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Un soupçon de confiance
La Vie Financière N°3244 / Vendredi 10 Aout 2007 / Catégorie : Stratégie

Après deux semaines de baisse appuyée, le marché semble avoir trouvé un point d'équilibre précaire. L'indice CAC 40 passe enfin dans le vert cette semaine (+ 1,7 %), franchissant à la hausse le seuil de 5 700 points.
 

Quand Wall Street éternue, les places européennes s'enrhument. La correction qui sévit sur ces dernières depuis mi-juillet a pratiquement amputé les gains annuels de Paris des deux tiers par rapport au plus-haut du 1er juin et réduit d'un tiers celui du flambant indice allemand DAX. Rien de comparable aux Etats-Unis. Le fameux Dow n'a concédé (au 7 août) que 500 points par rapport à son record historique de 14 021 points du 19 juillet, soit 3 % seulement. Le S&P 500, plus représentatif, se révèle à peine plus sensible, avec une perte de 80 points, à 1 480, par rapport à son record de 1 555,90 points, du 19 juillet également. Il n'en demeure pas moins que le S&P 500 n'a progressé que de 4 % depuis le début de l'année. C'est pourtant des Etats-Unis qu'est venu le signal de la consolidation que les opérateurs les plus prudents redoutaient depuis des mois. La fameuse crise des subprimes, ces crédits immobiliers à haut risque consentis aux particuliers américains, a fait tache d'huile et dégradé des pans entiers des marchés du crédit, au point que, dans la panique, certaines cotations de titres jugés, à tort ou à raison, à risque n'ont plus été possibles. Quand on songe que la qualité première des marchés financiers - comme d'ailleurs de tout marché - consiste à assurer la liquidité des échanges, on mesure le degré de perte de confiance.

reprise des financières

Il faudra sans doute plusieurs mois avant que tout rentre dans l'ordre. Comme le fait valoir Romain Burnand, avec le pragmatisme du gestionnaire de Moneta Asset Management (lire page 8), l'étalement des souscriptions aux subprimes promet de nouvelles séries de défaillances tout au long de l'année et au-delà. Si cette crise du crédit - qui s'explique aussi par les énormes montants levés pour financer des rachats d'entreprise avec une réduction progressive des garanties accordées aux créanciers (lire page 20) - s'est amplifiée pour devenir l'une des pires depuis soixante-quinze ans, selon le régulateur allemand des banques, de l'assurance et des marchés financiers (BaFin), alors on se souviendra de ces rares voix discordantes qui avaient dénoncé le bilan calamiteux d'Alan Greenspan. Ce dernier avait quitté en janvier 2006 la présidence de la Réserve fédérale, après dix-huit années d'exercice, sous les ovations, alors même qu'il laissait l'Amérique sous le poids de lourdes dettes et de déficits, favorisant la reprise économique mais aussi la spéculation immobilière, puis boursière, en réduisant les taux directeurs jusqu'à 1 % en juin 2004.

Trois ans plus tard, la crise du crédit américaine fait des victimes non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe, plus précisément en Allemagne, où la banque IKB, contrôlée à 38 % par l'Etat, risque de perdre jusqu'à 20 des 24 milliards de dollars investis en subprimes. Le titre a chuté de 20 %, le 30 juillet, et de 25 %, le 2 août. Après son renflouement, qui a coûté 3,5 milliards d'euros aux banques allemandes, le titre a repris un peu de hauteur depuis lundi (+ 16,3 %). En France, les secteurs bancaire et financier ont aussi fait l'objet d'un retour en grâce à partir de mardi, à la suite de multiples propos rassurants, de la part de Natixis et de Dexia en particulier. Parmi les sept plus fortes hausses hebdomadaires du CAC 40 figurent : Société générale, Axa, BNP Paribas, Unibail-Rodamco et Crédit agricole.

Mais il est pour l'instant bien difficile d'avoir des convictions fortes sur l'évolution des marchés d'actions. On sait toutefois depuis jeudi dernier que la Banque centrale européenne va relever de 0,25 % son taux directeur en septembre, pour le porter de 4 à 4,25 %. Aux Etats-Unis, la réunion attendue du Comité de politique monétaire a donné lieu, sans surprise, à un maintien des taux à 5,25 % - niveau stable depuis août 2006 -, mais les économistes ont été surpris par la persistance des craintes d'inflation de la Fed. Les espoirs de baisse des taux d'ici à la fin de l'année se réduisent, ce qui écarte un facteur de reprise des actions. Quant aux statistiques économiques américaines, elles sont toujours contradictoires. Deux d'entre elles ont toutefois produit un mauvais effet : l'écart inattendu entre les 92 000 créations d'emplois en juillet et les 135 000 attendues et la baisse de l'indice ISM des services, qui s'établit à 55,8 en juillet, contre 60,7 en juin.

On sent néanmoins un retour à la confiance des investisseurs. Si une rechute ne peut être exclue, il faut savoir que l'on n'achète pas au plus bas et que l'on ne revend pas au plus haut. Aussi nous semble-t-il opportun de revenir progressivement sur le marché. C'est ce que nous faisons dans le cadre de nos deux portefeuilles


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

Société générale + 7,9 %

Axa + 6,9 %

L'Oréal + 6,3 %

France Télécom + 6,3 %

BNP Paribas + 6 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Michelin - 7 %

Renault - 4,4 %

EDF - 2,6 %

Total - 2,5 %

Air France - KLM - 1,9 %

Quelques signes d'apaisement

Lors de la séance du 6 août, l'indice CAC 40 est tombé à un plus-bas de 5 516,65 points, soit un repli de 10,6 % depuis son plus-haut atteint le 1er juin, à 6 168,15 points. La tendance devrait pourtant demeurer baissière, probablement jusqu'à la mi-septembre, même si l'on peut noter quelques signes d'apaisement à court terme : les volumes de transactions ont tendance à diminuer sur des cours en baisse et à augmenter sur des cours en hausse et les indicateurs techniques sont en voie de retournement (notamment pour le RSI à quatorze jours). D'après nos estimations, l'indice de référence devrait rejoindre la frange des 5 900-6 000 points d'ici à fin août, avant de repartir à la baisse et de venir tester la zone des 5 500-5 400 points courant septembre. Si notre scénario se réalise, les mouvements d'amplitude du CAC 40 devraient réjouir les amateurs de positions courtes. Les investisseurs plus prudents feront preuve de patience en attendant la rentrée. J.-M. G.

jean-Jacques Avédissian Rédacteur en chef
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%