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Un rebond trop rapide pour être honnête
La Vie Financière N°3223 / Vendredi 16 Mars 2007 / Catégorie : Stratégie

La première secousse boursière de l'année a été sévère sur toutes les places. Mais les ressorts techniques des marchés ont vite joué, afin d'en limiter les dégâts. Pour autant, l'alerte n'est pas terminée.
 

Le pire est-il passé ? C'est la sempiternelle question que posent les commentateurs boursiers et les investisseurs chaque fois que les indices donnent des signes de redressement après avoir accusé sérieusement le coup pendant plusieurs jours. Question piège au demeurant, car même les professionnels les plus aguerris et les analystes techniques les plus sérieux sont incapables de se prononcer de manière péremptoire et sans risques d'erreur sur l'évolution à court terme de la tendance. Et chacun se dit avec anxiété que, si le pire n'est pas passé, il reste à venir... Le fait est que, lorsque la volatilité des cours augmente, les actions se transforment en savonnettes temporairement insaisissables. Et tant que règne un climat de grande instabilité, les anticipations sont très aléatoires compte tenu de l'imprévisibilité et de l'irrationalité des réactions des marchés.

Deux semaines après le déclenchement, le 27 février, de la première importante secousse boursière de 2007, la grande interrogation portait sur la solidité réelle de la reprise des cours, amorcée le 6 mars sur la plupart des places. Simple rémission avant une nouvelle vague de baisse ou redémarrage de la hausse vers de nouveaux sommets ? Le choix de la réponse n'est évidemment pas neutre pour les opérateurs à court terme, qui essaient de tirer parti de la volatilité en prenant le risque d'être pris à contre-pied et de devoir dénouer à perte leurs positions spéculatives, qu'elles soient haussières ou baissières. La moindre erreur de diagnostic peut, en effet, avoir des conséquences financières désastreuses. Mais, après tout, c'est leur affaire, puisque, en se lançant notamment sur des opérations à découvert et à effet de levier, ils acceptent de vivre dangereusement en s'exposant aux mauvais coups. Pour leur part, les investisseurs à long terme, notamment les particuliers convaincus des vertus des placements d'actions sur la durée, se trouvent dans une situation beaucoup moins inconfortable car, s'ils savent être patients, le temps jouera toujours en leur faveur. Un trou d'air, même violent, doit être en effet considéré comme un phénomène inévitable dans le parcours nécessairement heurté des Bourses et comme une remise à niveau nécessaire, afin de recréer des opportunités d'investissement.

L'ampleur même d'un ajustement baissier, qui prend la forme d'un rappel à l'ordre après une longue période de hausse, n'a guère d'importance, pourvu qu'aucun élément déterminant ne justifie un retournement de tendance majeur et durable. Au printemps 2006, le CAC 40 avait baissé de 14 % en un mois, mais cette dégringolade avait eu le grand mérite d'assainir la situation en laissant ensuite la place à plus de huit mois de hausse quasi ininterrompue. Les meilleures choses ayant toujours une fin, un nouveau coup de vent était devenu nécessaire, ces derniers temps, pour secouer une fois de plus le cocotier.


Le danger d'un vrai changement de cap n'est pas imminent

Pour être utile et efficace, une correction doit marquer les esprits, le temps que les marchés cherchent de nouveaux repères, trouvent un nouvel équilibre, avant de songer à reprendre leur marche en avant sur de meilleures bases. Or, la semaine dernière, le rebond des cours, sûrement alimenté par de puissants facteurs techniques (rachats de vendeurs) et le retour prématuré d'achats à caractère spéculatif, a été trop rapide pour entretenir longtemps l'illusion que la purge était déjà finie. Les marchés vont avoir du mal à faire l'économie d'une deuxième phase de baisse en mars sans qu'il soit besoin de s'en inquiéter outre mesure. Les professionnels nous ressassent en effet que les valorisations boursières sont loin d'être excessives compte tenu d'un environnement toujours relativement favorable. Ils n'ont pas tort. Le danger d'un vrai changement de cap durable à la baisse n'est donc pas imminent. Mais les opérateurs doivent s'habituer progressivement à une nouvelle donne qui les contraint à ralentir leur allure : après quatre années de redressement marqué, les marges bénéficiaires et les bénéfices des entreprises sont désormais appelés à avoir un profil un peu moins alléchant. Raison suffisante pour se méfier d'un sursaut boursier trop vite déclenché et trop fragile pour signifier que l'alerte est terminée



éric Dadier
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%