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Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras
La Vie Financière N°3207 / Vendredi 24 Novembre 2006 / Catégorie : Stratégie

Les OPA soutiennent les cours. Mais l'évolution de la conjoncture américaine inquiète et pèse sur le CAC 40. Des prises de bénéfices s'imposent.
 

Les investisseurs font bombance. Amuse-gueules ou plats de résistance, les OPA abondent sur les places boursières dans un festin dont on ne voit pas la fin. Cette semaine, le producteur de cuivre américain Freeport-McMoRan a annoncé le rachat de son compatriote Phelps Dodge pour 25,9 milliards de dollars. Le Nasdaq a fait une nouvelle proposition de 5,1 milliards au London Stock Exchange. Le fonds d'investissement Blackstone se montre prêt à débourser 36 milliards de dollars pour mettre la main sur Equity Office, principal promoteur de bureaux outre-Atlantique. N'en jetez plus !

Les fusions-acquisitions deviennent le plat du jour du boursier, avec une note inimaginable : 3 100 milliards de dollars ont été dépensés en 2006 dans le monde, selon l'agence Bloomberg. Plus qu'en 2000 ! Fait notable, la part revenant à l'Europe dépasse celle des Etats-Unis et représente 15 % de la capitalisation boursière du MSCI Europe. De quoi faire monter les indices, sachant que les plus fortes hausses depuis le début de l'année concernent des valeurs engagées dans des rapprochements : Euronext (+ 118 %), Arcelor (+ 106 %), Suez (+ 37 %), Gaz de France (+ 31 %). Sans parler de la contagion à l'ensemble du secteur : EDF a bondi de 55 %, Veolia de 32 %... Même si la fusion de Suez et de Gaz de France semble compromise (voir pp. 28-29), d'autres opérations voient le jour, entourées de nombreuses spéculations. Ainsi, CFF a annoncé, mercredi, le rachat de Locindus. Eutelsat a confirmé qu'il discutait d'une évolution de son actionnariat, ce qui a fait monter le titre de 8 % en cinq séances. Enfin, Faurecia et Vinci ont profité, mercredi, de rumeurs de rachat par un fonds d'investissement, d'où leurs rebonds respectifs de 5,3 et 2,7 %.

Après une telle orgie d'offres de rachat, faut-il craindre, comme au début de la décennie, une mise à la diète brutale ? Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier, stratèges de FactSet, ont observé un ralentissement le mois dernier. « Alors qu'on dénombrait près de 2 000 opérations mensuelles en décembre 2005, on en compte à peine 1 400 dans le monde en octobre 2006. Seuls les montants en jeu continuent d'augmenter. » Le risque d'un coup d'arrêt nous paraît cependant limité. Le faible taux d'endettement des entreprises, le niveau encore bas du loyer de l'argent, les moyens financiers considérables des fonds d'investissement, la concentration inévitable dans certains secteurs : tout plaide pour une poursuite des manoeuvres. « Le mouvement reste sain car 80 % des opérations réalisées en Europe sont payées en espèces, contre une moyenne historique de 60 % », souligne Charles Dautresme, stratège actions chez Axa Investment Managers.

prudence sur les petites capitalisations

Pour autant, les OPA peuvent-elles suffire à soutenir un marché ? Peut-on compter sur une poursuite de l'envolée des indices au cours des mois à venir ? La question se pose avec acuité alors que le marché a manqué de conviction cette semaine. Parmi les facteurs positifs, outre les fusions-acquisitions, figure le niveau raisonnable des valorisations. Les sociétés composant le CAC 40 se paient 12,7 fois les bénéfices attendus en 2007, un ratio proche de celui du DJ Stoxx 600 (13,2 fois). Mais cette moyenne recouvre de grandes disparités : les petites capitalisations composant le CAC Mid & Small 90 valent 17,6 fois les bénéfices de l'an prochain. La vigilance s'impose sur ce segment de la cote où on n'hésitera pas à alléger les positions. Par ailleurs, les résultats 2007 pourraient se révéler moins bons qu'attendu. Les analystes comptent encore sur une progression de 8 % des bénéfices, selon les données compilées par FactSet JCF Estimates. Cette prévision paraît optimiste, malgré la baisse opportune, depuis l'été, du prix du pétrole, à moins de 60 dollars le baril. Les entreprises européennes ne peuvent guère, en effet, améliorer une rentabilité qui atteint un niveau record, au moment où la croissance mondiale ralentit. Les investisseurs doivent donc se montrer très attentifs aux marges des sociétés : le secteur de l'automobile, par exemple, semble très risqué.

Mais le principal sujet de préoccupation concerne les Etats-Unis. L'économie américaine arrive en haut de cycle, comme en témoigne le niveau très bas du chômage : 4,4 % de la population active, un taux à faire pâlir d'envie les Européens ! « Soit le ralentissement se confirme, soit la Réserve fédérale devra intervenir pour freiner la machine. Mais, dans tous les cas, la conjoncture va se détériorer outre-Atlantique à un moment ou à un autre en 2007 », résume Matthieu Grouès, stratège chez Lazard Frères Gestion, qui pense que l'indice évoluera en dents de scie au cours des prochains mois. Ainsi, l'annonce, vendredi, d'une chute des mises en chantier de logements aux Etats-Unis a été mal accueillie : le CAC 40 a perdu 1,2 % en une séance, sans rebondir vraiment ensuite. Preuve de l'inquiétude des investisseurs quant à la santé de l'Oncle Sam


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

EADS + 7,2 %

Alstom + 3,2 %

Pernod-Ricard + 2,9 %

Peugeot + 2,5 %

Vinci + 1,7 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Crédit agricole SA - 5 %

Schneider Electric - 3,6 %

Total - 3,4 %

Gaz de France - 3 %

Carrefour - 2,8 %

R2 en ligne de mire, mais une consolidation n'est pas à exclure

L'indice continue de s'inscrire à l'intérieur du canal de court terme R3-S3, entre 5 663 et 5 323 points. Comme il a été indiqué la semaine dernière, le franchissement de la droite de résistance ascendante R1 a assigné un nouvel objectif au marché, qui devrait se diriger désormais vers la résistance à long terme R2 (5 699 points actuellement). Selon nos estimations, ce cap devrait être atteint au cours du premier trimestre 2007. Il mettrait ainsi un terme au cycle de hausse amorcé en mars 2003 (plus bas de séance de 2 401,15 points le 12 mars). Attention à court terme : une consolidation du marché n'est pas à exclure, ce qui aurait pour conséquence de ramener l'indice de référence au voisinage de la droite de support S3

J.-M. G.

Catherine Bozon, rédactrice en chef adjointe
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%