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| Un trou d'air à mettre à profit |
| La Vie Financière N°3230 / Vendredi 04 Mai 2007 / Catégorie : Bourse |
Soitec |
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Le retour sur terre est violent. Depuis le début de l'année, Soitec a plongé de 35 % en Bourse. La chute du spécialiste du SOI, ce matériau qui permet de fabriquer des puces plus puissantes et moins gourmandes en énergie, s'explique par un environnement plus difficile. D'un côté, ses deux principaux clients - les américains AMD et IBM - sont en train de résorber les stocks qu'ils avaient constitués et passent donc moins de commandes. De l'autre, l'entreprise grenobloise souffre de la faiblesse du dollar, la quasi-intégralité de ses ventes étant libellées dans la monnaie de l'Oncle Sam, tandis que ses coûts de production sont, eux, exprimés en euros. La présentation des résultats annuels, le 9 mai, sera donc cruciale. En effet, le marché attend avec impatience que la direction dévoile ses perspectives et ses objectifs chiffrés pour l'exercice 2007-2008, clos à la fin du mois de mars. Le début d'exercice ne sera pas mirobolant Contrairement à ses habitudes, la société n'a pas donné de prévisions lors de la publicationde son chiffre d'affaires annuel à la mi-avril, se contentant de se montrer prudente à court terme. Et, compte tenu de l'environnement actuel, mieux vaut ne pas s'attendre à un début d'exercice mirobolant. Après le tassement de la croissance depuis plusieurs mois - la hausse des ventes n'a atteint « que » 25,6 % au dernier trimestre 2006-2007, contre 67,1 % au premier -, un repli du chiffre d'affaires au premier semestre par rapport aux six derniers mois de 2006-2007 n'est pas exclu. Pour autant, après sa dégringolade, le titre intègre déjà ces mauvaises nouvelles. D'autant que tous les analystes ont désormais revu à la baisse de façon drastique leurs prévisions sur la valeur. Exemple avec Cheuvreux qui, entre le début du mois de mars et la mi-avril, a tout simplement divisé par 2 l'objectif de cours, à 15 euros ! Ce mouvement peut toutefois paraître excessif car ce trou d'air ne remet pas en question le développement de Soitec. Le potentiel reste intact à long terme En effet, à long terme, le SOI devrait s'ouvrir aux marchés de masse, comme c'est déjà le cas avec les consoles de jeux vidéo. D'ailleurs, l'accord avec le britannique ARM va dans le bon sens, puisqu'il devrait permettre à Soitec de diffuser sa technologie dans d'autres secteurs comme la téléphonie mobile. En attendant cette banalisation du SOI, on peut légitimement s'attendre à un redémarrage de la croissance au second semestre. Effectivement, AMD va lancer cet été de nouveaux processeurs, afin de lutter à armes égales face à ceux d'Intel. Or ces puces nécessitent une surface beaucoup plus importante de SOI. Ensuite, la demande pour les consoles de jeux devrait s'accélérer d'ici à la fin de l'année, dans la perspective des fêtes de Noël. Dans ces conditions, le second semestre devrait être meilleur, et les attentes de la communauté financière - chiffre d'affaires de 460 millions d'euros (+ 23 %) et marge d'exploitation de 15 % en 2007-2008, - ne paraissent pas démesurées. Sur la base de ces prévisions, le titre se paie 2,6 fois ses ventes, ce qui commence à redevenir abordable. Mais attention : la valeur est réservée aux amateurs de sensations fortes. Du moins tant que le groupe n'aura pas diversifié sa base de clientèle, ses trois premiers donneurs d'ordres représentant les trois quarts de son chiffre d'affaires. La signature d'un contrat avec les grands fondeurs taïwanais, ces groupes qui produisent pour le compte de tiers, serait une très bonne nouvelle. Sans parler d'Intel : bien que le leader mondial rechigne toujours, pour le moment, à utiliser le SOI, il n'a pas pour autant fermé définitivement la porte Conseil : Acheter. Le titre est risqué (dépendance à un nombre restreint de clients, exposition au dollar, marché de niches...), mais les perspectives restent attrayantes et la valorisation redevient intéressante |
Frédéric Cazenave |
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