9,6 %

C'est la rentabilité opérationnelle de la branche infogérance du groupe, soit 42 % du chiffre d'affaires en 2005.

Record

365 MEuro(s)

C'est le montant d'un contrat record sur dix ans, avec l'administration judiciaire britannique.

Propos recueillis par Edouard Ballot
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%