Archives
| Un titre désormais trop cher |
| La Vie Financière N°3146 / Vendredi 23 Septembre 2005 / Catégorie : Bourse |
Areva |
|
Tout va bien pour Areva. Seul petit caillou dans la chaussure du numéro un mondial du nucléaire : Angela Merkel. En loupant la première marche de la chancellerie allemande, la chef de file de la CDU n'aura peut-être pas la possibilité, comme elle s'y était engagée, d'autoriser à nouveau la production d'énergie nucléaire outre-Rhin. Un mauvais coup pour la filière, et pour Areva en particulier. Mais le groupe a-t-il besoin de cette reprise pour assurer son avenir ? Non, tant tout semble lui sourire en ce moment. Tout d'abord, cette énergie, décriée après l'accident de Tchernobyl, retrouve grâce auprès du public et des gouvernants alors qu'une crise pétrolière frappe l'économie mondiale et que le réchauffement climatique inquiète. Les pays les plus réticents - Etats-Unis, pays scandinaves, Allemagne - reconsidèrent ce mode d'énergie. Le nucléaire se présente comme la seule solution de substitution à l'énergie issue du pétrole et, de plus, sans émettre de gaz à effet de serre. L'inauguration, en Finlande, de la première centrale de troisième génération (EPR) est le symbole le plus fort de ce renouveau. De plus, le groupe dirigé par Anne Lauvergeon a annoncé un partenariat crucial avec l'électricien américain Constellation Energy pour commercialiser au moins quatre réacteurs EPR aux Etats-Unis. Ce qui constitue un formidable levier de développement pour cette nouvelle technologie. La Chine, pays aux énormes besoins énergétiques, où le groupe devrait placer plusieurs réacteurs, sera également un débouché important. Ainsi, après avoir repris avec succès la division transmission et distribution d'Alstom et s'être presque séparé pour 1 milliard d'euros de sa filiale connectique en difficulté, FCI, Areva se présente sous son meilleur jour avec un bénéfice net semestriel en hausse de 2,7 % pour un chiffre d'affaires de 5,4 milliards (+ 1,1 %). Attendant depuis près de deux ans de pouvoir élargir de manière substantielle son flottant en Bourse pour satisfaire ses besoins d'investissement, le géant français est sollicité de toutes parts. Martin Bouygues a déjà exprimé son intérêt pour le dossier. Thierry Desmarest, patron de Total, propriétaire de 1 % du capital, plus sibyllin, n'a pas nié la « complémentarité » existant entre les deux sources d'énergie, pétrole et nucléaire. Il n'en reste pas moins que les fonds de pension américains font monter le cours du certificat. A 450 euros, soit plus de 10 % de hausse en cinq jours, en dépit de la baisse consécutive au résultat mitigé de l'élection allemande, le titre se paie plus de 40 fois son bénéfice net attendu en 2005 ! Il y a peu de chances que l'ouverture du capital, si elle se fait, soit réalisée à ce prix. Ce ne serait pas la première fois qu'une telle opération se conclue à un prix bien inférieur à celui du certificat d'investissement Conseil : Il est temps de prendre ses bénéfices |
M. B. |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




